Gerardmer
... « La responsabilité dépasse le seul fait de ne pas enfreindre la loi : c’est la conscience que l’on a certes des droits mais aussi des obligations à l’égard de la communauté. La responsabilité permet de bâtir une société de confiance qui donne la possibilité à chacun de s’épanouir »...
Spam de Nicolas Sarkozy
Pas loin de Gérardmer, dans l'Abattoir, on a tué le Petit Grégory. Les Vosges, cette belle région. Vous voulez que je vous montre comment on tue un petit Grégory ? Les lois pour bien ficeler un petit Grégory ? Sans mettre le feu à la voiture ? On attache le sucre, n'est-ce pas, et on le plonge dans le verre, et...Muriel je la croisais à intermarché, sa vie, son oeuvre, son regard, ses tâches de rousseur et puis je m'étais dit que Marguerite Duras avait assez déliré, la pauvre, sur la mère du petit Grégory, Muriel en était la tante je crois. Donc. Gérardmer n'a pas connu de meurtres d'enfants, cette histoire était dans une autre brave bourgade peuplée d'honnêtes gens, tous travailleurs correctement. Un enfant est mort à la suite de cette tranquilité, et cet enfant a fait rire des générations de comique. Sa mort plutôt, ils avaient bouffé ça aux infos. A ma connaissance il n'y a pas eu de meurtre d'enfant à Gérardmer, la Perle des Vosges, toutes les villes ne sont pas des perles, et tous les maires n'ont pas les cheveux blancs, gris. Enfin, dans son lac qu'on voit sur ses cartes postales ensoleillées, une année dans les années 90 on a trouvé un bébé mort, un enfant mort. Dans un sac plastique qui flottait, il paraît même que dans les années 80 on avait découvert un homme en morceaux. Sur les cartes postales, ils n'en parlent pas. Près de Toul, de l'hôpital des fous, une femme est morte de combustion spontanée. Une jeune fille qui aurait accouché là et jeté son bébé dans l'eau ? C'est une belle ville lorsqu'on ne connaît pas. Le lac, les arbres, l'arbre qui cache la forêt, comme je dirais. Bien sûr, je suis devenue un peu aigrie. La vie là-bas était une enclume. Le corps du bébé était dans un tel état de putréfaction qu'ils ne pouvaient même pas déterminer son sexe d'après les premières analyses. C'est un peu comme avec moi, on ne peut pas trouver tout de suite avec les premières analyses, à la seconde, ça va, généralement, surtout si on est sensible et intelligent. Les putes n'écrivent pas, mais c'est bien de lire les écrivains : on voit ce que vous êtes, il y a le retour. C'est Rock'n'roll. Gérardmer n'habite pas loin de ce mot, le dernier de la dernière phrase. L'antisocial ne pourrait pas s'y sentir à l'aise. De vieux bouseux paysans, chez eux c'est comme dans un poulailler, j'imagine, rustre, entre frères, ça y allait. Catherine non plus ne supportait plus cette ville, pourtant pas pire qu'une autre. Le bébé mort de Gérardmer venait d'une mère qui n'était peut-être pas du coin, l'honneur était sauf, je n'ai rien su de cette histoire. Il y avait la gare. Et plus bas, le lac, et ce café, le Neptune ? Je crois que c'est ça, en face du casino, qu'ils ont rénové, en gris il me semble, ou alors c'était juste pour Fantastic'Arts, le festival du film fantastique qui se trouvait à Avoriaz dans les années quatre-vingt. C'est vrai que depuis la ville est devenue plus soignée, plus belle, plus bourgeoise. Je dirais. On pouvait faire un tour de lac, de pédalo, de bateau, on pouvait manger des glaces, se promener en amoureux, le soleil, l'été, les enfants, les familles, et sur les cartes postales, ça brillait sec, et c'était comme si la Perle des Vosges était gâtée par la terre, Madame Petit-Nicolas, ancienne institutrice grosse comme une barrique, bonne comme le cadavre de l'ours Cannelle allait parler à la maison de la presse, sa retraite se passait bien, très bien, c'était très cool, très bien, et il faisait bon vivre tant que sur les cartes postales on ne voyait pas le Bergon, la cité de