Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les Récits de la Maison des Morts
Publicité
Les Récits de la Maison des Morts
8 février 2005

Suicide Charleston Club

Tu verras ton fils mettra sa main sur ton sein pour cacher correctement la chose qui te ronge au niveau du buste. Voilà, Angéline, je voulais te l'écrire depuis longtemps, je n'osais pas : je connais ton extrême sensibilité, je ne voudrais pas paraître méchant. J'en ai marre de passer pour le méchant de service, toujours à tes yeux. Tu te souviens pourquoi tu m'aimais ? Pour mon écriture, ma poésie. On s'aimait. Mais je lis des horreurs sur mon compte, enfin plus depuis un certain temps. Tu m'as traité de pédophile, je pourrais porter plainte contre toi, parce que là tu ne plaisantes pas comme avec les autres. On voit quand même quel genre de salope tu as su être et que tu sais encore être. Abandonner un homme qui souffrait. D'accord je buvais : d'accord dans la laguna la nuit, et puis les médecins qui voulaient appeler la police. Mais c'était moi la police ! Je n'ai pas compris la première phrase, je pense qu'il a écrit ça pour faire style. Donc nous sommes toujours trahi un jour ou l'autre. Par quelqu'un qui choisi son camp. Mon ex-mari m'a envoyé des pages et des pages d'incohérences, d'insultes mais bon, ce n'est pas comme si c'était la première fois. Ce n'est pas mon dépucelage avec lui. Et puis moi les morts encore en vie, ça ne m'intéresse pas beaucoup, surtout lui. Donc tu n'es pas obligée de raconter ton petit minou bourrée d'argent à l'époque je t'ai sortie de cette merde et je t'ai aimée, tu oublies de le marquer. Mon ex-mari je veux dire adore m'écrire de temps en temps pour m'insulter. Comme il ne téléphone plus, et bien quelqu'un qui me connaît à dû tomber sur mon site puisqu'il en parle dans sa lettre que j'ai lue cet après-midi. Et cette personne n'a pas laissée de commentaires, je suppose, la lâcheté on ne la pratique pas qu'à moitié, c'est déjà ça de bien.

