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Les Récits de la Maison des Morts
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Les Récits de la Maison des Morts
13 août 2007

Utopia

gossip2

Don't Panic

Ne me presse pas de t'abandonner, non, car là où tu iras j'irai, ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. Ta couche sera la mienne, et je serai auprès de toi. Mes caresses te donneront des jours meilleurs, pendant les nuits où il faudra attendre notre Seigneur Yahvé, Jésus Christ, cette dépression sera mienne également. Ne me presse pas de t'abandonner, comment un coeur peut trouver matière à s'égarer, parmi tes cadeaux je sais celui qui me donne faim. Ne me presse pas de me retourner de toi, car là où tu dormiras je dormirai, ton monde sera mon monde, et ton amour sera mon amour. Tes lèvres, leurs dessins, et les choses plus pures qui seront à portée de mains, comme les fruits de ton verger. Nourriture terrestre. Ne me presse pas de te quitter, non, je n'ai pas fini de te dire mes quatre vérités. Ta peur sera ma peur, ton odeur sera mon humeur, et le produit de ta semence mon travail. Tout ces animaux qu'on emmène, tout ton bétail. Tes dossiers, tes papiers. J'ai décidé d'ouvrir à nouveau l'abattoir, par désespoir je crois. Les hommes avant n'avaient pas autant de responsabilité. Envers les buissons ardents, les hommes qui ont partagé ma couche ne partageaient rien d'autre. Ma couche sera ta couche, et ton Dieu sera mon Dieu. Et ton Président sera mon Président. Qu'il soit petit de taille ne change rien, et qu'il ait peur génétiquement parlant des êtres du bétail, ça ne change rien, car ton étoile à huit branches sera mon étoile à huit branches. Ton juif sera mon juif, ton raciste mon pain quotidien, ne me presse pas de t'abandonner, je t'en supplie. Là où tu iras j'irai. Tes amis seront mes amis, ton Dieu sera mon Dieu, tes bourgeois seront mes bourgeois, tes racailles mes racailles et ta planète sera ma planète. Hélas, mille fois hélas, que cette manne qui tombe du ciel ne soit pas de meilleure goût. Hélas le coeur est ardent. Hélas le temps nous ment. Hélas mille fois hélas que je ne sois pas de meilleure augure, plus légère. Plus belle aussi dans la parole, dans le langage. Quelque chose se trame, derrière ton dos, dans mon ventre, quelque chose se tramait. Ta folie sera ma raison de vivre, ton espoir mon désespoir, ton Dieu mon père. Cette dépression est mienne également. Ne me presse pas de te quitter quand c'est l'heure des retrouvailles. Je me désintéresse. On se désintéresse. Hélas, mille fois hélas. Des êtres. Mais nous ne sommes pas et ne serons pas comme ceux-là, après la dépression on verra. Ne me presse pas, de rien. N'attend rien, car où tu iras, j'irai. A pieds, en voiture, en rampant. Là où tu ramperas, je ramperai. Là où tu mourras, je serai dans tes bras pour mourir avec toi. A portée de mains, les fruits du grand soleil nous apportent des vitamines, notamment la vitamine C qu'il est conseillé d'ingérer tous les matins avant de sortir à l'extérieur. Des choses plus pures nous attendront, peut-être des vierges par milliers, peut-être des Saints avec des rues en or dans leur Cité, et des arbres, des palmiers, des grosses boules qui descendront du ciel, des Saints avec des têtes de boeuf, et des têtes d'hommes. Mais beaucoup plus beaux que des hommes. C'est dans le livre de Ruth que tu comprendras le regard, comme il est triste. Peut-être des pleurs d'un nouveau Christ. Peut-être la taille, qui manque au désir de grandeur, quand on ne sait pas quoi dire, on s'attaque à la taille. Mais ton dessert sera mon dessert, ton vin sera mon vin, et ton ivresse mon destin. Ton cadeau est le meilleur, les cadeaux nous coûtent de l'argent, même si c'est la fin. C'est une sorte de fin, de l'ivresse, et l'ivresse se change en déesse, ogresse, tu m'attends à la gare parce que tu sais que je suis là pour aller te chercher. J'étais en retard, je suis passée chez Anne avant, Lucie s'y trouvait. On se désintéresse des autres. Et tu dis : ton coeur est à moi, même s'il faut pour cela que je tue une armée de démons, même si pour cela je dois envoyer les porcs à la mer, même si pour ça je dois créer une falaise pour qu'ils tombent de haut. Tout est joué d'avance, il paraît. Tout est joué d'avance, c'est écrit dans le livre de Ruth, ton Dieu sera mon Dieu, et nous irons dans la cité, seuls des enfants d'Israël peuvent y pénétrer, d'après la prophétie, les autres rampent, "dehors sont les chiens". D'après, tu sais. Nos suaires ne seront pas ceux de tout le monde, on l'espère fortement, nous arrêtons la cigarette pour ça, même si ça n'a rien à voir. C'est écrit dans le livre de Ruth. Ton destin est ma raison de vivre, peut-être. Et tu dis : ton coeur est à moi, même si je dois passer pour un voleur, un apostat, un bandit, un vaurien. Ton coeur est à moi, on se demande parfois pourquoi, et les sentiments sont comme les sexes, ouverts comme des fleurs, tu me demandes pardon, tes coups de bassins ne sont pas comme les miens, ton dos te fait souffrir, les volets sont baissés, les marques sur mon corps c'est moi qui me les ai suis faites. Il y a très longtemps. C'est comme des traits blancs très fins sur la peau, les cuisses. Le haut des cuisses. Ton Président ne sera pas le mien. Ton Président est encore en vacances, certainement pour être ailleurs. C'est logique. Quand notre coeur fait boom, on se demande pourquoi, on est malheureux, certains sont heureux, mais ça rend désespérés d'autres, ceux qui ont compris la vie vivent sur le dos du reste, même indirectement Denis, est-ce que tu m'entends ? Tu as de mauvaises fréquentations je trouve. Personnellement. Mais je dis rien. Je le dis là. C'est plus honnête comme ça. Que par des messes basses. Mon ange. Mon amour. Tu dis : "ton coeur sera à moi encore pour longtemps, voire pour toujours". Beaucoup voudraient entendre ça. C'est évident. Beaucoup d'oreilles aimeraient entendre ça, mais les miennes saignent, que puis-je y faire ? A part accepter. Et me résigner. Donc ne pas choisir. C'est facile. Ne me presse pas de choisir. Entre toi et pas toi. Ne me presse pas de t'abandonner, car où tu iras j'irai, où tu dormiras je dormirai, tes gens seront mes gens, ta télévision sera la mienne, et tes couverts seront les miens, ton corps sera mon corps, comme d'une même chair, les hommes et les femmes, rares et précieux, les hommes veillent sur leurs femmes comme sur leur propre corps. C'est écrit dans le marbre, c'est gravé. C'est la vérité. Amen.

Même si le Diable va à la messe, même si Bélial passe à confesse, ne me presse pas de t'abandonner, non. Ton Père sera mon Beau-Père, ta Danse sera ma danse, ta langue sera contre la mienne, et tout tes démons seront tous mes démons. Un jour peut-être nous porterons les mêmes bagues.

t_afriphoto___entrons_dans_la_danse_2

00___556

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Commentaires
J
bravo, du noir, merveilleux, phototextuelle, classe, TERRIBLE, brrrrrrrrrr
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