<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>ANGELINE et les R&#xe9;cits de la Maison des Morts</title><link>http://angeline.canalblog.com/</link><description>litt&#xe9;rature blues</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sat, 26 Dec 2009 13:43:55 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>L&apos;Homme du Train/L&apos;Homme du Th&#xe9;&#xe2;tre</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/04/30/13566427.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/04/30/13566427.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13566427/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2009/04/30/13566427.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;anne_frank_s_house&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/04/21/19730/38908401.jpg&quot; width=&quot;323&quot; height=&quot;340&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&amp;quot;Ch&#xe8;re Kitty, &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;Chaque fois que je t&apos;&#xe9;cris, il s&apos;est encore pass&#xe9; quelque chose de sp&#xe9;cial, mais la plupart du temps, il s&apos;agit d&apos;&#xe9;v&#xe9;nements plut&#xf4;t d&#xe9;sagr&#xe9;ables qu&apos;agr&#xe9;ables. Cette fois-ci, pourtant, les nouvelles sont bonnes.&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;Anne Frank&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il dit : &amp;quot;le texte est bien comme il est. Ton principal d&#xe9;faut ce sont les d&#xe9;tails inutiles, le style, la clart&#xe9;, tout cela est plut&#xf4;t bon et lisible&amp;quot;. L&apos;autre avait dit : &amp;quot;retouche cette partie&amp;quot;, qui ne fait pas sens avec ce que le personnage faisait quelques pages auparavant. Le personnage il faut qu&apos;il soit le plus logique possible et cela me rend triste. Le plus construit, le plus beau. Le plus beau personnage qui soit ne saurait me contenter en fait. Tu vois ce passage fait tr&#xe8;s Madeleine. L&apos;autre a ajout&#xe9; cela. Il croque un morceau, et se souvient, &#xe7;a fait tr&#xe8;s g&#xe2;teau. Tu t&apos;en souviendrais comme cela dans la r&#xe9;alit&#xe9; ? Je ne sais pas, je lui r&#xe9;ponds, je ne suis pas l&apos;autre. Je ne suis pas toi. Toi tu es heureux et malheureux &#xe0; la fois, tu ne fais plus de diff&#xe9;rences (je ne l&apos;ai pas dit &#xe0; voix haute ce passage). A l&apos;int&#xe9;rieur de ton coeur, tu ne prends plus aucune distance. Tu as eu des difficult&#xe9;s pour revenir sur Terre. Pour redescendre. Sur la sc&#xe8;ne du th&#xe9;&#xe2;tre, lors des r&#xe9;p&#xe9;titions, il y avait ce type qui me regardait du coin de l&apos;oeil, je pourrais t&apos;en parler pendant des heures. L&apos;effet qu&apos;il me faisait. Plus tard je suis rentr&#xe9;e chez moi, je me suis couch&#xe9;e aupr&#xe8;s de Denis et j&apos;ai fait un r&#xea;ve. Peu de temps apr&#xe8;s m&apos;&#xea;tre endormie. Je pr&#xe9;cise parce qu&apos;il m&apos;arrive de faire des r&#xea;ves alors que je suis encore &#xe9;veill&#xe9;e. Il faudrait que je t&apos;en parle, ils parlent du pass&#xe9;, de souvenirs qui, en fait, ne sont pas encore arriv&#xe9;s. D&apos;un pass&#xe9; qui n&apos;est pas encore arriv&#xe9;. C&apos;est ainsi que je parle &#xe0; pr&#xe9;sent, en r&#xe9;alit&#xe9; j&apos;ai toujours parl&#xe9; ainsi, c&apos;est juste que V&#xe9;nus approche maintenant. Et j&apos;ai fait un r&#xea;ve donc. J&apos;ai pr&#xe9;cis&#xe9; ce qu&apos;il fallait pr&#xe9;ciser. J&apos;&#xe9;tais sur le quai d&apos;une gare et je prenais un train. Il s&apos;est pass&#xe9; un ph&#xe9;nom&#xe8;ne normal dans les r&#xea;ves, une ellipse. De temps. Et donc j&apos;&#xe9;tais d&#xe9;j&#xe0;, &#xe0; peine entr&#xe9;e, dans le train depuis longtemps, et je voyais les paysages magnifiques d&#xe9;filer par la fen&#xea;tre et j&apos;ai r&#xea;v&#xe9; que l&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre entrait et me regardait avec insistance, en plongeant son regard dans le mien. C&apos;&#xe9;tait tr&#xe8;s intense. Mon coeur bondissait hors de ma poitrine, et nous nous sommes jet&#xe9;s l&apos;un sur l&apos;autre, et nous nous sommes embrass&#xe9;s. Comme si nous avions besoin de le faire &#xe0; la h&#xe2;te. Comme des poss&#xe9;d&#xe9;s, mais sans l&apos;affliction des poss&#xe9;d&#xe9;s. Je ne suis poss&#xe9;d&#xe9;e par aucun esprit. Tu plaisantes mais c&apos;est la v&#xe9;rit&#xe9;. Et son baiser &#xe9;tait d&apos;un d&#xe9;lice, c&apos;&#xe9;tait le plus beau et le meilleur baiser qu&apos;on m&apos;avait donn&#xe9;. Ensuite nous faisions l&apos;amour, longtemps, avec force d&#xe9;tails comme souvent dans les r&#xea;ves. Il me caressait &#xe0; la fin et me disait : je sais qu&apos;Angeline ce n&apos;est qu&apos;un nom d&apos;emprunt, je sais que tu l&apos;as pris &#xe0; quelqu&apos;un d&apos;autre. Et moi je lui demandais, interdite : &#xe0; qui l&apos;aurais-je pris ? C&apos;est l&#xe0; que je me r&#xe9;veillais en pleine nuit. Denis dormait &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de moi. En dormant je m&apos;&#xe9;tais caress&#xe9;e la poitrine &#xe0; cause de ce r&#xea;ve &#xe9;rotique. J&apos;&#xe9;tais bien, d&#xe9;chir&#xe9;e que le r&#xea;ve soit fini mais bien. Relax&#xe9;e, d&#xe9;tendue, heureuse et malheureuse. Ce r&#xea;ve avait &#xe9;t&#xe9; si bon, pourquoi les choses qui sont bonnes et qui nous provoquent du bien doivent-elles s&apos;arr&#xea;ter toujours ? Pourquoi toujours ? C&apos;est l&#xe0; que j&apos;ai caress&#xe9; la joue de Denis lentement, il dormait, ne se rendait compte de rien. Le matin &#xe0; notre r&#xe9;veil nous faisions l&apos;amour, mais ce f&#xfb;t moins bien que dans mon r&#xea;ve avec l&apos;homme du train qui &#xe9;tait en r&#xe9;alit&#xe9; l&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre. Je me disais de toute fa&#xe7;on que s&apos;amouracher de la sorte, &#xe0; l&apos;insu de son plein gr&#xe8;s comme on dit chez les bouffons, ce n&apos;&#xe9;tait pas grave, c&apos;&#xe9;tait m&#xea;me bien. Lorsqu&apos;on gardait les pieds sur Terre. Je ne sais pas pourquoi Denis voulait couper tels et tels passages, pour lui &#xe7;a ne fonctionnait pas. Je m&apos;en fichais &#xe9;perdument de son avis d&#xe9;sormais mais faisais attention &#xe0; le garder pourquoi. L&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre me regardait toujours avec le regard tordu. Il &#xe9;tait plus jeune que Denis et semblait plus intellectuel mais moins rassurant, alors que moi j&apos;avais besoin d&apos;un homme rassurant, pas d&apos;un potentiel agresseur/manipulateur/menteur/girouette/homme mauvais/homme m&#xe9;chant/homme gris/gris tout court. Il m&apos;a propos&#xe9; un caf&#xe9;. Il a dit : &amp;quot;Le texte est bien comme il est&amp;quot;. Il m&apos;a dit &#xe7;a. J&apos;ai pens&#xe9; au pass&#xe9; qui n&apos;&#xe9;tait pas encore arriv&#xe9;, tout du moins, &#xe0; ce pass&#xe9; qui ne m&apos;&#xe9;tait pas encore arriv&#xe9;. J&apos;avan&#xe7;ais &#xe0; reculons, c&apos;&#xe9;tait ma seule fa&#xe7;on de faire, ma seule fa&#xe7;on d&apos;avancer dans le brouillard, le blizzard contre moi, toujours contre moi, toujours lui contre moi, toujours quelqu&apos;un contre moi, dans tous les sens du terme, toujours contre. Contre ce que je disais, contre ce que je pensais, toujours contre moi. L&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre buvait son caf&#xe9; avec un &#xe9;trange petit rictus. Son regard &#xe9;tait tendre et innocent, un peu triste. Pas celle des yeux de Denis. La tristesse des yeux de Denis &#xe9;tait tourn&#xe9;e vers lui-m&#xea;me, celle de l&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre &#xe9;tait tourn&#xe9;e vers le monde, cela me s&#xe9;duisait davantage. L&apos;homme du train me prenait sans