Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les Récits de la Maison des Morts
Publicité
Les Récits de la Maison des Morts
21 octobre 2005

Diamonds & Pollen

christ_in_a_world_of_blue1

J'assiste, impuissante c'est vrai au déclin de moi-même justement quand Sophie me dit que je deviens de plus en plus compréhensible, de plus en plus lisible, que de billets en textes je m'améliore à pas de géants et que si je continue tous les éditeurs seront à mes pieds, mais juste pour créer un coup médiatique alors. Je me prête bien aux coups. Surtout les fourrés. Je suis fatiguée. Il y a un mois je voulais ne plus souffrir. Et j'ai réussi, à l'heure actuelle, j'ai réussi mon projet d'il y a un mois, comme quoi, il faut vivre. Il ne faut pas mourir. Il ne faut pas se tuer. On ignore les choses comment elles peuvent tourner. Tout peut toujours changer. Et ça change bien vite en moi. Je repousse au maximum, je repousse tout au maximum surtout depuis que ça se sait, que j'écris des choses folles. Hervé a arrêté par exemple de me faire du rentre-dedans et aussi de me parler, d'être mon pote en quelque sorte, il n'a pas encore expliqué pourquoi mais peut-être...Qu'il a été vu par les Supérieurs Hiérarchiques lui aussi. En tout cas il paraît que ça fait bien rire beaucoup de gens quand d'autres s'indignent et aussi certains qui trouvent ça "totalement magnifique car totalement scandaleux". Il paraît que je suis sulfureuse. C'est n'importe quoi. Alors que j'ai passé mon temps, ici, ces derniers jours à fuir ce que je faisais si bien avant : l'écoute de moi-même pour la projeter dans le cadre social. Et ça marchait. Le principe fonctionnait. Je me sens comme une coquille vide, j'ai le sentiment que ça n'est pas bien d'écrire à l'heure actuelle. Et qu'en même temps c'est ma seule source c'est mon seul oméga. Je n'en trouve pas d'autres valables. Honnêtes. J'ai toujours pensé qu'écrire était une chose très honnête. Dimanche dernier j'ai failli faire l'amour avec un homme, j'avais sa queue dans ma main, je me suis bien gardée de le dire à Denis au téléphone mais je le dis maintenant, de toute façon il m'a dit qu'il devait se protéger pour de bon, maintenant c'était trop et je devais le faire souffrir. C'est vrai qu'on m'écoute, moi et qu'on ferme sa putain de grande gueule. Pour une fois que j'ai le pouvoir, autant que ça soit dans le déclin de moi-même comme j'en parlais au début. Tout me paraît fade, je ressasse mon oncle, mon travail, mon état de scribe, mais de beau scribe, et je fais de ces rêves pour le moins inquiétant : des serpents avalent des gens, Elise Lucet perd sa place au 13 heures de France 2 (quel événement), ouragans, meurtres, moi qui me cache pour ne pas me faire tuer. Pleurs dans les rêves, feux, etc. Ce n'est pas très bon signe. Je suis surprise que Franck qui accorde autant de crédit aux étoiles ne soient pas plus attirés que ça par les messages dont l'existence chez moi est indubitable que nous délivrent les rêves. Si je continue je vais me reconvertir dans le mysticisme. Personne, me couper de tous et pas d'amour ou si peu. Des bribes d'amour, Sophie et ses bisous sur les lèvres devant Bruno, certainement pour qu'il bande et je l'ai vu une fois sous le pantalon ça bandait sec, ça bandait dur. Pardon Sophie, ça ne m'excite pas beaucoup ton mec qui bande. Il est vrai que Bruno n'est pas l'horreur que j'ai décrit ici mais ça bandait dur et ça n'était pas très excitant. Dimanche il a bien fait une soufflette avec moi, il a mis la bout du joint dans la bouche, j'avais peur qu'il se brûle la langue, et