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Les Récits de la Maison des Morts
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Les Récits de la Maison des Morts
10 août 2005

Une Gigue pour le Nouveau Petit Chaperon Rouge

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En lisant, j'ai pensé à Primo Levi. Revenu du camp de concentration, écrivain reconnu de la Shoah, il ne pouvait plus qu'écrire ça, habité d'une culpabilité immense, pourquoi moi vivant et eux morts, il ne pouvait plus écrire à partir d'avant, avant avait été éliminé, celui qu'il était avant, écrivain de la Shoah c'était comme s'il était coupable de la disparition de celui qu'il était avant, né à tel endroit, avec tels souvenirs, telle histoire. En même temps, il y avait un bénéfice évident, il était reconnu comme l'écrivain des camps. Si c'est un homme...

Alice Granger-Guitard, critique littéraire

L'homme ferait mieux de rester chez lui. Il ouvrirait un livre, Le Petit Chaperon Rouge version hard Punk, car Dieu possède son nombre d'Anges Punks, même qu'on appelle ça des démons. Bien sûr tout ça c'est un conte, Dieu, les Anges Punks. Le Nouveau Petit Chaperon Rouge avait été croqué par le loup, bien sûr dans la réalité de la Maison des Morts : les contes de vos enfances ont juste été fait pour vous apprendre à tenir bien droite une certaine morale. Pas toujours fausse, c'est vrai, à l'époque la confusion était plus supportable qu'aujourd'hui. En psychanalyse, le poisson représente celui qui est mort pour moi, Mohammed mon frère me l'a dit hier soir. C'est un turc, un algérien, un tunisien, peu importe (Farid qui m'adresse des lettres d'amour me demande souvent si je suis une vraie fausse raciste et qu'il me trouve bouleversante). Le Petit Chaperon Rouge Nouveau habitait désormais une planète qui s'appelait bien justement La Boule Versante. Il y avait eu un problème avec Le Petit Prince, qui, beaucoup moins poétique que le prétendaient certains, avait essayé d'atteindre à la pudeur du Petit Chaperon Rouge Nouveau en lui montrant son zizi. Elle en rêvait la nuit de ça (secrètement elle se demandait si les femmes mettaient les hommes dans leurs bouches, toujours il s'agirait de ça, donc). Elle se réveillait en sursaut, pleurait à chaudes larmes. Elle avait le goût du sang dans la bouche et des yeux de loup dans la mémoire.

Dans la mémoire des rêves bien sûr. Le loup avait été chassé une fois, alors qu'elle était dans son ventre, c'est dramatique. Les hommes lui avaient tiré dans le cul à coup de carabine : il avait recraché la petite, dégoulinante de bave. Les chasseurs, des hommes qui riaient comme des porcs, en prétendant que les jeunes lycéennes étaient toutes des salopes (ce qui n'est pas vrai, pas toutes), se sont approchés de l'enfant. Le fait qu'il s'agisse d'une enfant ne les avait pas arrêtés. Ils ont sorti leurs sexes et ont forcé le Petit Chaperon Rouge à les sucer (en fait, la maquerelle avait des gars body-buildés hyper-endurants, qui décoinçaient les filles qui arrivaient, surtout question sodomie, la vaseline n'était pas toujours utilisée, ou alors une vieille qui avait perdu son pouvoir graissant). Il n'y avait donc plus de sensualité possible dans son langage désormais. Elle était bonne à sauvée, bonne à sucer, bonne, tout court. Donc le jour où Le Petit Prince lui a dit : Dessine-moi un zob à quatre pattes (j'entends quelqu'un se retourner dans sa tombe, ça tombe bien j'adore les épitaphes) elle s'est dit : avant il disait partout qu'il voulait un mouton. Il a bien changé. Depuis qu'il fréquente les frères du Petit Poucet. Qui étaient connus pour avoir survécus à l'Ogre, mais estropiés, ils faisaient ça...en famille. L'inceste était donc le nouveau conte moderne des temps anciens. L'oncle des Petits Poucets étaient aussi très pervers : paysan honnête, travailleur honnête (travailleurs, travailleuses dirait Arlette, paix à son âme), il n'avait rien d'honnête dans son intime, dans sa sexualité, dans ce qu'il était vraiment. Et pas socialement.