me demander mon reste mais en me respectant totalement. Les images revenaient dans ma m&#xe9;moire, la nourrissaient, pendant que je buvais mon caf&#xe9; en face de l&apos;homme de th&#xe9;&#xe2;tre, ou du th&#xe9;&#xe2;tre, disons du, m&#xea;me si c&apos;est moins &#xe9;l&#xe9;gant. Cet homme ignorait que l&apos;homme du Train avait le m&#xea;me visage, la m&#xea;me apparence, mais &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur, c&apos;&#xe9;tait moi qui l&apos;avais fabriqu&#xe9;, c&apos;&#xe9;tait mon r&#xea;ve, j&apos;en avais &#xe9;t&#xe9; la cr&#xe9;atrice, oui nous sommes nos propres cr&#xe9;ateures et nos propres cr&#xe9;atures. Bien s&#xfb;r. Ses mains n&apos;&#xe9;taient pas tout &#xe0; fait identiques &#xe0; celle de l&apos;homme du Train, l&apos;homme du Train avait des mains plus grandes, plus &#xe9;paisses. L&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre avait des mains plus fines, des doigts plus longs, plus osseux, je pr&#xe9;f&#xe9;rais les mains de Denis, plus &#xe9;paisses, moins fines. Les mains de Denis donnaient l&apos;assurance d&apos;&#xea;tre prot&#xe9;g&#xe9;es, on imaginait les poings qui pouvaient en d&#xe9;boucher un jour. Les poings lorsqu&apos;ils fermaient ses mains &#xe9;taient impressionnantes, l&apos;homme du Train avait d&#xfb; copier ses mains pour fabriquer les siennes. Les caresses ont de la m&#xe9;moire malheureusement. L&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre posait des questions, lisait avec attention, me regardait, regardait un peu ailleurs, je me demandais s&apos;il &#xe9;tait vraiment attentif. Une semaine plus t&#xf4;t &#xe0; Strasbourg, j&apos;avais mang&#xe9; dans un restaurant et une femme &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de moi semblait distraite lorsque l&apos;homme qui &#xe9;tait en face d&apos;elle lui parlait d&apos;enfants. J&apos;&#xe9;coutais tout, je mangeais seule, parce que j&apos;&#xe9;tais bien seule, loin de Denis et de ses amis que je n&apos;ai jamais vraiment pu appr&#xe9;cier. Je pense que c&apos;est de ma faute d&apos;ailleurs. L&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre me jetait donc un l&#xe9;ger regard dans le caf&#xe9;, l&apos;homme du Train et moi nous faisions l&apos;amour dans le train, on voyait des paysages incroyables par la fen&#xea;tre. Il m&apos;a rendu mon texte ensuite, que j&apos;ai remis dans ma chemise noire. Cette chemise noire avait &#xe9;t&#xe9; trouv&#xe9;e dans le bureau de mon p&#xe8;re, j&apos;en prenais conscience en la touchant, &#xe0; chaque fois en r&#xe9;alit&#xe9;. Souvent. L&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre n&apos;avait pas d&apos;alliance et peut-&#xea;tre avait-il vu la mienne, qui &#xe9;tait fausse donc parce que je n&apos;&#xe9;tais pas mari&#xe9;e et que je ne pouvais pas me marier avec Denis. Ce n&apos;&#xe9;tait pas un homme qu&apos;on &#xe9;pouse, et je n&apos;&#xe9;tais pas une femme qu&apos;on &#xe9;pouse, je n&apos;&#xe9;tais pas une &#xe9;pouse, et ne le serais jamais, ce n&apos;&#xe9;tait pas un futur qui m&apos;attendait, c&apos;&#xe9;tait un futur d&#xe9;j&#xe0; fait en quelque sorte. D&#xe9;j&#xe0; donn&#xe9;, d&#xe9;j&#xe0; gaspill&#xe9;. J&apos;avais envie de dire &#xe0; l&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre qu&apos;avec l&apos;homme du Train, qui avait son visage, j&apos;avais eu beaucoup de volupt&#xe9;, de d&#xe9;sir, de plaisir, mais que tout n&apos;avait &#xe9;t&#xe9; que dans ma t&#xea;te, et que tout ne s&apos;&#xe9;tait pass&#xe9; que dans ma t&#xea;te. Comme les meurtres qui se passent dans la t&#xea;te, on arrive &#xe0; se convaincre qu&apos;on a tu&#xe9; pour de vrai, on utilise le vrai du faux pour &#xe9;crire une histoire qui se prend pour une histoire vraie. Elle voudrait dire tellement la v&#xe9;rit&#xe9; l&apos;histoire, je voulais lui dire qu&apos;il &#xe9;tait mort, l&apos;homme mauvais, mais pas par ma main, ou alors qu&apos;il &#xe9;tait mort par ma main un million de fois. Que voulez-vous faire dans la vie avec trois volcans qui vous arrivent &#xe0; la hauteur des genoux, &#xe0; peine ? Que voulez-vous faire avec la trompe de la femme &#xe9;l&#xe9;phant, que voulez-vous faire avec l&apos;homme du Train quand on sait que lorsqu&apos;on ouvrira les yeux, on finira par se retrouver ailleurs, l&apos;espace d&apos;un temps ? Je m&apos;&#xe9;tais lev&#xe9;e apr&#xe8;s avoir caress&#xe9; le corps de Denis endormi. Je me l&#xe8;ve souvent la nuit, je le raconte souvent ici. Je le racontais r&#xe9;guli&#xe8;rement. Les gens qui se l&#xe8;vent la nuit, gratuitement, devraient inventer une nouvelle religion : pas celle des vampires, celle de ceux qui se r&#xe9;veillent en pleine nuit. Les sensations dans le corps sont &#xe9;puisantes, ces caresses, ces chatouilles, qui ne sont pas d&#xfb; &#xe0; ce qui est vivant. A ce qui est. L&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre est parti apr&#xe8;s une bise. On se reverrait la semaine prochaine, m&#xea;me si &#xe7;a n&apos;avait aucun sens. Une bise qui n&apos;avait rien &#xe0; voir avec les baisers savoureux de l&apos;homme du Train, qui embrassait divinement bien. L&apos;odeur n&apos;&#xe9;tait pas aussi bonne avec l&apos;homme du th&#xe9;&#xe2;tre et je me r&#xe9;p&#xe9;tais que les r&#xea;ves &#xe9;taient des tra&#xee;tres, et peut-&#xea;tre bien plus que des politiciens, les r&#xea;ves. Je ne pouvais pas m&apos;emp&#xea;cher de penser &#xe0; tout cela. En rentrant apr&#xe8;s quelques courses faites dans des magasins de v&#xea;tements, j&apos;ai regard&#xe9; Denis assis &#xe0; son bureau qui lisait le courrier. Il avait relev&#xe9; la t&#xea;te en me souriant. Rien d&apos;extraordinaire ne se passait dans la vie actuellement, &#xe0; part le b&#xe9;n&#xe9;fique changement silencieux. Et il m&apos;a dit comme s&apos;il n&apos;y croyait pas lui-m&#xea;me : &amp;quot;tu es rentr&#xe9;e ? Comment s&apos;est pass&#xe9;e ta journ&#xe9;e ?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;AnneFrank&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/64/42/19730/38908527.jpg&quot; width=&quot;298&quot; height=&quot;298&quot; /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me suis couch&#xe9;e et j&apos;ai encore r&#xea;v&#xe9;. C&apos;&#xe9;tait l&apos;homme mauvais. Dans mes r&#xea;ves, l&apos;homme mauvais n&apos;avait rien &#xe0; voir avec l&apos;homme mauvais de mon pass&#xe9; oubli&#xe9;. Il &#xe9;tait repenti. Souvent il s&apos;excusait et me donnait de bons conseils concernant mon futur et ma conduite &#xe0; tenir selon le chemin pris. Quelle &#xe9;trange ironie ! Tout le mal qui avait &#xe9;t&#xe9; fait pouvait donc se racheter ! M&#xea;me par del&#xe0; la mort ! M&#xea;me sans que je sois religieuse ! Mais ce n&apos;&#xe9;tait pas lui qui &#xe9;tait plus gentil dans le r&#xea;ve, c&apos;&#xe9;tait moi qui lui avais pardonn&#xe9;. Dans ce r&#xea;ve, il me disait, dans sa propre maison plong&#xe9;e dans une &#xe9;trange p&#xe9;nombre qu&apos;il fallait que je continue sur cette voie. Je lui demandais : &amp;quot;De quoi tu parles, tu es mort. Depuis si longtemps et &#xe7;a ne m&apos;impressionne plus&amp;quot;. Il m&apos;a r&#xe9;pondu : &amp;quot;Avec l&apos;homme du Train, quand tu lui ach&#xe8;tes des v&#xea;tements &#xe0; la sauvette, prends des choses &#xe0; sa taille&amp;quot;. L&#xe0; j&apos;ouvrais les yeux. Je ne comprenais pas et &#xe0; l&apos;heure o&#xf9; j&apos;&#xe9;cris ceci, je ne comprends toujours pas. Une main caressait mon sein. Je me rendais compte que cette main qui caressait mes seins n&apos;&#xe9;tait pas la mienne comme la nuit pr&#xe9;c&#xe9;dente mais celle de Denis, &#xe9;paisse, grande et rassurante. Il me caressait, lui-m&#xea;me endormi. Je le&amp;nbsp; r&#xe9;veillais en le secouant gentiment. Il se rendait compte qu&apos;il avait mon sein droit dans sa main. Et je lui demandais s&apos;il avait envie de faire l&apos;amour. Il a r&#xe9;pondu avec une voix pleine de sommeil : &amp;quot;Tu sais bien. Comme toujours&amp;quot;.