je voyais ses yeux pris par l'alcool et l'envie de sexe (même pas le désir, toutes nos souffrances dans ce domaine ne veulent plus rien dire) et comme il était gentil avec moi, je lui ai même adressé la parole. C'est nul, à mon âge, de refumer du oinche. J'ai honte de me relancer dans ces trucs. J'ai eu envie, j'ai recommencé à reconnaître l'envie, le désir (même pas le besoin de sexe, toutes nos souffrances dans un cinéma de multiplexe) et j'ai eu envie de ça, car il s'agissait de ça, dans le monde du travail comme dans le monde des adultes, retomber en enfance sans que ça fasse honteux. Le petit enfant à la trompette, je l'aime bien, lui. Toujours est-il que je me sens comme un morceau de carton mouillé, et que j'ai tellement bien réussi mon projet d'il y a un mois, à l'époque j'étais prise par le désespoir intense et vivant, qui me rendait vivante et donc dans l'attente d'apercevoir à nouveau cet horizon statique mais tellement incroyable, incredible on dirait en anglais, que j'ai peur de ne plus retrouver cet état où avant j'étais peut-être sur mon fil funambule avec mon ombrelle rouge, mais où, au moins, j'étais vivante, pas une putaine de coquille vide. Sophie m'a dit : ça va bien à ton écriture d'être une coquille vide. Elle m'a dit : ce sont des phases Angéline, de toute façon, même les hommes ressentent ça. Les hommes ne sucent pas des bites en enfer dans leurs rêves les plus fous. Ah si merde...Je n'ai plus peur, je n'ai plus faim, je n'ai plus soif, je n'ai plus envie, je n'ai plus besoin, je n'ai plus d'amour, je n'ai plus de diamants, je n'ai plus de pollen. Comme j'ai dit je fais des rêves à nouveaux de mon oncle depuis une semaine, cela étant je n'ai pas peur. Dans mes rêves si mais à mon réveil c'est du carton, du carton et encore du carton. Dans mon esprit. J'ai tellement réussi mon projet que j'ai mis du plâtre dans ma tête. J'ai mis de l'horreur : LE VIDE. J'avais la sensation qu'ils en avaient plus que moi les autres dans cet endroit. Bruno bandait ? Sophie n'est plus la même, inquiète, sur le qui-vive, et sur les infidélités connues de son fiancé. J'essayais de lui dire des choses qui lui fassent du bien, mais moi ça commence par "tu veux que je te branle", "tu veux que je te suce", certainement des automatismes. Ben voilà, j'ai l'impression d'être un robot en fait. Au travail c'est là que je me sens vivre : c'est intenable, tout simplement. Je passe pour une salope et même si j'ai envie de supprimer ce blog depuis que je suis mise à nue, et bien j'ai envie aussi de le rendre plus vivants pour tous ces morts qui se reconnaîtront. D'ailleurs ça me fait des visites en plus, c'est bien. En moins d'un an, pour un tel site, cent mille visites en tout, c'est bien. Mais c'est insupportable. Ils me disent bonjour d'une drôle de manière, certains ne me le disent même plus : on ne salue pas une pute dans la rue, alors une ex-pute qui a essayé de se cacher, tu parles. Encore pire. Malhonnête. La ferme et écoute. Chacun a envie de dire ça à un autre. Le monde des autres, j'en parlais précédemment. C'est INSUPPORTABLE. Je devrais supprimer ces mots ici mais non : ils représentent quelque part quelque chose que je suis et qu'ils ne pourront jamais devenir, c'est ça, la fierté d'être soi, déjà soi, quand on a plus que ça, cultiver ce qu'on est, alors que l'insupportable dents de cheval Jacques Brel n'avait quant à lui, plus que l'amour, à offrir en partage, évidemment si tu as de l'amour à offrir, ça ne sera pas dans ton coin tout seul, ça sera en partage, le mot des gens qui veulent de la