Gérardmer, qui était en dehors et qui faisait bien honte à la ville. Elle faisait la fête des jonquilles avec des chars, tous les deux ans les mêmes presque. Les gens prenaient des photos, pour le souvenir de l'émotion. J'encourage toujours la création artistique, mais pas la vulgaire. Il ne faut pas encourager tout le monde, d'ailleurs vous le comprenez très bien, vous ne m'encouragez pas. En même temps, je vous dis de vous casser, la plupart du temps. Vous ne m'écoutez même pas. Je peux vous raconter n'importe quel délire, vous allez le croire et en parler avec les autres. Quelle classe, quelle représentation, quel moment, quelle fatigue. Pour les grands-mères oui. La ville de Gérardmer, comme sur les cartes postales est toujours ensoleillée, les pistes de ski sont recouvertes de neige, mais la neige tombe toujours en plein soleil. Elle ne fond pas. En plus. Là-bas, c'est touristique, le chômage, le Bergon sont de côté, et puis ça n'est pas un grand problème, les immeubles seront détruits, car là-dedans, il faut le dire, il y a beaucoup de noirs, d'arabes, de français très moyen, aux physiques maladifs. Il y a beaucoup. Ils fument du shit, eux. Dans les caves, on prend la débile du coin, la fille handicapée mentale qui traine dans les rues, sa mère ne veut pas en entendre parler, elle rentre le soir, des fois, les mecs ils la prennent. Une fois ils l'ont poursuivie à plusieurs, des jeunes arabes, je les ai vus, j'étais petite fille, et c'était tous des musulmans, du coup je me suis demandée pourquoi ils faisaient le contraire de l'immense respect qu'ils avaient pour le Coran, ce que disait leur livre de toilettes. Ils osaient aller prier et aller violer une fille. Bande de juges. Bande de porcs. Pour aller les besoins, les faire tourner. Ils se sont calmés avec le temps, d'autres ont pris la relève, un meurtre, des agressions au couteau, de la drogue ? Les gens de cette Maison ne sont pas calmes avec moi, pourquoi le serais-je avec eux ? Ce n'est pas moi qui ai tiré la première, ce n'est pas moi qui voulais qu'ils violent la retardée. La ville de Gérardmer pour moi c'est plus ça que les belles contrées bourgeoises des cîmes. C'est toujours blanc ou noir ? Ou gris ? La ville de Gérardmer possède des fleuristes, chez Madame Tisserant, je suis allée, donc là acheter des fleurs, elle est dans cette rue, en face de la gare on peut dire, où il fait toujours soleil sur les cartes postales :
Elle est clause, la maison des fleurs. Dans les caves, Jonathan disait en riant qu'il y avait du sado-masochisme. Les viols existaient, je sais sur cette retardée, qui le méritait sans doute, Allah devait fermer les yeux je suppose, et aussi quand les pères frappaient les mères, les seins énormes, les fils musulmans dans la cité disaient : mon père lui a foutu un pain comme ça, comme une fierté. Mais dans leurs yeux, de la détresse. Je ne savais pas qu'un être humain devait systématiquement en frapper un autre. Je ne savais pas que c'était normal. Si on me le dit. La peur des femmes était le lot quotidien des hommes, les filles voulaient devenir plus agressives encore qu'eux. Ils étaient parfois capables d'intelligence, dans la ville, les cîmes bourgeoises, toujours ensoleillées, on ne trouvait pas tout ça. En tout cas je suppose. D'après les cartes postales, tout allait bien. On voyait les jardins plutôt ensoleillés et dans le jardin public, on voyait ça, un papillon qui était tourné vers la route, les voitures n'allaient pas le délabrer, le temps peut-être, alors qu'il n'y avait qu'une cage à poules pour les enfants dans la cité et deux balançoires. Madame Tisserant était plutôt corpulente et m'avait dit, sans rire : mon métier, c'est de vendre du rêve. Elle ne se rendait pas vraiment compte que dans sa phrase, deux mots ressortaient : vendre et rêve. Le rêve se vendait donc, s'il était vendable, c'était qu'il ne valait