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Les Récits de la Maison des Morts
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Les Récits de la Maison des Morts
13 mai 2005

If expressif

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J'ai honte parce que je me sens très vivante dans mon écriture en ce moment et c'est justement dans cette phase de non vide que je me refuse à parler de celui qui m'intéresse le plus. La personne la plus importante pour moi en ce moment. La plus importante des importantes. Je me refuse à en parler ici, j'en crève d'envie. Pourtant, je devrais le faire. Je n'ai pas hésité à parler de pleins de gens réels d'une manière souvent je l'avoue réductrice, de toute façon c'est toujours réducteur. Je me fatigue souvent pour rien, d'essayer d'ouvrir les fenêtres et les portes, du monde. Le monde n'a plus de portes. Alors à quoi bon parfois ? Je devrais arrêter de peindre le monde en noir. M'a dit Frédéric. Je vois tout en noir moi ? Non ce n'est pas vrai, je vois les choses telles qu'elles sont, ce n'est pas donné à tout le monde de voir les choses telles qu'elles se proposent : c'est une malédiction, heureux ceux qui n'en sont pas porteurs. Comme un virus vous savez, comme un virus, si j'étais un virus, je crois bien que je serais le Sida, il a fait beaucoup de morts, comme la peste. J'aime. Non ce n'est pas vrai mais en même temps, si j'étais une maladie, je serais le Sida forcément. Actuellement. Tiens, pour éviter de vous parler d'un homme, d'un homme qui m'emoustillent les cuisses comme mon envie d'aimer quelqu'un, je vais faire quelque chose qu'on trouve dans beaucoup d'autres blogs d'hallucinés découvrants comme je les appelle. Un portrait chinois. Quoi de plus niais, de plus approprié ? Connaître les autres à travers ça ? Vraiment ? Encore un système pour mettre des catégories, des cases, des référendums, des encore, des oui et des non, et mettez-vous là, on vous le dit, pour la République, pour nos Frères morts, pour les Monuments, pour la Maison, pour Angéline et ses Récits. Je m'emporte. Donc si j'étais une maladie (Denis), je serais le Sida, pour faire beaucoup de morts, beaucoup de souffrance, dans le sang je serais, cachée mais là, attaquant de toutes mes dents, croquants les hommes, les femmes et les enfants indifféremment. Il paraît que le Sida vient des homosexuels, il paraît. Mais je pense que cette théorie (Denis) ne tient pas. En effet, il a bien fallu qu'un homosexuel couche avec un hétérosexuel marié pour que le sida se propage dans le milieu (ha ha) hétérosexuel. Si j'étais une fleur je les serais toutes sans exceptions, avec des ronces même pourquoi pas, si j'étais un animal je serais sans hésiter un cheval blanc ou alors un serpent à deux têtes. Si j'étais un assassin je serais quelqu'un qui a fait du bon boulot, pardon aux familles des victimes, je n'ai pas de haine à me jeter sur vous là tout de suite, je serais Simone Weber. Ou Dracula. Je sais sucer. Le sang (la boucle est là, dans le texte, Denis). Si j'étais une partie du corps je dirais le cerveau connecté à une sorte d'anus artificiel directement dessus. Si j'étais une femme célèbre, la Vierge Marie. Si j'étais son Fils, et bien je cracherais du sang sur une croix. Et de l'eau coulerait hors de moi (hallucination religieuse, les temps sont proches). Si j'étais un rapport sexuel, je serais celui que j'ai eu avec Denis alors que nous n'étions pas...A l'époque. Je dirais que ce sont mes rapports sexuels préférés. Je me souviens d'un jour où la jouissance avait été telle que les clients qui venaient après la réactivaient, eux qui n'arrivaient jamais à me faire jouir pour de vrai : c'était à cause de toi Denis. Tu parles ils étaient contents, ils se disaient : on arrive à la faire jouir, on en a pour notre pognon. Il existe des hommes qui parlent mal, vous savez, très mal des êtres humains qu'ils utilisent. Si j'étais un enfant, je serais noir, si j'étais un sein je serais le gauche, si j'étais un chanteur je serais Antony, si j'étais une chanteuse je serais Tori, si j'étais mon frère j'aurais jamais épousé sa femme, si j'étais un pays je serais les Etats-Unis d'Amérique, si j'étais une planète ça serait loin de celle-ci là, vous savez, et si j'étais un métier, je serais au chômage. On m'aurait envoyé en Roumanie ou en Chine. C'est mieux là-bas. La bourse le dit. Le désordre des hommes boursiers est une magnifique image représentant le monde, c'est la meilleure que j'ai jamais vue. Si j'étais lesbienne je serais dégoûtée par le pénis des hommes (il existe des lesbiennes qui adorent sucer des hommes je précise). Si j'étais (Denis), Dracula, je pomperais ton sang et te ferais mien. Je voudrais t'emporter avec moi dans les ténèbres. Comme Gary Oldman et son accent.