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;embed height=&quot;344&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;425&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/v/Fty_DxJmUZw&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;1968088344121366&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/55/10/19730/38907692.jpg&quot; width=&quot;184&quot; height=&quot;99&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 30 Apr 2009 14:10:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les D&#xe9;marcheurs</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/03/15/12972596.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/03/15/12972596.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/12972596/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2009/03/15/12972596.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;266&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;400&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/34/40/19730/37040148.jpg&quot; alt=&quot;The_Cryatal_Gaze_4_l&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;Texte non relu&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En pleine nuit, ton t&#xe9;l&#xe9;phone vibre sur ta table de nuit, la nuit pour chevet. Ils font des t&#xe9;l&#xe9;phones qui vibrent tellement fort qu&apos;ils r&#xe9;veillent tout le monde. Et pourtant ils sont ultra fins maintenant les t&#xe9;l&#xe9;phones portables. Tout &#xe7;a pour voir un message de Robert, un message qui explique qu&apos;il pensait &#xe0; toi, qu&apos;il &#xe9;tait &#xe0; Orly et qu&apos;il pensait &#xe0; moi et qu&apos;il se doutait que c&apos;&#xe9;tait probablement ridicule de m&apos;envoyer un message alors que &#xe7;a faisait d&#xe9;j&#xe0; pas mal de temps que nous nous &#xe9;tions pas revus.&amp;nbsp; Il avait eu envie de te dire : je pense &#xe0; toi, il pense &#xe0; moi, j&apos;&#xe9;tais au lit, tu vois. Oui c&apos;&#xe9;tait ridicule, et puis moi j&apos;avais un corps &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; du mien, dans lequel un homme afflig&#xe9; dormait tranquillement, ou ailleurs hors de son corps, comme nous le faisons plus ou moins tous selon les capacit&#xe9;s de chacun. En chacun de nous diff&#xe8;re le pouvoir obscur, c&apos;est une injustice Robert, Robert &#xe9;tait l&apos;injustice de mon oncle incarn&#xe9;. D&apos;ailleurs je l&apos;avais vu, son gros orteil, avec son ongle incarn&#xe9;. Les ongles carr&#xe9;s, de pervers patent&#xe9;s. En pleine nuit &#xe7;a r&#xe9;veille, vous n&apos;en pouvez plus, le masque de sommeil se fait d&#xe9;gommer, vous vous l&apos;arrachez de la t&#xea;te, &#xe7;a fait mal. Alain Bashung n&apos;a plus mal lui. Mais on s&apos;en fiche, vous n&apos;avez jamais aim&#xe9; sa po&#xe9;sie. Le corps est &#xe9;tendu &#xe0; pr&#xe9;sent. Afflig&#xe9;, parce que &#xe9;motionnellement perturb&#xe9;, la quarantaine, tout cela. A c&#xf4;t&#xe9; de moi, tout autour de soi, le monde qui tourne autour de votre soleil. C&apos;&#xe9;tait Robert &#xe7;a aussi, un monde en expansion, &#xe0; &#xe9;ternelle disposition, comme un gigantesque buffet, il suffisait de tendre la main pour se servir. C&apos;est triste comme monde, pour ceux qui sont aux alentours du buffet &#xe0; grogner comme des b&#xea;tes, je trouve. C&apos;est dommageable. Denis s&apos;est r&#xe9;veill&#xe9; et a commenc&#xe9; &#xe0; &#xe9;couter Sigur Ros, qu&apos;il adore, je lui ai fait d&#xe9;couvrir, moi j&apos;en ai fini, j&apos;en ai un peu marre de ces &#xe9;motions belles mais froides. J&apos;ai besoin de chaleur, d&apos;une chaleur de feu, qui fend le froid avec une &#xe9;p&#xe9;e, comme dans l&apos;espace, les com&#xe8;tes, les m&#xe9;t&#xe9;ores, les plan&#xe8;tes gazeuses et les astres habit&#xe9;s qui voyagent. Apr&#xe8;s on dit que Robert est injustice. Pourtant lui aussi il voyage, il prend l&apos;avion. Je me souviens bien du sourire du vendeur, les d&#xe9;marcheurs sont comme &#xe7;a. Quelle d&#xe9;marche de vie avions-nous &#xe0; l&apos;adolescence ? Dans ton adolescence ? Jean-Marc Roberts de Stock : &amp;quot;tout le monde est auteur sur le net, chacun &#xe0; sa place, chacun &#xe0; sa place&amp;quot;. Chacun &#xe0; ta place, bien s&#xfb;r, c&apos;est &#xe9;vident, bien s&#xfb;r, chacun dans nos places, sur nos chaises, chacun nos terres. Chacun sa plan&#xe8;te. Vous verrez, m&apos;a dit le vendeur, c&apos;est un t&#xe9;l&#xe9;phone tr&#xe8;s complet, pas besoin de l&apos;iphone. T&apos;es venu pour &#xe7;a ? Pas besoin de la Pomme non. Le soir m&#xea;me je regardais les &#xe9;toiles, et des nuages gris essayaient de me les cacher, mon regard indigne sur elles. J&apos;ai beaucoup d&apos;indignit&#xe9; en moi, encore. Je ne sais pas si mon travail vaut la peine de tout changer, de tout r&#xe9;volutionner, j&apos;ai &#xe9;t&#xe9; faite pour faire du bien aux autres et putaine je l&apos;ai fait ma mission, m&#xea;me si je ne sais pas ce que &#xe7;a veut dire dans le fond. Alain Bashung chantait, peut-&#xea;tre qu&apos;il avait &#xe9;t&#xe9; fait, avec son corps atroce et tr&#xe8;s moche (c&apos;est encore pire maintenant) pour faire du bien aux autres, pour leur apporter quelque chose, sa po&#xe9;sie. M&#xea;me si je n&apos;&#xe9;tais pas fan. On est fan de ce qu&apos;on peut, aussi. Quand j&apos;&#xe9;tais petite je dansais sur &lt;em&gt;Osez Jos&#xe9;phine &lt;/em&gt;et j&apos;aimais &#xe7;a. Ce que j&apos;aimais &#xe7;a, danser. Danser toute seule, danser pour le plaisir de tourner, &#xe0; la vitesse de la lumi&#xe8;re. C&apos;&#xe9;tait la sensation que j&apos;avais. Ma m&#xe8;re d&#xe9;marchait pour gagner mon amour. Je tournais, ma t&#xea;te et mon esprit, tout tournait, avec la Terre et la Terre me faisait pleurer, j&apos;en avais mal jusqu&apos;au sang,&amp;nbsp; Jean-Marc Roberts n&apos;&#xe9;tait pas encore &#xe0; sa place ni moi &#xe0; la mienne, la sensation de douleur dans les veines, le sang qui coule, qui lui aussi, d&apos;une certaine fa&#xe7;on, tourne. Et je tournais avec tout cela, et j&apos;ai continu&#xe9; de tourner, en girouette cette fois et j&apos;ai continu&#xe9; malgr&#xe9; tout, et j&apos;ai fait des choses de girouette, des choses atroces de girouette, j&apos;en ai eu honte et mal pendant longtemps, on ne gu&#xe9;rit jamais de ces p&#xe9;riodes-l&#xe0;, on tourne, on continue, on fait ce qu&apos;on peut, les m&#xe9;decins ne savent pas gu&#xe9;rir la tristesse que je sache,&amp;nbsp; je le rab&#xe2;che depuis 2004, ils savent juste la canaliser &#xe0; coups de m&#xe9;dicaments, ils ne savent rien faire d&apos;autre, et n&apos;ont pas les moyens, et n&apos;ont pas le temps. Si le Pr&#xe9;sident D&#xe9;marcheur avait le temps, de calmer les girouettes, les vraies, &#xe7;a se saurait, et s&apos;il avait envie de le faire r&#xe9;ellement, R&#xc9;ELLEMENT, r&#xe9;-elle-ment, &#xe7;a aussi &#xe7;a se saurait. Denis n&apos;est qu&apos;un d&#xe9;marcheur parmi tant d&apos;autres. Je l&apos;aime plus que les autres, c&apos;est tout. Robert d&#xe9;marchait quoi &#xe0; travers son message ? Un peu d&apos;attention ? Qu&#xe9;mandait quoi&amp;nbsp; exactement ? Tournait-il autour de son sentiment de solitude, dans cet a&#xe9;roport, les avions tournaient au dessus de sa t&#xea;te. Les corps partout, les voix, les sons, les bruits, les flics. Je n&apos;avais pas peur. Je n&apos;avais pas faim. J&apos;ai effac&#xe9; les messages, le vendeur du t&#xe9;l&#xe9;phone m&apos;avait