lumière, de l'amour, et les filles comme moi en plus, une bonne putain de grosse bite qui éjacule des codes génétiques faramineux. J'ai pas envie de dire que des morts ont eu raison de me regarder comme ça car : tout est dans le regard. Evidemment. Il ne faut pas être lâche tout simplement parce qu'ils sont lâches avec moi, il ne faut pas se jeter dans la mer tout simplement parce qu'on ne sait pas nager. Mais je tiens à dire que c'est INSUPPORTABLE. J'ai l'impression de parader devant tout le monde en string. Pas toute nue mais en string. C'est délicat vous voyez à supporter. Du coup cet état me donne l'impression, le sentiment de mon déclin personnel, car les gens comme moi luttent sans cesse, sans cesse contre les autres et contre eux-mêmes. Les mauvaises choses. Le bien, le mal, et des codes génétiques faramineux à éjaculer. On veut de l'amour, on veut de la tendresse, on veut une bite. Disait une fille en rigolant avec ses copines en buvant des verres de whisky, ensuite elle s'est écroulée et évanouie j'ai été tentée d'aller prendre son pouls, mais je me suis dit : n'aide pas cette salope. Pourquoi cette pensée de haine dans mon esprit à l'égard d'un être humain que je ne connaissais pas, que je n'avais vu. Pourquoi tant de haine ? Ils me regardent comme on regarde parfois son animal lorsqu'il a cochonné la moquette du salon. Certains individus se comportent comme s'il allait de leur dignité lorsqu'on voit des gens comme moi s'attaquer aux contradictions dégueulasses de la société (alors que les contradictions d'un individu fait là tout son charme actuel). Ce n'est pas vraiment tenable alors comment je fais ? Je suis une coquille vide, ça tombait bien, en ce moment, je ne pouvais pas faire autrement, pour supporter il n'y avait pas plus idéal comme état d'être, pour supporter les regards, pour supporter les bonjours qui ne sonnent plus naturellement. Les moqueries recommencent. Au nom de quoi certains appartiennent à ce collectif qui n'a pas honte d'être ce qu'il est mais qui pourtant devrait ? Au nom de quoi ce collectif manque-t-il de respect à ceux qu'il choisit comme siens ? Bruno avait la tension érotique au bout des yeux, c'était évident. Sophie dansait avec une copine. Elle a confiance en la vie, avant elle n'aurait pas été danser comme ça, elle serait restée tranquillement à la table, au comptoir, quelque part, poser ses valises et se poser, poser et se poser quelque part. J'adore poser. Bien sûr que non, bande de juges. Pourquoi tant de haine ? Le pire c'est que je n'ai pas peur. Que j'y vais, l'esprit vide de toutes pensées significatives. J'y vais en me disant vaguement : de toute façon ils ne peuvent pas te virer pour une phrase ou deux. Peut-être qu'on va me demander de supprimer certaines choses, les choses qui n'existent plus, alors qu'elles ont existé, j'ai vu, je les ai vues, et j'ai touché, du doigt, qui fait que maintenant on ne me dira plus salut ni bonjour et qu'Hervé m'évitera soigneusement alors qu'avant il était quasiment en train de me lécher les fesses (je pousse le bouchon loin là, bienvenue dans le monde de l'écriture mes vieux). Au nom de quoi tout cela est terminé ? J'aimais bien qu'un petit chien vienne me lécher les fesses, la zoophilie c'est la seule chose que je n'ai jamais essayé, qu'on ne m'a jamais proposé : il est vrai qu'il est rare de voir débouler d'une rue un éléphant ou un lion pour aller vers vous et vous demander de lui sucer la bite en échange de quelques copecs. Cela étant, j'ai eu beaucoup beaucoup beaucoup de chiens qui venaient et qui me demandaient.