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D'ailleurs, Le Petit Prince continuait, selon certains, de "faire rêver des milliers d'adultes, de les replonger avec nostalgie dans leur enfance ou dans l'enfance". Il existait des gens sur la Boule Versante qui adoraient se faire bercer, le réel leur posait un réel problème, bientôt ils trouveraient émouvante non plus le mouton mais la chèvre. Ils étaient souvent contre le fait qu'un Juif était Juif et qu'il aurait pu, en l'occurence, comme mon psy, être sexuellement attirant. Il est sexuel cet homme que je paie pour mes délires. J'avais un autre psy avant, un gros porc, barbu. Français. Pas mal mais gros porc quand même, barbu comme le Père Noël, ou Saint Nicolas, en Lorraine il y a Saint Nicolas, je ne sais pas si Saint Nicolas est accompagné du Père Fouettard pour les enfants pas sages dans les autres régions, la Lorraine est belle mais elle abrite des gens qui donnent la patte au social. Toujours ça. Toujours toujours toujours. Merci pour ce qui est de ce que je dois dire, je suis ma propre mère et je suis mon propre fils, c'est vrai, l'écriture est une religion mais une Super-Religion, quelque chose de plus grand, c'est pour ça qu'il fallait brûler les livres. D'ailleurs. Le Père Noël était gentil et attendait les premières neiges pour donner ses cadeaux, lorsqu'il venait à la maison du Nouveau Petit Chaperon Rouge son regard changeait, son cadeau était un gode (Dieu en anglais sans le e) et il lui enfonçait dans l'anus, malgré le fait qu'il s'agissait à vingt ans, d'encore une enfant, même si dans la souffrance elle adorait-détestait prendre ce plaisir, c'était abominable. Ensuite il reprenait son visage enjoué, Le Père Noël, et retournait sur la cheminée de la Maison du Petit Chaperon Rouge qui avait un titre : La Maison des Morts. Le Bagne. Le Goulag. Le Baraquement. Le siège social d'une entreprise comme Arcelor, qui fait des bénéfices monstrueux mais qui licencient ici et là (je dis ça, j'en sais rien). ARCELOR. Retenez bien ça. Ils vont peut-être être rachetés par les Russes ou les Américains, ou alors c'est Ugine, je confonds. UGINE. C'est un scoop. Les Russes. Elle voyait le Père Noël niquer ses Rennes avec des bouts de bois, le vieux il était impuissant, elle pleurait, du sang dans les draps, son colon percé mais ça n'était pas, hélas, la première fois. Le Petit Prince se branlait devant des films pornos pendant ce temps-là. Il adorait Paris Hilton, Pamela Anderson, ces nouvelles égéries du vide, alors que Marilyn, on savait pourquoi on l'aimait, finalement, à l'époque. Pensait Saint Nicolas, lubrique. Avec son pain d'Epice, sa barbe trop brillante pour être vraie, le Père fouettard, contre toute attente, dit au Petit Chaperon Rouge : tiens, prends ce fouet, défends-toi. Au cas où. Elle n'était pas qu'une brosse à chiottes remuant la merde pour que les odeurs soient toutes présentes. C'était une histoire vraie.

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Adolescente, Le Nouveau Petit Chaperon Rouge a quitté le Petit Prince, devenu traîné dans une backroom pour homosexuels sidaïques (ils le sont tous, hommage à Le Pen-cil Sensual) elle avait envoyé se faire foutre les responsabilités de l'artiste face à la société, tout en lui renvoyant, à la société, une partie de son coeur qu'elle ne voulait pas voir. Les interdits étaient faits pour être bravés, les limites à ne pas franchir, mentir et tromper. Elle aimait aimer. Le Nouveau Petit Chaperon Rouge, triste se branlait comme une chienne de salope (je le dis avant que vous me le disiez), elle mettait dans ses textes des pancartes claires, établies, par exemple pour "se branlait comme une chienne de salope" c'était la pancarte Porno Terraforma Mainstream. Sinon pour le reste : mettre beaucoup de catégories, pour, finalement, annuler le concept même de catégories. Elle n'avait pas eu la chance de vivre ou de mourir du vivant ou de la disparition d'Hitler. Bocassa aurait fait manger de l'homme à Giscard, c'était son destin peut-être. De vieilles putes très moches lui disaient, au Petit Chaperon Rouge tombé dans la prostitution dans les Bois de Grands Bourgeois : on a connu des acteurs, des chanteurs, ce sont les pires avec les hommes politiques. Angéli....Euh, le Petit Chaperon Rouge Nouveau a parlé avec ses nouveaux voisins d'en face, Michel, un petit monsieur de 47 ans, barbu, avec une canne, ils ont eu une grande conversation tout à l'heure sur la terrasse, ancien parisien, il a vécu à côté de chez Gainsbourg et Jane Birkin. Michel lui a dit : Jane venait m'embrasser en ouvrant les bras. Je lui ai dit que j'aimais bien Gainsbourg et Birkin, il m'a dit : lui il était bourré tout le temps ou presque, il buvait Ricard sur Ricard. A moins que ça soit des Pastis. Des anisés, en fait, peu importe. Le Nouveau Petit Chaperon Rouge, pour être précise, pour être honnête, se prenait des bites dans le cul, dans le con, dans la bouche. Elle disait exprès à Sacha ensuite des années plus tard : tu ne vas pas m'aimer, n'en parlons plus. Lui, il répondait juste "zou". Ce qui prouvait donc bien qu'il était comme le Père Noël, une ordure. Et sacrée, commes les vaches en Inde, plus importantes que les intouchables.