certifi&#xe9;e : c&apos;est encore mieux que l&apos;iphone. Il avait un sourire de d&#xe9;marcheur, ceux qui font le monde tel qu&apos;il est, mais certainement pas tel qu&apos;il sera. Quand Denis m&apos;embrasse et me caresse, tout tourne autour de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;224&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;400&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/79/91/19730/37040240.jpg&quot; alt=&quot;D&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Denis s&apos;est r&#xe9;veill&#xe9; ensuite et il &#xe9;coutait Sigur Ros. Il avait son d&#xe9;bardeur gris et son pyjama noir. Je me suis coll&#xe9;e contre lui, ses pieds &#xe9;taient chauds et il m&apos;a dit bonjour sans sourire, il regardait l&apos;&#xe9;cran de son Ipod. Je voulais lui dire que je voulais son Isexe mais que je n&apos;&#xe9;tais pas certaine qu&apos;il me donne ses Itesticules avec, que j&apos;avais envie de sentir remplir ma bouche. Elles sont assez grosses et volumineuses et j&apos;adore les s&#xe9;parer l&apos;une de l&apos;autre. Tout tourne. Et tourner avec, la langue dessus, avec. Mais finalement mon envie de sexe s&apos;est &#xe9;mouss&#xe9;e. J&apos;aurais pu lui parler du message re&#xe7;u, il n&apos;a pas demand&#xe9;, pourtant plus tard je l&apos;ai vu trouver une excuse pour prendre mon portable. Mais trop tard, le message de Robert &#xe9;tait effac&#xe9;. Compl&#xe8;tement effac&#xe9;, compl&#xe8;tement et &#xe0; jamais. Les d&#xe9;marcheurs mettaient leurs cravates, leurs gilets, leurs chaussettes noirs. Se gominaient les cheveux. Prenaient leurs voitures anciennes/neuves. Ou allaient par deux &#xe0; pieds, avec des mallettes. Ils souriaient tout le temps, faussement, mais tout le temps quand m&#xea;me. Les petites gens attendaient leur passage. Les petites gens attendaient leur secours. Ils passaient, d&#xe9;marchaient. C&apos;est ce que font les d&#xe9;marcheurs, ils d&#xe9;naturent la marche du monde. D&#xe9;marcher son amour, c&apos;est une autre des nombreuses choses que je ne sais pas tr&#xe8;s bien faire. &#xca;tre bonne &#xe0; rien, c&apos;est &#xea;tre disponible pour l&apos;univers. Je l&apos;ai compris plus tard. Disponible voire indispensable. Il faut comprendre au-del&#xe0; de la chair, au-del&#xe0; de son odeur. Son Isexe me donnait envie l&#xe0;, mais il pensait &#xe0; autre chose, il &#xe9;coutait son Ipod, ou la musique dedans. On ne sait plus tellement. Je l&apos;ai caress&#xe9;, je sais trouver son point sensible. Quand j&apos;&#xe9;tais avec J&#xe9;r&#xf4;me, j&apos;&#xe9;tais bien, m&#xea;me si lui n&apos;aimait pas trop que je lui suce les testicules qu&apos;il avait sensibles. Robert se faisait l&#xe9;cher devant moi m&#xea;me l&apos;anus, les filles faisaient semblant d&apos;aimer &#xe7;a. J&apos;ai toujours eu beaucoup d&apos;affection pour les filles &#xe9;teintes que Robert prenait devant moi. Elles &#xe9;taient comme j&apos;&#xe9;tais avant : dans les t&#xe9;n&#xe8;bres &#xe0; la recherche de quelque chose. Denis a commenc&#xe9; &#xe0; me caresser mais je n&apos;avais plus envie. Non. Je n&apos;avais plus tr&#xe8;s envie. Autant me mettre un b&#xe2;ton de dynamite dans les fesses, pour faire partir l&apos;angoisse, hein, autant aller chercher des temples en Afrique, dans les r&#xea;ves avec l&apos;Aventurier du Mal. Autant d&#xe9;marcher chez mes voisins un peu d&apos;amour, autant d&#xe9;marcher &#xe0; mon banquier un peu de compassion. Autant aller d&#xe9;marcher aupr&#xe8;s des enfants. Autant d&#xe9;coucher en attendant le retour du Ma&#xee;tre Temps. Ce salopard. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&apos;est comme &#xe7;a qu&apos;on d&#xe9;marche le week-end avec la personne qui partage votre vie. On lui caresse un peu les parties, mais on a plus envie, tr&#xe8;s vite. On a plus envie du tout. C&apos;est l&#xe0; que lui il se met &#xe0; avoir envie, l&apos;autre, il vous caresse les cuisses en &#xe9;coutant sa musique, vous emp&#xea;chant de lire le livre que vous &#xea;tes en train de lire. Finalement, vous acceptez, pour lui, pour son plaisir &#xe0; lui, m&#xea;me si c&apos;est mauvais comme tout, comme la gale, de devoir faire plaisir aux autres quand on en a pas envie. Il s&apos;est mis &#xe0; bander, et &#xe0; me l&#xe9;cher le sexe en souriant, tout en pin&#xe7;ant mes seins. Mon sang allait exploser, on aurait vu des morceaux de moi sur les murs, des morceaux de mon corps, un de mes bras arrach&#xe9; par terre. L&apos;aventurier du mal lui &#xe9;tait un d&#xe9;marcheur exceptionnel, il &#xe9;tait parti pendant plusieurs mois, d&#xe9;couvrir des temples myst&#xe9;rieux en Afrique. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;340&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;500&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/00/23/19730/37040260.jpg&quot; alt=&quot;Ouza&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;81&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;413&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/97/99/19730/37040273.jpg&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 15 Mar 2009 09:04:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les Pions d&apos;un jeu d&apos;Echec en bois</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/03/12/12903750.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/03/12/12903750.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/12903750/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2009/03/12/12903750.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&lt;img height=&quot;400&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;400&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/45/72/19730/36934464.jpg&quot; alt=&quot;21_The_Universe&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&amp;quot;Ne fais jamais rien contre ta conscience, m&#xea;me si l&apos;&#xc9;tat te le demande.&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;Albert Einstein.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne t&apos;ai jamais rien demand&#xe9;, en fin de compte.
Pas m&#xea;me de l&apos;attention. L&apos;attention c&apos;est ce que les animaux
demandent, pour les plus b&#xea;tes. Je ne suis pas ce genre de b&#xea;te-l&#xe0;.
Dans les bras de quelqu&apos;un d&apos;autre, le besoin de s&apos;enfuir est toujours
pr&#xe9;sent, mais j&apos;accepte. Structure je disais. Il faut prendre soin de
son corps. On ne le dira jamais assez. Surtout &#xe0; ces filles qui ne
mangent plus, qui veulent &#xea;tre plus maigres, parce qu&apos;elles se voient
trop grosses. Elles sont grosses de l&#xe2;chet&#xe9; peut-&#xea;tre, je l&apos;ai &#xe9;t&#xe9;, je
le suis encore. Mon p&#xe8;re pourrait le dire. Il pourrait dire tellement
de choses. Quand il palpe les seins de son amie, il pourrait parler de
la diff&#xe9;rence entre le sein de son amie et&amp;nbsp; celui de ma m&#xe8;re. Comment
&#xe9;taient ses seins ? Denis a de grandes mains, &#xe9;paisses et des doigts
longs. Des doigts qui n&apos;ont jamais travaill&#xe9; dans le b&#xe2;timent, mais
plut&#xf4;t dans le bureau du b&#xe2;timent. J&apos;aurais aim&#xe9; avoir un ouvrier, aux
&#xe9;motions simples, un ouvrier qui sent mauvais &#xe0; la fin de la journ&#xe9;e,
le b&#xe9;ton, le goudron, quelque chose. Qui regarde le foot, qui comprend
que le foot, qui n&apos;aime que le foot. Le foot est le nouveau Christ. Le
nouveau Christ mourrant. La cigarette qui fait rire, tous les ouvriers,
pas tous, tous les hommes qui ont besoin de rire dans leurs t&#xe9;n&#xe8;bres.
La sueur m&#xe9;lang&#xe9;e &#xe0; toutes ces odeurs-l&#xe0;, ses bras autour de mon cou,
sa bouche contre moi. Contre la mienne je veux dire. J&apos;aurais aim&#xe9; &#xe7;a.