pas autant que nous disaient les hommes du décor. Que ce genre de discours était très usagé et utilisé, que la véritable recherche devait peut-être, se faire plus en profondeur dans l'expression, dans le dire, dans comment dire, dans dire juste, parler juste, parler vrai. Je veux dire. Donc elle était blonde, forte, je lui ai pardonné sa débilité, profonde et me suis contentée de ne plus jamais y remettre les pieds. La ville est couverte de soleil, comme sur les cartes postales, c'est la perle des Vosges, c'est ma ville natale, et il y fait bon vivre. C'est tranquille. C'est culturel comme ville. Les voitures brûlaient rarement à Gérardmer, le maire avait une moustache, comme monsieur Hingray, professeur de mathématiques pas très sexy, avec sa bouche qui faisait une drôle de moue. S'il savait ce qu'est devenue la petite fille, il dirait : je m'en fiche. La ville est un soleil à elle toute seule. Il y a des banques, c'est super, on peut aller retirer de l'argent pour aller mettre de l'essence. On peut aller en Alsace, qui est très raciste. On peut aller en Bourgogne. On peut aller ailleurs. Dans l'abattoir on tuait les enfants et ça devenait des histoires passionnées, pour la France, qui découvrait que les enfants mouraient assassinés, et les gens allaient réclamer de façon bien peu digne la tête des assassins. Je voulais protéger les assassins d'enfant, étant né démon, je peux raconter ça et aussi que j'ai fait la putain à Paris, de toute façon vous allez me croire, c'est tant pis pour vous. Pauvre mortels. Les grands-mères ne brûlent pas là-bas, de combustion spontanée, les bébés non plus, on les jette, un au moins, en 1996-1997-1998, je ne sais plus, peut-être avant, ou après, les bébés ne brûlent plus. Plus du tout. Il existe des banques là-bas, c'est super. On peut retirer de l'argent, aller faire un tour de pédalo sur le lac, de barque, de bateau, on met son chapeau, il fait bon, on peut faire du kayak, c'est une ville fleurie, une ville sportive, une ville authentique. Tout ce qui n'est pas adaptable, sociable. Dehors. Les gens aiment les gens sociables. Comprendre : ceux qui ne disent pas non, les empêcheurs de tourner en rond, Franck, ceux qui cassent finalement leur rêve, qui est à vendre, chez eux, dans leurs Maisons, aux quatre murs toujours pareil, c'est toujours pareil, ce n'était pas toujours pareil avant. Avant c'était mieux. Les pentes, on peut faire du ski, les films arrivent, les stars pendant le festival du film fantastique, Johnny Hallyday, Mimi Mathy, des stars, des vrais, des étoiles qui brillent dans la constellation humaine. Et puis tout autour, c'est le noir, autour des étoiles, comme au Bergon, où ça faisait des merdes. C'est bizarre, il y avait beaucoup de gens qui attrapaient des cancers dans cette cité, moins que chez les bourgeois. On dirait que le sort s'acharne. Sinon l'Ermitage était pas mal, j'y suis allée, les jeunes apprenaient le métier de service là-bas, photo :
Enfin, pas mal. Servir, tu parles d'un métier d'avenir. Bien sûr, le soleil irradiait toutes les choses vendables, vendeuses, entreprenantes, entrepreneuses, et tout ce qui n'était pas du goût des cartes postales, c'est logique n'était pas mis dedans. Les caves des cités, les jeunes avec leurs pitt, notamment ce Grand Brûlé, Larbi Manour, sa cousine prenait la pillule d'ailleurs, et s'en vantait beaucoup, beaucoup. Elle était contre le racisme, elle disait à ses grands frères de casser la gueule aux gens, mais Loubna m'avait dit un jour : "c'est à cause de filles comme elle que des gens nous voient mal (elles étaient toutes les deux étrangères, comme moi d'ailleurs) et deviennent racistes". Sauf que moi ça passait mieux, le latin passait mieux que l'arabe. C'est clair. Je ne sais pas pourquoi, les Français, moyens, étaient moins réticents. Toujours est-il que les fleuristes vendaient du rêve, en faisant pousser