Et ce matin, dans l'histoire de la vie, elle a trouvé, comme Damien, trois chiffres dans son cuir chevelu. C'était écrit. Déjà. Même si la fatalité n'était pas de mise. Les hommes du Petit Chaperon Rouge étaient des désastres : Le Petit Prince était redevenu sage et redemandait à tout le monde : Dessine-moi un mouton. Les gens pleuraient, au point d'en faire une comédie musicale absolument magnifique. Et émouvante. A Paris, la ville des émotions. Le Petit Chaperon Rouge disait aux Parisiens : retournez dans votre campagne. Les citadins lui crachaient dessus. Elle est devenue une sorte de souillon, rencontrant la Belle au bois dormant, qui ronflait dans un coin et Cendrillon, pute aussi. Qui attendait que le Prince revienne, mais il ne revenait pas. Pourtant il y avait eu la citrouille, et la calèche, et minuit, et la chaussure de verre, la virginité donnée à l'odeur, encore une histoire d'odeur.

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  1. moi : tu sais que même si je te téléphone, ça ne veut pas dire qu'on est de nouveau ensemble.
  2. lui : je sais mais je m'en contenterai. Le jour où je ne pourrai plus supporter ça, tu le sauras.
  3. Elle a eu peur car dans la voix de Lui, dans "tu le sauras", il y avait bel et bien une sorte de menace. Si c'est un homme, ce n'est pas un loup.
  4. moi : tu veux dire quoi par là ?
  5. lui : rien.
  6. moi : j'ai crû que tu sous-entendais quelque chose.
  7. lui : alors tu deviens trop parano

Le petit Chaperon Nouveau a donc décidé de partir, de quitter les mots. De quitter la Boule Versante. Le Petit Prince ralliait tous les suffrages. Oh mon Dieu je suis toute boulversifiée par tant d'émotions, par tant d'amour. Merci merci, merci mille fois. Et puis surtout : n'arrêtez jamais. On vous aime. Clap clap clap. Les gens allaient jusqu'à lui jeter des roses sur scène, qu'il ramassait avec son air pédant. Une fois dans les coulisses, le Petit Prince disait : bandes de connes, où est ma trousse de maquillage ? Suspendue par les pieds, comme Duras, Chaperon passait des journées entières dans les arbres. Elle pleurait à l'envers, accrochée à une branche. Elle pleurait de joie, ça lui arrivait souvent, elle était hyper-émotive, sensible, c'était son grand, grand grand problème. Depuis qu'ils étaient passés sur elle. Les Petits Poucets l'avaient coincée, jamais elle en avait parlé, à personne. Surtout à personne. Et tous l'avaient souillée. Ils étaient estropiés, handicapés, devenus logiquement ignobles et méchants. Les handicapés devraient finir dans les chambres à gaz, disait-elle. Tout comme les homosexuels. Elle ne justifiait rien. La France n'était pas un état fasciste, sauf Argenteuil, et les écrivains n'avaient que faire des responsabilités sociales. Tout était disable, tout pouvait se dire, que les homosexuels méritaient leurs triangles, que  les handicapés étaient des râclures. En partant dans la forêt à nouveau, elle savait que l'oncle du loup, qui lui-même était un oncle, allait venger son neveu. Elle pleurait, de joie. Pourtant, la mort approchait. Vite. Vous pensez beaucoup au suicide ? Jamais, tout le temps, le loup l'attrapa en un instant. Il ouvrit son ventre et les viscères tombèrent. Elle cracha du sang sur lui, et des larmes. Et du chmurtz, du nez. Elle pleurait de joie. La joie était devenue sa fille. D'ailleurs, les hommes, dans leur beaufitude militaire, en avait fait un hymne, devenu intime pour l'Europe. Une armée qui passait par là, l'armée des rêveurs acheva le loup. Et les valeureux Soldats de cette armée l'emmenèrent à l'hôpital. Elle y resta trois passages.

(Passent et repassent mes doigts sur...)

Je suis ma propre mère, je suis mon propre fils. Elle se réveilla. Avec à son chevet sa Grand-Mère Gabrielle, qui avait des anges (après correction, des ailes, j'en ai marre d'être dyslexique ou alors mes doigts ne suivent pas, je tape trop vite) derrière le dos. La vieille apparition lui caressa le visage. En souriant, elle lui dit : non, tu n'es pas un ange punk. Tu ne le seras jamais. Les ailes brillaient, ainsi que ses yeux. Elle s'envola dans l'indomptable. Le Chaperon, suturé de partout, pleurait de joie encore une fois. Dans son lit. Elle avait faim. Il faut manger le matin. C'est important, avant elle n'avait plus goût à manger le matin, elle avait perdu le rythme de son corps. Complètement déréglée, à ce niveau-là. Même dans ses règles. Des mois durant ça ne venait pas. Elle avait perdu le rythme de sa chair. Elle appuya sur le bouton, l'infirmière, Wonder Woman déguisée arriva : oui c'est pour quoi ? Elle a dit alors : j'ai faim, j'ai envie d'une belle galette, d'une bouteille de lait, de pays merveilleux et d'un pot de miel pur.

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ANGELINE

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Commentaires
A
Merci Olivier.
O
Attention : Gigue s'écrit avec un G au début.
L
EMDR?
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