Le goudron chaud, br&#xfb;lant, sur les routes, le soleil tape fort. Nous
&#xe9;tions pass&#xe9; un jour, ils tapissaient la route de goudron. Nous &#xe9;tions
repass&#xe9;s par l&#xe0; quelques mois plus tard, et il y avait du vent, en
Alsace, et de la pluie, car il pleut parfois l&#xe0;-bas, c&apos;est gris. C&apos;est
gris ici-bas en Alsace. Et le vent emportait avec lui les c&#xf4;nes
oranges, le vent emportait avec lui les bandeaux jaunes, attention
travaux, nous sommes en travaux. Pendant ce temps-l&#xe0;, les femmes
enceintes, dans les cliniques, enfantaient.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J&apos;&#xe9;tais assise dans un caf&#xe9; et j&apos;attendais qu&apos;une
femme vienne me voir. Nous avions rendez-vous. Je pensais &#xe0; mes
personnages et je me demandais s&apos;ils avaient plus de vie que moi. Moi
je leur donnais un corps, j&apos;aimais modeler leurs visages dans mon
esprit. Comme les enfants qui s&apos;inventent des amis. Cette femme
tardait, elle avait envoy&#xe9; un sms pour me dire qu&apos;elle serait en retard
et qu&apos;elle s&apos;en excusait. Je lui ai r&#xe9;pondu qu&apos;il n&apos;y avait pas de
probl&#xe8;mes, que je l&apos;attendais. Que j&apos;avais tout mon temps. Tout le
temps qu&apos;il me fallait, dans deux heures, trois heures, &#xe7;a n&apos;avait plus
du tout de sens pour moi, comme lorsque mes amies au t&#xe9;l&#xe9;phone me
demandaient : le week-end dernier, qu&apos;est-ce que tu as fait ? C&apos;&#xe9;tait
incoh&#xe9;rent, j&apos;avais envie de leur dire : &amp;quot;autant me demander ce que je
vais faire le week-end prochain, ou dans deux ans, c&apos;est la m&#xea;me chose,
&#xe7;a n&apos;a pas de sens tout &#xe7;a&amp;quot;. Adolescente, j&apos;aurais&amp;nbsp; pens&#xe9;: &amp;quot;on se fout de
notre gueule dans les hautes sph&#xe8;res&amp;quot;, mais je ne le dirai plus de
cette fa&#xe7;on aujourd&apos;hui. J&apos;ai eu le temps d&apos;&#xea;tre meurtrie &#xe0; mort
depuis. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une femme rousse avec un manteau de fourrure riait
avec sa voie suraigu&#xeb; : -&amp;quot;Non tu crois ? Ah ah ah ah, Jean-Michel a
fait &#xe7;a ? Ah ah ah ah&amp;quot;. On aurait dit parfois Janis Joplin, en plus
d&#xe9;moniaque. Le serveur regardait dans le vide, il nettoyait ici et l&#xe0;,
passait et repassait. Le pauvre gar&#xe7;on j&apos;ai pens&#xe9;. Avec son nez en
trompette et ses oreilles en chou-fleur. Un homme buvait tranquillement
un caf&#xe9; en lisant le journal, je me disais : peut-&#xea;tre va-t-il mourir
en sortant de ce caf&#xe9;. Il ne regardait personne et je faisais attention
de ne pas me faire voir en train de l&apos;observer. Je ne voulais pas
passer pour l&apos;une de ces personnes d&#xe9;pressives qui regardent les gens
dans la crainte d&apos;&#xea;tre &#xe9;pi&#xe9;e &#xe0; son tour. Je n&apos;&#xe9;tais plus comme &#xe7;a. Je
manquais de force pour cela, c&apos;&#xe9;tait fini. Beaucoup de choses mauvaises
s&apos;&#xe9;taient termin&#xe9;es en moi, mais rien n&apos;avait su prendre la place
laiss&#xe9;e vide. J&apos;attendais avec patience, de toute la patience dont
j&apos;&#xe9;tais capable, Denis n&apos;avait pas la m&#xea;me patience, il n&apos;a jamais &#xe9;t&#xe9;
patient. Bernard non plus, il manquait de patience. C&apos;&#xe9;tait terrifiant
de le voir s&apos;emporter pour une cartouche de plume vide. C&apos;&#xe9;tait un
drame, la fin du monde, c&apos;&#xe9;tait un narcissique patent&#xe9;. Moi j&apos;&#xe9;tais en
dehors du temps dans ce caf&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ensuite j&apos;ai march&#xe9; quelques instants au P&#xe8;re
Lachaise comme j&apos;aime le faire seule, la femme &#xe9;tait venue. Elle &#xe9;tait d&#xe9;sol&#xe9;e, tr&#xe8;s rapidement
d&#xe9;sol&#xe9;e. Je lui ai fait le plus grand des sourires. Je me suis sentie hypocrite, &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de mes chaussures. Elle voulait me
parler de mon fr&#xe8;re &#xe0; qui elle &#xe9;tait mari&#xe9;e. Pour lui c&apos;&#xe9;tait comme
pour moi, difficile d&apos;en parler. Les cases vides certainement, qui
n&apos;avaient pas su se remplir. Le destin est une salope patent&#xe9;e.
Parfois, je me disais que ce n&apos;&#xe9;tait pas mon fr&#xe8;re, malgr&#xe9; les liens du
sang, les liens du sang ne font rien, presque rien, ils attachent les
corps les uns aux autres, les liens du sang ne font rien, on est que
des objets avec les liens du sang, et on en est fier la plupart du
temps, ce qui est assez path&#xe9;tique il faut l&apos;avouer. &lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce fr&#xe8;re, je le connaissais pas. Je l&apos;aurais
rencontr&#xe9; dans la rue il y a trois ans je n&apos;aurais pas su qu&apos;il avait
&#xe9;t&#xe9; le premier de ma m&#xe8;re. Ma m&#xe8;re qui avait toujours souhait&#xe9; ne pas
l&apos;avoir avec elle. &lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais j&apos;avais appris &#xe0; contr&#xf4;ler ma douleur, celle que j&apos;ai dans le sang, la plupart du temps. Elle
est devenue avec le temps non plus le moteur contre lequel je me
battais, et avec lequel j&apos;avan&#xe7;ais. Elle est devenue une compagne
certes embarrassante, et encombrante, ind&#xe9;sirable, mais je n&apos;avance
plus gr&#xe2;ce &#xe0; elle, et je ne m&apos;affronte plus &#xe0; elle, j&apos;avais perdue
toutes les batailles. J&apos;ai cess&#xe9; tout cela sans l&apos;avoir vraiment souhait&#xe9;. Les pi&#xe8;ces se sont mises en place sans que je le veuille v&#xe9;ritablement, sans que je m&apos;y attende. C&apos;est un peu la magie de la glace lorsqu&apos;elle se forme, elle peut avoir une vie, un souffle, une volont&#xe9;, l&apos;illusion de la volont&#xe9;. Cette femme m&apos;avait parl&#xe9; de choses, et je repensais &#xe0; ces choses, au milieu des tombes. Je ne devrais pas visiter les cimeti&#xe8;res. Pourquoi ? Parce que je m&apos;y sens trop bien. Et que c&apos;est certainement anormal. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne lui ai jamais rien demand&#xe9;, pas m&#xea;me de l&apos;affection. Non ce n&apos;est pas stupide de demander de l&apos;affection. Non. J&apos;en ai parl&#xe9; &#xe0; Philippe, je lui ai dit une v&#xe9;rit&#xe9; connue de tous : tout le monde a besoin d&apos;amour et d&apos;affection. Je voulais dire : &amp;quot;tout ce qui est vivant&amp;quot;. Mais en disant cela, dans un m&#xea;me temps, j&apos;ai ressenti cette chose &#xe9;trange. Qui me faisait croire que je n&apos;&#xe9;tais pas faite pour &#xe7;a. Et cela me provoquait autant de soulagement (enfin, de savoir), que de tristesse (savoir ne pas &#xea;tre fait pour une chose, mais pourquoi donc sommes-nous faits ?). J&apos;ai compris plus tard qu&apos;il fallait juste que je garde la t&#xea;te froide. Comme l&apos;esprit de la glace lorsqu&apos;elle se forme, sa volont&#xe9; est magique. C&apos;est certainement anormal. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;411&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;571&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/31/89/19730/36934476.jpg&quot; alt=&quot;chaque_flocon_de_neige_est_unique&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;81&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;413&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/88/12/19730/36934471.jpg&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 12 Mar 2009 05:26:00 GMT</pubDate></item><item><title>Elevation </title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/03/08/12868245.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/03/08/12868245.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/12868245/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2009/03/08/12868245.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;332&quot; alt=&quot;untitled&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/40/85/19730/36764236.jpg&quot; width=&quot;274&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&amp;quot;C&apos;&#xe9;tait le croque-mitaine ?&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) dans &lt;em&gt;Halloween&lt;/em&gt; de John Carpenter.