des fleurs, et se faisaient de l'argent sur le dos des fleurs, tandis que le soleil éclairait tout ça d'une lumière si belle qu'on la mettait sur les cartes postales. C'était les jardins beaux, les jardins tondus, et les voitures remplies de courses. Et les intermédiaires, on parlait de "couches sociales", comme pour la croûte terrestre. Les couches. Du moins bon au meilleur. Il fallait dire ce qui était. Ce qui était normal disait ceux tout en haut de la couche, la couche supérieure. Les Marchal, les Ferrand, les Rener, les Marchand, Corvevin, Ridien, Attayi. La littérature n'est pas dans la vie sociale, je le regrette. Je le regrette. D'avoir marché dans ces rues en ayant le poids du Portugal sur le dos avec les vacances, etc. Et le frère de ma mère, son sexe, le souvenir toute l'année. Et l'épée. De Damo. Au dessus de ma tête. Gérardmer brillait, pendant ce temps-là, comme beaucoup d'autres villes, sur les cartes postales, ils faisaient une sorte de concurrence, il y avait une compétition, pour avoir des fonds, des sortes de fonds secrets. Les gens ne respectaient que ceux qui étaient sociables et connaissaient les règles de la société. Les concours littéraires étaient d'un navrant, ils endormaient comme le reste, ils étaient très humains cela dit, très ensoleillés eux aussi, je n'y avais même pas la place, la liberté de l'écriture ils ne la voyaient pas du tout comme ça, les faiseurs de concours, ou des récompenses comme ceux-là, par l'association MachinTrucMuche :
Prix Arc En Ciel : Ce prix récompense un livre que nous avons sélectionné en fonction de l'espoir et du rayonnement de l'écrivain. Au lecteur il apporte un arc en ciel et la preuve que la vie est bien présente et toujours prioritaire.
(Mon Dieu, je continue de recopier mais déjà j'en peux plus de cette bêtise crasse).
Prix Soleil (Ben tiens donc) : Ce prix récompense un livre que nous avons sélectionné et qui, à sa lecture, apporte vraiment le soleil du coeur. Il traite d'un sujet sensible, quelquefois empli de souffrance mais humain. Il doit être traité dans le seul but de donner aux autres sa passion, sa volonté ou sa force.
Ne me presse pas de m'en aller, car où tu iras je serai absente, ton peuple ne sera pas mon peuple, et ton Dieu ne sera pas mon Dieu.
Je continue la liste :
Prix Coup de Coeur : Ce prix récompense (ils aiment ça donner le sucre au petit Grégory) un livre que nous avons sélectionné. En le lisant, nous avons vraiment eu un "coup de coeur" et avons envie de le faire partager.
Prix de l'émotion : Ce prix récompense un livre que nous avons sélectionné. Livre qui, à sa lecture, donne une très vive émotion (laissez moi mourir pitié) due à l'écriture mais aussi par les sujets abordés (tant de limites en si peu de mots, c'est mystique). L'auteur fait preuve d'une grande volonté de vie et de compassion pour ses semblables (je pleure, là).
Ce sont des cartes postales ? Les concours littéraires ? Mon ventre se déplie, et dedans il y a un ruisseau. Et je pleure aux toilettes encore aujourd'hui, il y a ce petit lavabo que j'adore, il est trop mignon, j'adore les lavabos, pour se laver, les bidets ce n'est pas terrible, et j'aime les petits lavabos mignons, pour me regarder le visage en me massant les tempes car au dessus on met systématiquement une petite armoire. En prenant ce tube pour mes lèvres, elles gercent rarement, mes lèvres, peut-être parce que je suis trop appliquée à parler, de quelque chose, de quelque chose qui fait peur, par la taille. Les cartes postales de Gérardmer, elles-mêmes, en sont dépassées. Largement. Dans les hauteurs, dans les longueurs. Dans les redondances. Ils ont de ces craintes, pour l'avenir.
Enfreindre la loi, pour une pute, c'est normal.
Surtout quand c'est vrai en plus, tout ce qui est dit, tout, absolument tout (je brouille les pistes, il est temps maintenant, de ne plus jouer les naïves).