Elle avait demandé quelque chose à Dieu en particulier, dans les toilettes la nuit. Elle avait eu envie de faire pipi. L'enfant l'avait réveillée. Elle s'était levée, en chemise de nuit. Elle était sortie de son lit. Je suis allée aux toilettes en pensant à Samuel, dans ma tête je pensais à des phrases et à une jeune fille inventée. Dans mon esprit. Je faisais pipi en attendant que ça me soulage. Je pensais à Samuel. Je n'allume plus la lumière la nuit. J'avance en sachant par coeur les objets en trois dimensions, les meubles devant moi. Ce n'est pas nécessaire d'allumer la lumière. Tu ne devrais pas l'allumer si tu as peur. La fille était comme une patiente déformée par l'inceste, encore une. Ils sont tellement à raconter des histoires d'incestes, certaines on ne peut pas les croire tellement c'est monstrueux. Plus c'est monstrueux plus c'est incroyable et plus on a du mal à l'avaler. Pourquoi Noé fait un film aussi nul qu'Irréversible ? Parce que c'est utile de montrer qu'un viol, à peu de choses près, ça se passe comme ça et des fois c'est même pire. Mon avant-bras serré s'en souvient encore. Ces hommes quand même, dans la haine ils ont de la force, mais seulement dans les muscles, pas dans le sacré coeur quand même. Même si son film est ridicule. C'est bien de voir Bellucci en train de se faire violer. La chose n'arrive pas qu'aux moches. Par exemple : le syndicaliste adore blaguer avec ses collègues dans leurs dîner sur le sexe. Je suppose qu'ils ont tous des problèmes psychologiques et sexuels graves, car ils en parlent comme si c'était tabou. Comme si le tourner en dérision ça pouvait lui enlever son caractère sérieux (non je vais dire plutôt son caractère non négligeable) si gênant. J'ai mal et tu m'enfonces. Je ne sais pas pourquoi je suis allé chez toi l'autre jour en frappant à ta porte je savais que tu étais là. J'ai regardé dans ton C3 et j'ai vu un paquet de mouchoirs roses qui m'a donné envie d'hurler, j'ai vu des affaires à toi, ton écharpe à l'arrière. J'ai voulu casser ton pare-brise mais non. Après ce que tu m'as dit j'ai entendu une voix qui m'a dit : disparaît. Tout de suite. J'étais allée passer la soirée avec Marc et Jean, ils m'avaient réconfortée. Eux.  Et j'avais pleuré dans les toilettes. Je faisais donc pipi en pensant à Samuel avec émotion, je veux dire avec plénitude. Vous allez voir, je vais réussir à être claire un jour, complètement. J'étais tranquille. Je me suis essuyée avec du papier toilette blanc. J'ai tiré la chasse d'eau. Je me suis lavée les mains. Dans la cuisine, je me suis assise, j'ai pris mon portable. Samuel. En me réveillant, mon envie de pipi me réveillant, j'ai eu mal au bras (Garmonbozia) et j'avais envie de boire un peu d'eau (Silencio). Il paraît que boire de l'eau fraîche dans les rêves c'est un signe de bonne santé. Tout de suite, mon envie d'uriner m'a fait penser à Samuel. Ainsi que mon bras mort. J'ai été obligée de le tenir pour me lever, tellement j'avais des fourmillements dedans, la chair, les nerfs, c'était désagréable. Et mon bras était lourd. Je ne voulais pas mais Samuel dans la voiture, dans le parc vide la nuit m'a déclaré sa flamme, encore une fois mais mieux que la première fois. A l'époque, je l'avais utilisé pour mon plaisir charnel, je me comportais comme une cynique folle-dingue, j'ai honte de ça. J'ai honte de moi parfois. J'ai honte de mes erreurs, j'ai honte de m'en satisfaire. Je suis tombée tout à l'heure sur le blog d'une jeune skin brune qui trouve que nos sauveurs étaient les nazis. J'ai laissé un message "je dormais encore un peu" à son message "réveillez-vous enfin !". J'adore l'humour. Donc j'ai pissé, quand j'ai tiré la chasse d'eau, mon urine a été aspirée et repoussée par une sorte de force. J'ai déjà subie des blennoragies, j'ai de la chance je n'ai jamais eu le Sida. Comme ce pauvre Hervé Guibert qui n'était pas génial mais qui a permis à d'autres d'être géniaux. Ensuite. En tout cas il n'était pas beau, je comprends pourquoi il était ami ami avec Isabelle. Adjani. Mais bon ces gens ne sont pas de ma génération ni même de mon âge, ni même de mon état, je suis une survivante, il y a les morts, les vivants, les profiteurs et les survivants. Je pissais et l'image dans mon esprit de Samuel. Dans ma tête j'étais partie. Complètement. Je me disais : il est beau. Dans le parc donc il m'avait emmené et il m'a dit qu'il était toujours attaché à moi qu'entre temps il était allé draguer sur le net mais qu'il n'avait trouvé que des filles superficielles et beaucoup moins belles que moi. Et gentille aussi. Non il n'a pas dit gentille c'est moi qui le rajoute. Tu restes encore aujourd'hui une sale pute, tu suçais ces mecs et tu dois encore en sucer dans ton travail de merde, que tu fais à mi-temps (il passe sa retraite allongé dans son lit à boire tous les jours ce connard). Je viens de recevoir un e-mail d'un Sacha. Qui me demande, entre parenthèses (vous testez votre prochain roman c'est ça ?). Ils en posent des questions coquines et impertinentes. Tu parles d'une révolution. J'espère qu'il n'est pas syndicaliste sinon Chourka va me tirer les oreilles. Je voudrais avouer à ma grande honte que j'ai mis Chourka dans mes liens juste parce que j'ai craqué devant sa photo et pas pour le sujet de son blog : la politique. C'est uniquement pour ça et que aussi il paraît qu'être à gauche c'est mieux qu'être à droite (je ne sais pas mais j'ai été habituée pendant mon adolescence et quasiment toute ma vie de jeune femme à Mitterrand, ça marque tonton même si on n'allait pas voter). Donc Chourka je suis désolée, la politique ça m'intéresse mais ton sex-appeal m'intéresse encore plus. Il y a des gens qu'on devrait mettre entre parenthèses très vite avant de les connaître. Mon mari à l'époque m'aimait, il m'emmenait partout. J'ai envie de pleurer, de pleurer à chaque fois qu'il m'insulte sauf que je ne pleure pas, je retiens. Je sais retenir. Sauf le pipi. Je pisse comme tout le monde. Et en pensant à Samuel. Il m'a dit dans le parc, dans le noir, c'est là Mike qu'on s'embrassait : je pensais encore à toi et puis je ne comprenais vraiment pas. Il se répète souvent. Comme moi. C'est ça la vie.

Même si on avait des drapeaux du Che. Même s'ils plaisantaient sur les putains. Et que je devais encaisser leur ignorance sans rien dire. Même si on me dit entre parenthèses (tu testes ton prochain roman ?). Ce n'est pas très grave. Tout ça. Je pense à un homme et ça c'est un événement important dans ma vie, de penser à quelqu'un c'est un événement important dans la vie de quelqu'un, étrange et en même temps tellement beau, je ne sais pas si je l'aime si j'ai envie de l'aimer si ça va arriver ou pas. Tout ce que je sais c'est que je pense souvent à lui, il m'intrigue, il m'intéresse, il est intéressant et en plus il ne pose pas de questions débiles. Malgré son niveau d'études, il allait manifester, il devait faire tache dans la foule, il est plus beau qu'un syndicaliste de base. Désolée. Dans le parc, il y avait un Jésus derrière les buissons, une statue taguée de mots orduriers et d'insultes R'N'B débiles. Des cannettes de bière par terre. Et la statue était grande. C'était un endroit pour les jeunes, il avait voulu m'emmener là. Pour parler. Donc nous nous sommes embrassés, cher Eddy, je l'ai embrassé, très tendrement, j'ai dit trois fois la dernière fois mais je crois que c'était plus. C'était comme d'aller aux toilettes faire pipi, une envie pressante, un besoin urgent. Alors dans mon coeur comme ça vous arrive parfois aussi en temps de soleil ou de pluie j'ai tiré la chasse d'eau.

Angéline.

 

Publicité
Commentaires
C
Merci Angeline pour ton message, même si je ne mérite pas tant d'honneur.<br /> <br /> Tu sais la politique, ce n'est pas très difficile. On en fait tous un peu sans le savoir. Comme respirer. A chaque fois que l'on pense qu'un truc est bien, est juste, est beau, il faut savoir qu'ailleurs, il y a quelqu'un qui pense que c'est mauvais, injuste et moche. A chaque fois qu'il y a une décision, un choix qui est fait, là est la vraie politique. Et c'est quelque chose de quotidien.
Publicité