bakerman_nelson_05Si j'étais l'homme et toi la femme (Denis), je te ferais jouir. Oui. Et d'un coup de langue, ta bouche serait à moi. Et j'y mettrais mes doigts dedans, si j'étais l'homme et toi la femme (Denis), ce que tu m'as fait, mettre tes doigts dans ma bouche, comme une lesbienne dans la bouche d'une autre femme. Comment faire ? Si j'étais l'homme et toi la femme, je mettrais ma bouche dans la tienne, tu aimes lécher les bouches et les lèvres de ta femme, je ferais pareil (Denis), tu es tout sauf entre parenthèses, (Denis), je mettrais un peu de ma salive dans ta bouche si j'étais l'homme et toi la femme, comme toi quand tu étais l'homme et moi la femme, dans la frénésie d'une bonne baise, ha, pour parler vrai, tu me disais d'ouvrir la bouche, le regard précis comme celui d'un aigle, tu crachais dans ma bouche, un peu de ta salive, il fallait que ça sorte, bien sûr, bien sûr si j'étais un homme il faudrait que mes liquides et mon étron sortent, il faudrait que des tas de choses de moi sortent, le courage, la compassion, la force, la virilité, la prétention, le jeu social, les codes, le sperme, le bonjour, le besoin de travailler, de boire au café, non, j'exagère, bien sûr, des tas de choses de moi qui sortent comme l'amour, mais ça c'est trop dur, l'intime mais ça c'est trop compliqué, j'ai peur de le montrer, j'ai peur d'en parler, mon Dieu les autres que vont-ils en penser ? Si j'étais l'homme je n'aurais pas peur de vous montrer ce que je suis vraiment. Au-delà de tout ce qui fait que je ne suis pas moi. Si j'étais l'homme et toi la femme Denis, je donnerais dans baise festive et joyeuse mais pas paillarde car je saurais que moi la femme et toi l'homme (tu t'y retrouves ?) je n'aimerais pas ça, la vulgarité. C'est vrai, Angéline n'aime pas la vulgarité / Si j'étais l'homme et toi la femme, je mâcherais les pointes de tes seins, qu'il n'en reste du sang sinon rien, la métaphore est délicieuse, alléchante, et si j'étais l'homme et toi la femme tu aurais de petits et délicats et sans hystérie gémissements qui me donneraient encore plus de jouissance à être en toi, si j'étais l'homme et toi la femme, je te dirais que tu es belle quand tu jouis, que tu n'as pas besoin de Cusset pour ça et que c'est bon. Si j'étais l'homme, je serais éperdu de toi. Si j'étais l'homme, j'aimerais transpirer sur ton ventre. Si j'étais l'homme, je jouierais sur ton clitoris, ou alors quelque part sur tes avants-bras, éperdu de toi, si j'étais femme et que tu étais homme, on aurait tout à refaire dans nos vies, j'aurais été une putain et toi un monsieur propre social bon sous tout rapport gadgets vendus avec, etc, and the show must go on, comme ils disent, on aurait tout à refaire, à inventer, c'est ça le roman c'est inventer la vie dans la vraie vie et surtout : ne pas mourir. Mourir c'est perdre. Vous qui êtes morts (je m'adresse aux morts, ne vous sentez pas visés tout le temps merde) vous devriez le savoir, d'ailleurs vous le savez si vous êtes honnêtes. Soyez honnêtes, je veux dire socialement parlant. Moi Tarzan, toi Jane. Si j'étais un garçon je ferais sur les arbres, des beuveries avec des potes à n'en plus finir, lire Balzac (?) à mon oncle, mon oncle aurait eu des fantasmes pour moi, si j'étais un jeune garçon, je l'aurais boxé, j'aurais fait de la boxe. J'aurais été plus forte, jeune garçon. Et Denis, ton visage entre mes cuisses, tout ça tout ça, Laurent et les beaux petits yeux de Christophe, parole de mec, d'omelette je dirais pour plaisanter un peu. Là tout de suite en imaginant Denis j'ai envie d'être homophobe. Je plaisante. Denis, si j'étais ta femme, je crois que je ne ferais rien du tout à l'avance, comme ça on verrait. Comme l'Europe, qui ne sera jamais les Etats-Unis. Denis, les lustres qui renvoyaient la lumière, des cristaux, des verres, des flûtes à champagne ornées, Denis des tables d'amuses-gueules (d'amuses-bouches chez les Morts), Des chaussures brillantes, des sourires crispés, des yeux sans vraiment de fond (négatif), des gants blanches, des serveurs pressés, Denis, dans la chambre, dans la chambre, si j'étais l'homme et toi la femme, on aurait réinventé nos mondes, nos univers. Une personne ça peut être vaste. Comme l'univers. Le portrait chinois d'Angéline est terminé.

Et toi Satan, tu viens ici maintenant comme Jésus ? Si tu étais un ange de lumière, qu'est-ce que tu ferais pour le rester ?

satan6

A   N   G   E   L   I   N   E

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