Des banques, des cinémas, des jardins publics, parfois, des bébés pourris dans des sacs plastiques. Des attaques cérébrales dans les jardins ensoleillés, des cancrelats, des petits chiens qui aboient, des oiseaux qui regardent la scène, le vieux avec sa tondeuse, un gros porc, au physique de bien garnis, peut-être pas toute sa vie, et la médaille du mérite, les notions être sociable, l'amour devant l'église, l'église de Gerardmer est froide, cela étant ces endroits me semblent bien pauvres, bien démoniaques. Moi qui suis née Démon dans cette ville de Nécronomicon, je ne supportais pas son église, comme toutes les églises et comme tous les Beaux Chemins de Croix, car, l'église de Gérardmer possédait à l'époque où je m'y trouvais un curé au physique de pédophile conservateur sur les dogmes du Vatican, un inquisiteur qui devait encore pratiquer la torture par le feu, le Père de tous les Mensonges en robe de bure. Il ne savait pas, à l'époque des Jeunesses Hitlériennes, qu'il allait devenir un Pape en attendant le prochain. Je le trouve sympathique tout à coup, en sachant ses jeunesses hitlériennes. L'amour ? A Gerardmer ? A la banque, à l'hôtel, dans le jardin public, devant le CASINO, devant le fleuriste, la gare, le Lycée la Haie Griselle, Madame Bidoit, une vieille morue à la retraite aujourd'hui, au visage ravagé certainement par l'intérieur, contaminant l'extérieur, des fois on c'est comme ça, des fois seulement, des fois seulement, seulement des fois. Madame Teixera, portugaise, qui faisait des processions à la portugaise autour de l'église, des rites bien curieux, mais elle était comme ça, pas très maline, les français se moquaient d'elle. Voici Jésus Christ dans l'église de Gérardmer, sinistre :
Les bébés ne prennent pas feu. Les cartes postales non plus. Les handicapés moteurs et mentaux non plus. Les faux rockers encore moins. En manque de lecture, ils lisent les cartes postales ensoleillées et s'ils sont en manque de soleil, ils gueulent, ils sont pas contents. Et puis, dans le Prix Emotion, ils se souviennent que l'ultime récompense se situe au niveau de "oui mais on est vivant". C'est le principal. Leurs corps, leur sang, leur pain. Quotidien. La ville est si belle. La ville brille de mille feux en hiver : c'est au Relais du Mausolée des morts, que ce bon père de famille à moustache, raciste jusqu'au dernier degré, écoutait l'horoscope chaque matin, c'était si marrant, de voir des Lions ensemble, sa cuisinière, un thon blond écoutait avec lui. Le rapport était plus fort qu'un simple rapport de patron à employé. Les cartes postales pour mettre du joli, là où il y a simplement la nature, bien sali par la présence des promeneurs, en couple. Le petit chien qui aboie. Et les rochers, les cygnes, ils se souviennent de ça, comme d'une récompense. Et ils bouffent, plus que de raison, chaque jour. Pendant ce temps-là, les immeubles à la cité n'ont pas de soleil. On entend quand le voisin fait caca. Il pousse. Il fait. Lorsqu'il sort, le voisin, il est tout noir, ou tout beurre, il y a très peu de blancs, comme si les blancs étaient plus malins ou alors avaient plus accès à des logements bien plus décent. On choisit ses parents et sa famille finalement, ça doit venir de ça. La faute à pas de chance d'avoir mal choisi. A l'arrivée. Il avait été poignardé par un arabe, ce restaurateur, qui était une grosse moule. Sa femme dans le genre baton de berger, aussi. Les feux étaient peut-être des soleils. Dans les caves. La fille attardée. Et ce père arabe, qui avait poursuivie sa fille en sang, qui hurlait, le visage en sang. Cette petite fille qui avait une main malformée, son père avait frappé sa mère, alors qu'elle était dans son ventre encore. Elle cachait sa main. Il est tout noir, tout beurre. Dans les hauteurs, qu'est-ce que c'est beau, on prend même des photos. On les met sur des cartes postales. On rajoute : bienvenue.
Je suis née là-bas, le 9 août 1981 à 22 heures. Je suis allée en couveuse quelques jours à peine. Je pesais tout juste 2 kilos, j'étais un bébé fragile.
Mon père m'a dit qu'il s'est penché sur la couveuse, tout heureux, après son garçon, d'avoir une fille. Moi. Il m'a dit : bienvenue, je suis ton papa.
ANGELINE