dope

Faire soufflette c'est facile, il existe d'autres noms inventés, inventés où je ne sais pas, mais inventés, de toutes pièces. Bruno a voulu recommencer, ensuite entre deux patins chauds roulés à Sophie, sur une banquette rouge sang, il a fait une soufflette à quelqu'un, un jeune homme. Ce jeune homme, cet homme ne faisait pas son âge. Il faisait vingt-cinq ans. Mais il en avait dix de plus. J'aime les gens qui ont la trentaine, ils sentent la mort d'une manière bien fleurie : ne sont-ils pas dans la fleur de l'âge tous autant qu'ils sont ? Non, ange, pas tous autant qu'ils sont. La mort est l'empreinte de ton futur, j'ai pensé ça en les regardant s'embrasser comme deux sales...comme deux gens qui s'aiment. Je ne voulais pas d'un amour comme ça. En fait, je me rendais compte de la pauvre salope que j'étais, à force de réfléchir, une bombe humaine, carrément. Qui faisait flipper les autres d'ailleurs, vu les regards noirs et les rumeurs et vas-y que c'est un blog pornographique, alors que ce n'est pas, bon sang, un blog porno. Même si le mec avait enfoncé trop fort. Même si j'ai crié. Même si j'ai aimé ensuite, dans le relâchement de tout mon vagin serré, car mon vagin est serré, pour ceux qui l'ignoraient, d'ailleurs, beaucoup de clients trouvaient qu'il s'agissait presque d'un deuxième anus, un être humain avec deux anus c'est impossible, impossible, impossible à imaginer. A faire. Un devant et un derrière. On a dit des choses étranges aussi : qu'il fallait me faire analyser, ou je ne sais pas quoi, d'ailleurs on m'a demandé, et je suis bien embêtée, parce que je ne peux pas en rajouter, sur les personnes bien vilaines qui m'ont posé ces questions, je n'ai pas le droit de mettre les noms, les prénoms, ni même les situations. Et ça, c'est moi que ça fait flipper. Je ne savais pas que la vie privé des autres évoluant dans des lieux publics étaient des terres de dictatures. J'en ai marre de ça, moi. Vraiment. Le mec avait des boutons. Il ressemblait d'ailleurs à un homosexuel de base. Je me souviens aussi de Filipe, dans l'émotion de ma coquille vide, qui avait goûté à la cocaïne. C'était comme mettre une main sale sur ma bouche, et je n'aime pas les mains sales, généralement, elles appartiennent pas à des gens propres. C'est logique. Je suis en ce moment une sorte de coquille vide, une fleur qui serait redevenue bourgeon, parce qu'elle ne supportait plus les abeilles tout autour d'elle, sans cesse, venant, allant. Le mec m'embrassait dans la voiture, à l'arrière. Par la fenêtre je voyais le ciel noir et les constellations. Cela me rassurait de voir, de savoir que chaque soir, il y avait le ciel et les étoiles. Qu'en fait, un ciel noir serait toujours là. Toujours. Toujours ? Toujours ? Et bien toujours on va dire, toujours n'a pas la même signification dans la bouche d'un être humain, il change dans la bouche d'un ange, ou d'un Dieu du rock. Il change de sens. Tout change. De sens. Les banquettes rouges. Sa bite était belle, enfin pas mal pour une bite, c'est le moins qu'on puisse en dire. Des milliards d'étoiles. Des millions de constellations. Toujours. Je lui ai dit non. Dans un sentiment de malaise comme si je me retrouvais moi-même et ça n'était pas franchement très agréable de toute façon. Et ça s'est arrêté là. Il a été très gentil, il n'a pas insisté. Il m'a laissé son numéro de portable pendant que je retournais vers l'établissement, la salope vide que j'étais devenue, coquille vide inerte, impuissante face au déclin d'elle-même et à l'empire tout entier sombrant de plus en plus sur lui-même et son propre mensonge. C'était rassurant, vraiment. De savoir les constellations.

croix

ANGELINE

Publicité
Commentaires
M
Nos infâmes vilainies<br /> nous reviennent chargées,<br /> elles crévent sous la pluie,<br /> comme des poches percées.<br /> Nos parcelles à jouir<br /> attrapent des maladies,<br /> le ventre aime le pire,<br /> rechanter cette litanie...
P
CRYPTORCHID...
Publicité