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je lui ai dit : tu te souviens de ton besoin d&apos;enfant ? Je tenais son visage entre mes mains, j&apos;essuyais avec mes pouces ses larmes naissantes. Il est sensible, de plus en plus &#xe9;motif, de plus en plus touch&#xe9;, de plus en plus marqu&#xe9;. Par les choses. Qui lui arrivent, les sentiments nouveaux qu&apos;il ressent, cette r&#xe9;volution en 365 jours, bient&#xf4;t 474. Ton besoin d&apos;enfant, il aurait pu le comprendre de travers. On pourrait le comprendre de travers, les hommes ne font pas seulement des enfants, ils couchent avec eux, c&apos;est un fait. Mais pas lui. J&apos;ignore si je l&apos;aurais aim&#xe9; de la m&#xea;me fa&#xe7;on s&apos;il avait couch&#xe9; avec des enfants. Comme vos maris. Vos amis. Vos p&#xe8;res. Vos fr&#xe8;res. J&apos;ai d&#xe9;j&#xe0; aim&#xe9; un homme qui avait couch&#xe9; avec des enfants, pendant longtemps, pendant au moins 825 jours, il me l&apos;a cach&#xe9;. Je ne lui avais jamais rien demand&#xe9; au sujet de sa sexualit&#xe9;, &#xe0; ce niveau-l&#xe0;, on ne demande pas. Aux inconnus leurs pr&#xe9;f&#xe9;rences. On se contente de les caresser &#xe0; la rigueur. Ou de mettre le doigt dans leur blessure au niveau du flanc. Pour voir si du volvic en jaillit. C&apos;&#xe9;tait une belle journ&#xe9;e ou pas, je ne sais plus, le jour o&#xf9; j&apos;ai appris. Mais Denis n&apos;est pas comme &#xe7;a. Il m&apos;a souvent dit dans des jours de col&#xe8;re que si j&apos;&#xe9;tais un homme, depuis longtemps qu&apos;il m&apos;aurait mis mon poing sur la figure. Je lui rappelle &#xe0; l&apos;occasion qu&apos;il l&apos;a fait une fois, ensuite je m&apos;en veux de ressortir &#xe7;a sur le tapis, ce n&apos;est pas intelligent. Mais j&apos;oublie. Il &#xe9;tait content d&apos;&#xea;tre revenu &#xe0; la maison, il m&apos;avait un peu fait croire qu&apos;il &#xe9;tait en train de voir quelqu&apos;un, je lui avais dit : tr&#xe8;s bien. Tu es heureux au moins ? Mon optimisme l&apos;&#xe9;nervait dans notre s&#xe9;paration. J&apos;&#xe9;nervais les gens autrefois par mon pessimisme, c&apos;&#xe9;tait une pathologie, c&apos;&#xe9;tait pathologique. Je lui ai dit : tu te souviens de ton besoin d&apos;avoir un enfant ? J&apos;aurais d&#xfb; le dire comme &#xe7;a. Je ne pouvais pas parler correctement, les atteints de logorrh&#xe9;e les pauvres sont bien handicap&#xe9;s, je ne vous raconte pas le bordel. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&apos;est entre mes mains que je tenais sa face. Sa face d&apos;homme. Je suis trop jeune pour &#xea;tre vieille et trop vieille pour &#xea;tre jeune. A l&apos;int&#xe9;rieur. C&apos;est trop dur d&apos;&#xea;tre sans &#xe2;ge, sans sexe, il y a des interf&#xe9;rences avec le corps, qui refuse. J&apos;ai pourtant des chaussures propres pour la fin du monde, demain. Mes pouces essuyaient ses larmes. Je me disais : j&apos;aime son visage comme j&apos;aime ceux des enfants, mais ceux des autres. Je n&apos;ai jamais eu d&apos;enfants, je ne suis jamais tomb&#xe9;e enceinte, je n&apos;ai jamais avort&#xe9;, si j&apos;aurais avort&#xe9;, je ne sais pas comment je l&apos;aurais support&#xe9;, bien sans doute, tr&#xe8;s bien m&#xea;me. Au Diable l&apos;amour, au diable le p&#xe8;re, l&apos;amour avec le p&#xe8;re, et les chaussures propres. Au Diable la mer. De larmes. Elles naissaient, elles &#xe9;taient belles, elles &#xe9;taient transparentes. Lorsqu&apos;elles coulent le long du nez, et qu&apos;elles pendent au bout, elles prennent une couleur blanch&#xe2;tre d&#xe9;go&#xfb;tante. Il &#xe9;tait tout fragile, tout lui-m&#xea;me, entre mes mains, il &#xe9;tait comme un pantin finalement, mais sans les fils, et je ne jouais pas au ventriloque, je n&apos;ai jamais aim&#xe9; diriger. Je ne suis pas faite pour &#xe7;a. C&apos;&#xe9;tait autrefois sa t&#xea;te contre mes seins, qui le r&#xe9;confortait, &#xe7;a oui &#xe7;a r&#xe9;conforterait n&apos;importe quel b&#xe9;b&#xe9; du monde. Et dans le monde, il y a beaucoup de fant&#xf4;mes et beaucoup de b&#xe9;b&#xe9;s. Et beaucoup de fant&#xf4;mes de b&#xe9;b&#xe9;s, aussi. J&apos;oubliais. Le caresser, tendrement, le regarder, lui parler, en murmures, &#xe7;a l&apos;apaisait moi je trouvais &#xe7;a angoissant. Je n&apos;osais pas lui dire. Je n&apos;ose plus lui dire grand chose de ce qui se passe au fond de moi, et je crois que je me comporte de la sorte avec tout le monde. C&apos;est peut-&#xea;tre pour mon bien, instinctivement peut-&#xea;tre que je le vois ainsi. C&apos;est peut-&#xea;tre pour me sauver moi-m&#xea;me, ou peut-&#xea;tre que c&apos;est une m&#xe9;thode pour organiser le chaos qui &#xe9;tait de rigueur avant, &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur. On voit une structure maintenant, h&#xe9;las. Ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce n&apos;est pas comme si j&apos;allais finir vieille dame &#xe0; une procession de toute fa&#xe7;on. Je lui ai dit : tu te souviens n&apos;est-ce pas, de cette obsession que tu avais ? Tu voulais faire un enfant &#xe0; tout prix. C&apos;&#xe9;tait de plus en plus &#xe9;touffant pour moi &#xe0; l&apos;&#xe9;poque et je me laissais &#xe9;touffer. Tu t&apos;en souviens. Il a fait oui avec son visage. Il est un peu d&#xe9;prim&#xe9;, &#xe0; son travail il a eu des remarques de ses coll&#xe8;gues et de son sup&#xe9;rieur, il n&apos;en a qu&apos;un, le grand patron. Des remarques depuis notre s&#xe9;paration. Il &#xe9;tait heureux de revenir &#xe0; la maison. Je ne sais pas si j&apos;&#xe9;tais heureuse mais j&apos;ai mis ces bougies parfumantes un peu partout, j&apos;ai pr&#xe9;par&#xe9; quelque chose qu&apos;il aime. Comme un militaire. Mon esprit s&apos;est consid&#xe9;rablement militaris&#xe9; ces vingt-quatre derniers mois. Qui sont pass&#xe9;s comme quatre jours. Four days. Il a pleur&#xe9; de joie je suppose, c&apos;&#xe9;tait des larmes de quoi ? De soulagement ? Il s&apos;&#xe9;tait dit quoi ? Dans son tr&#xe9;fonds, il s&apos;&#xe9;tait dit : &amp;quot;elle veut de moi &#xe0; nouveau, je ne finirai pas seul&amp;quot;, ou &amp;quot;elle m&apos;aime encore un peu&amp;quot;, ou &amp;quot;elle m&apos;a pardonn&#xe9;&amp;quot;. Bien s&#xfb;r que je t&apos;ai pardonn&#xe9;. Tu sais bien que je ne suis pas catholique, que je pardonne facilement. Mes mains sur son visage rougit par le rel&#xe2;chement, et la frustration retomb&#xe9;e. La fatigue partait dans ses larmes, la peur aussi. Il &#xe9;tait revenu dans son espace, et il aimait &#xe7;a apparemment, il aimait m&apos;embrasser et rester contre moi, et moi j&apos;avais qu&apos;une id&#xe9;e en t&#xea;te, me servir un verre de whisky, moi qui ne bois jamais ou presque jamais. Je t&apos;ai pardonn&#xe9; depuis longtemps, d&apos;ailleurs ce n&apos;est pas ta petite escapade sexuelle qui m&apos;a pouss&#xe9; &#xe0; te demander de partir un temps. C&apos;&#xe9;tait le fait que tu ne l&apos;assumais pas. Je lui ai dit &#xe7;a aussi. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&apos;&#xe9;tait comme un enfant qui r&#xe9;clamait la v&#xe9;rit&#xe9;. La v&#xe9;rit&#xe9; du moment, c&apos;&#xe9;tait son visage rouge et l&apos;&#xe9;motion qui coulait dans son sang. Chose que je pouvais appr&#xe9;cier, j&apos;appr&#xe9;cie de plus en plus les instants pr&#xe9;sents. En partie j&apos;ai re&#xe7;u une partie de la v&#xe9;rit&#xe9;. C&apos;&#xe9;tait un jour o&#xf9; j&apos;&#xe9;tais seule, comme une chatte &#xe0; la maison, et j&apos;avais pris des champignons hallucinatoires pour planer toute seule, parce que j&apos;&#xe9;tais malheureuse et que je voulais oublier que je l&apos;&#xe9;tais. Et j&apos;ai eu des visions, forc&#xe9;ment, et ces visions &#xe9;taient proph&#xe9;tiques. Souvent ces images je les revois, j&apos;y repense, alors que je suis en train de refaire quelque chose, trier le linge sale, t&#xe9;l&#xe9;phoner &#xe0; mon p&#xe8;re, &#xe9;crire &#xe0; mes fr&#xe8;res, penser &#xe0; poster les lettres ensuite. Ce f&#xfb;t mon probl&#xe8;me pendant des ann&#xe9;es, comme une demande faite &#xe0; l&apos;avenir, j&apos;&#xe9;crivais des lettres &#xe0; personne que je ne postais pas. Comme des lettres &#xe0; moi-m&#xea;me, pour me sauver en cirant mes chaussures, &#xea;tre assur&#xe9;e d&apos;&#xea;tre impeccable et pr&#xea;te &#xe0; l&apos;heure et au moment venue. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ted, un ami am&#xe9;ricain de Denis, a vu la Vierge Marie plusieurs fois. Denis, son visage entre mes mains, comme je l&apos;ai racont&#xe9; plusieurs fois, n&apos;est pas le genre d&apos;hommes &#xe0; voir la Vierge Marie, ni m&#xea;me &#xe0; voir&amp;nbsp; un vortex sur le plafond de sa chambre, comme je l&apos;ai vu, et comme moi j&apos;ai entendu la voix qui en provenait, et ce n&apos;&#xe9;tait pas la voix de Dieu. Il y avait cet homme allong&#xe9; &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de moi, il avait quelque chose d&apos;anormal mais j&apos;ignorais quoi. Ce n&apos;&#xe9;tait pas non plus la voix du Diable que j&apos;ai entendu sortir du vortex, c&apos;&#xe9;tait certainement un &#xea;tre qui &#xe9;tait entre les deux, je m&apos;&#xe9;tais masturb&#xe9;e quelques heures plus tard, le trip fini, parce que j&apos;avais ressenti le besoin de me sentir en vie, et la masturbation c&apos;est le meilleur moyen de se sentir vivant lorsqu&apos;on se sent seule. J&apos;ai pardonn&#xe9;, j&apos;ai tout pardonn&#xe9; &#xe0; tout le monde, le coeur n&apos;est plus dans le pr&#xe9;sent, il est ailleurs. Ted a vu la Vierge Marie la premi&#xe8;re fois alors qu&apos;il &#xe9;tait dans sa cuisine, sa m&#xe8;re venait de mourir, il avait repris de chez elle un crucifix qu&apos;il avait accroch&#xe9; dans sa cuisine donc. Elle &#xe9;tait lumineuse et lui souriait. La Vierge n&apos;a rien dit mais il a compris quelque chose ce jour-l&#xe0; -selon lui. Denis n&apos;est pas le genre d&apos;hommes &#xe0; voir ce genre de choses parce qu&apos;il est le genre d&apos;hommes &#xe0; avoir envie de faire des enfants qui n&apos;existeront jamais. Pas dans cette vie-l&#xe0;. Je lui tenais le visage comme je l&apos;avais fait des milliers de fois avant, dans des &#xe9;tats de jouissance et de peine semblables, et ce jour-l&#xe0;, cette fois-l&#xe0;, c&apos;&#xe9;tait comme la toute premi&#xe8;re fois, c&apos;&#xe9;tait magique. Parfois lorsque je suis &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de lui dans le lit, je regarde le plafond et je le revois encore une fois se dilater. J&apos;ai racont&#xe9; cela &#xe0; une amie stupide, elle m&apos;a dit : tu es comme Donnie Darko. J&apos;ai demand&#xe9; : qui est-ce ? Alors que je savais tr&#xe8;s bien qui &#xe9;tait Donnie Darko, c&apos;&#xe9;tait un personnage de fiction. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ted a vu la Vierge Marie alors qu&apos;il &#xe9;tait dans sa voiture, un jour de pluie, dans le New Jersey, et elle lui a &#xe9;vit&#xe9; de faire un accident &#xe0; une intersection. Il a cess&#xe9; de pleurer, il m&apos;a embrass&#xe9;e. Je lui ai tout pardonn&#xe9;, parce que je ne suis pas catholique. Et que j&apos;ai de l&apos;amour encore &#xe0; lui donner. Je crois. Peut-&#xea;tre. On verra. Si la lumi&#xe8;re est assez forte. Mais pour combien de temps ? Encore combien de temps avant que Madame Amertume ne se d&#xe9;voile ? Il n&apos;a pas reparl&#xe9; de son besoin d&apos;enfant, alors que je l&apos;avais incit&#xe9; &#xe0; le faire, il a eu peur que cela me fasse peur et je ne veux pas vivre dans ce genre de peurs. Je ne trouve pas cela utile, il existe tellement de forces qui provoquent des remouds artificiels pour effrayer le monde et le secouer un petit peu, pour le faire avancer dans un chemin cahoteux que je ne veux pas m&apos;en rajouter davantage, je ne peux pas en rajouter, c&apos;est au-del&#xe0; de mes forces, et j&apos;ai tout pardonn&#xe9;, tout pardonn&#xe9;, &#xe0; tout le monde d&apos;ailleurs, parce que j&apos;ai de l&apos;amour en moi encore et que je ne suis pas chr&#xe9;tienne. De toute fa&#xe7;on sa peau est rest&#xe9;e douce malgr&#xe9; la quarantaine (pas cette quarantaine-l&#xe0;, pas ce virus-l&#xe0;), il est plus beau qu&apos;il ne l&apos;a jamais &#xe9;t&#xe9;, m&#xea;me si la quarantaine lui est tomb&#xe9;e dessus d&apos;un coup, l&apos;ass&#xe9;chant par couches, mais moi je m&apos;en fiche parce que je sais que je ne finirai pas vieille dame &#xe0; une procession.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;De toute fa&#xe7;on.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;450&quot; alt=&quot;Procession_Petit_Dour&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/76/41/19730/36764226_p.jpg&quot; width=&quot;303&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;81&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/43/84/19730/36764191.jpg&quot; width=&quot;413&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 08 Mar 2009 09:28:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le Business de la psychologie animale</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/01/04/11961599.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2009/01/04/11961599.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11961599/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2009/01/04/11961599.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;212&quot; alt=&quot;galerie_art_12_3&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/40/44/19730/34325102_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me disais en regardant Thierry embrasser V&#xe9;ronique que peut-&#xea;tre un jour, j&apos;arriverais &#xe0; &#xea;tre avec eux, et aussi avec les autres qu&apos;ils connaissaient &#xe0; cette soir&#xe9;e. Ma plus grande difficult&#xe9; dans la vie f&#xfb;t de me r&#xe9;veiller, pallier par pallier, afin de pouvoir appr&#xe9;cier la chaleur intense du soleil t&#xf4;t le matin. Mais le soleil est meurtrier et le sera de plus en plus. Je le sais. Je le sens. Je ne peux pas mentir &#xe0; ce sujet. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;V&#xe9;ronique fermait les yeux et ses paupi&#xe8;res sup&#xe9;rieures tremblaient. Elle devait r&#xe9;vulser ses yeux avec m&#xea;me les paupi&#xe8;res ferm&#xe9;es. Ce que j&apos;ai trouv&#xe9; inqui&#xe9;tant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fatia avait mis un dvd de Florence Foresti, sur la jaquette, Florence est avec un chien, son chien. J&apos;ai re&#xe7;u un message de Denis &#xe0; ce moment-l&#xe0;, o&#xf9; il me souhaitait la bonne ann&#xe9;e, et me disait &amp;quot;je t&apos;aime&amp;quot;. Il avait appel&#xe9; trois ou quatre fois mais j&apos;avais bloqu&#xe9; tous les appels. Mon p&#xe8;re a appel&#xe9;, lui je l&apos;ai pris, lui je l&apos;ai entendu. Il &#xe9;tait entour&#xe9; de gens &#xe0; des centaines de kilom&#xe8;tres de l&#xe0;. Des centaines de kilom&#xe8;tres de moi, je me sentais plus que jamais, le fruit de sa chair. Et lui me paternait de plus en plus dans la bonne voie, les p&#xe8;res continuent de l&apos;&#xea;tre une fois les enfants adultes, les enfants adultes oui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai dit &#xe0; Rachida que Patrick, son homme, &#xe9;tait bourr&#xe9;. Que dehors il faisait froid mais qu&apos;il n&apos;y avait pas de neige. Mon fr&#xe8;re retrouv&#xe9; je ne lui parle plus. J&apos;ai peur de l&apos;entendre, de le voir. J&apos;ai la peur qui me noue les visc&#xe8;res quand je pense &#xe0; lui. Il le sait. Cette distance que j&apos;ai prise, il m&apos;a dit qu&apos;il la comprenait. Que c&apos;&#xe9;tait difficile aussi pour lui en ce moment. Pour sa femme &#xe9;galement. Qu&apos;on &#xe9;tait encore des &#xe9;trangers l&apos;un pour l&apos;autre. Mon fr&#xe8;re, Thomas, n&apos;est pas habitu&#xe9; &#xe0; lui t&#xe9;l&#xe9;phoner. Il ne lui a t&#xe9;l&#xe9;phon&#xe9; qu&apos;une fois. Valentin s&apos;est fait &#xe0; l&apos;id&#xe9;e que Thomas ne voudra probablement jamais lui parler. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le couloir des jeunes hommes d&#xe9;guis&#xe9;s sont pass&#xe9;s en trombe. J&apos;ai failli manquer une marche. Elles &#xe9;taient en marbre, ou en quelque chose de dur. Ce n&apos;&#xe9;tait pas du b&#xe9;ton arm&#xe9;. Des centaines de gens ont &#xe9;t&#xe9; tu&#xe9;s. Aux informations, je regardais &#xe7;a en mangeant un sandwich. On voyait des femmes et des hommes, des palestiniens g&#xe9;mir sur les routes et le cam&#xe9;raman passait de l&apos;un &#xe0; l&apos;autre, comme avec une steadycam, c&apos;&#xe9;tait tr&#xe8;s fluide. Tr&#xe8;s fluide et j&apos;ai eu mal au coeur. Peut-&#xea;tre le go&#xfb;t de la l&#xe2;chet&#xe9; qui passait. Peut-&#xea;tre habitu&#xe9;e &#xe0; l&apos;air du temps le mal de coeur est vite pass&#xe9;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les grands d&#xe9;fenseurs de la vie ont perdu de leur vitalit&#xe9;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Denis est venu et nous nous sommes enlac&#xe9;s longtemps, sur le canap&#xe9; et ensuite, une chose en entra&#xee;nant une autre. J&apos;ai pass&#xe9; mes mains sous son pull. J&apos;ai ouvert son pantalon, arrach&#xe9; la ceinture. J&apos;ai baiss&#xe9; son slip blanc. Tiens, il met des slips blancs maintenant ? Ses yeux sont fatigu&#xe9;s, ses yeux sont rid&#xe9;s. Sa lumi&#xe8;re dans les pupilles ne brillent plus autant qu&apos;avant. Il est &#xe9;reint&#xe9;, la crise de la quarantaine bien entam&#xe9;e, il passait ses mains sur mes seins, peut-&#xea;tre pour lui rappeler qu&apos;ils &#xe9;taient &#xe0; lui. Il faisait sombre dans l&apos;appartement. Seules des veilleuses pour nous garder de faire cela sans pr&#xe9;servatif car je ne prends plus la pilule depuis son d&#xe9;part. C&apos;est chiant la pilule. Il a longtemps, tr&#xe8;s longtemps, jou&#xe9; de sa langue sur mon sexe qui s&apos;ouvrait comme une rose, pallier par pallier. Le d&#xe9;sir coulait dans mon &#xe2;me comme de l&apos;eau dans un tuyau d&apos;arrosage. Oui, il y avait cette ampleur pompeuse dans nos actes. Dans le moment. Je n&apos;ai pas cherch&#xe9; &#xe0; lutter contre. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je repensais aux bouches de Thierry et V&#xe9;ronique. Rachida &#xe9;tait l&#xe0;, pas la vedette de la politique, mon amie. Valentin a quand m&#xea;me envoy&#xe9; un message sur mon portable. Valentin je pr&#xe9;f&#xe8;re ne plus le voir. Je pensais &#xe0; lui quand Denis d&#xe9;gustait mon sexe. Et je pensais aux bouches de Thierry et V&#xe9;ronique. Une de ses amies &#xe0; V&#xe9;ronique, homosexuelle, tr&#xe8;s jolie, disait : c&apos;est tellement mieux sans les hommes. Et je recevais en m&#xea;me temps le message de Denis, pour la bonne ann&#xe9;e. Tout cela. Tout ce travail. C&apos;est tellement mieux sans les hommes, &#xe7;a c&apos;est vrai mais je dirais m&#xea;me plus, je dirais que c&apos;est tellement mieux sans les hommes et sans les femmes. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les palestiniens ont une fa&#xe7;on t&#xe9;l&#xe9;g&#xe9;nique de souffrir et les Isra&#xeb;liens ont une fa&#xe7;on t&#xe9;l&#xe9;g&#xe9;nique de l&#xe9;gitimer leur propre souffrance. Comment un couple Palestino-Isra&#xeb;lien fait-il dans sa cuisine pour ne pas s&apos;envoyer des patates chaudes dans la gueule, pousse- toi donc de mon chemin dit la femme palestinienne, tu encombres mon territoire pr&#xe8;s de l&apos;&#xe9;vier. Le mari lui r&#xe9;torque : non ce bout de terrain est &#xe0; moi femme, Denis a fini par me p&#xe9;n&#xe9;trer, je le su&#xe7;ais depuis longtemps et il mouillait, il ne voulait pas jouir dans ma bouche et sur mon visage tout de suite. Il avait envie de retenir. Pour lui, &#xe7;a n&apos;a jamais &#xe9;t&#xe9; un manque de respect comme avec d&apos;autres hommes. Lui, il &#xe9;jacule sur le visage et dans la bouche par amour et cela se sent, sinon il ne le fait pas. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les femmes &#xe0; terre avaient des voiles. Et les hommes des barbes. Et les gens dans la rue &#xe9;taient contents, mais moins que l&apos;ann&#xe9;e pass&#xe9;e, je m&apos;en souvenais. Je ne m&apos;en souviens plus tr&#xe8;s bien &#xe0; pr&#xe9;sent. J&apos;ai l&apos;air d&apos;appartenir au vivant. C&apos;est d&#xe9;j&#xe0; &#xe7;a.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J&apos;ai rappel&#xe9; mon p&#xe8;re qui &#xe9;crivait une lettre &#xe0; mon fr&#xe8;re Thomas. Une lettre &#xe0; coeur ouvert, avec des paragraphes, pour bien a&#xe9;rer le texte, il faut penser, un tout petit peu, &#xe0; ceux qui lisent quand m&#xea;me. C&apos;est dur de se faire comprendre, de communiquer sinon. &lt;br /&gt;Mon p&#xe8;re a demand&#xe9; si je souhaitais lui transmettre un message et j&apos;ai pens&#xe9; : &amp;quot;oui, dis-lui que c&apos;est un sale con&amp;quot; et j&apos;ai dit : &amp;quot;oui, embrasse-le tr&#xe8;s fort pour moi et dis-lui de me donner de ses nouvelles&amp;quot;. Quand j&apos;ai pens&#xe9; sale con, j&apos;ai entendu Carla Bruni &#xe0; la radio, parler avec sa voix &#xe9;trange, comme si elle manquait de souffle. Elle doit faire de l&apos;asthme ou quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ses caresses &#xe9;taient comme une explosion &#xe0; Gaza. Des femmes avec des voiles par terre qui g&#xe9;missent et la cam&#xe9;ra qui va d&apos;une victime &#xe0; l&apos;autre. Elles bougent au ralenti. Aucune pudeur, tout &#xe7;a pour qu&apos;on puisse le savoir ici avec nos sandwichs. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En m&#xea;me temps, la pudeur quand on s&apos;entretue sans savoir se parler. S&apos;&#xe9;couter. Trop d&apos;histoires, trop de douleurs s&#xe9;parent les deux territoires, c&apos;est bien pour cela qu&apos;il d&#xe9;gustait mon sexe avec lenteur et ardeur. C&apos;&#xe9;tait fort. C&apos;&#xe9;tait comme de l&apos;eau en puissance dans un tuyau d&apos;arrosage. Le d&#xe9;sir. La sensation. Je n&apos;aime pas l&apos;abandon, m&#xea;me de soi, dommage pour moi. Bonne ann&#xe9;e Nicolas, j&apos;esp&#xe8;re que tu vas bien. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le message de Valentin &#xe9;tait taciturne. Avec l&apos;habitude, m&#xea;me derri&#xe8;re des mots aussi neutres que &amp;quot;tr&#xe8;s bonne ann&#xe9;e 2009 et que les meilleures choses t&apos;arrivent&amp;quot;, on sent la g&#xea;ne, ou l&apos;hypocrisie, ou alors la tristesse, ou quelque chose. On sent derri&#xe8;re les mots. Les yeux. On sent qu&apos;il y autre chose. On ne s&apos;arr&#xea;te pas &#xe0; la premi&#xe8;re fronti&#xe8;re de l&apos;apparence. L&apos;esprit va plus loin. L&apos;esprit va plus loin que sa bouche d&#xe9;vorant mes l&#xe8;vres gorg&#xe9;es de sang. Bien s&#xfb;r, l&apos;esprit va plus loin, plus loin que la fin d&apos;une relation amoureuse. L&apos;esprit va bien plus que les fus&#xe9;es. Tous les types de propulsion, m&#xea;me la MHD. Et on sent derri&#xe8;re les yeux. Que c&apos;est un monde diff&#xe9;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Que j&apos;aime voir le monde souffrir, et demander de la souffrance en plus, s&apos;injecter sa dose, que j&apos;aimais faire pareil avant. Cela m&apos;est pass&#xe9;. J&apos;ai r&#xe9;sist&#xe9;, en quelque sorte. De momie je suis pass&#xe9;e Nymphe. Je ne l&apos;ai pas souhait&#xe9;. Ce sont ainsi que les choses se sont pass&#xe9;es. Elles auraient pu se passer autrement. J&apos;ai vu qu&apos;il y avait un monde diff&#xe9;rent derri&#xe8;re ses yeux, son visage. Et sa bouche sur mon entrejambe. Je mettais mes jambes autour de sa t&#xea;te, comme souvent et comme il aime que je le fasse. Si nous couchons encore ensemble, bien que s&#xe9;par&#xe9;s, c&apos;est que c&apos;est peut-&#xea;tre bon signe. Elodie m&apos;a dit : &amp;quot;tu le vis tr&#xe8;s bien, moi je serais d&#xe9;vast&#xe9;e si je devais me s&#xe9;parer de Lo&#xef;c&amp;quot;. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le business de la psychologie animale.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais bien s&#xfb;r que non. En r&#xe9;alit&#xe9;, tu n&apos;en sais rien. Attends que cela t&apos;arrive. Attends encore un peu. Avec de la chance, tu verras que finalement, tu encaisses mieux que tu ne l&apos;aurais imagin&#xe9;. Finalement, tout s&apos;est bien termin&#xe9;. On va se dire &#xe7;a. Il faut se dire &#xe7;a. La p&#xe9;n&#xe9;tration &#xe9;tait chaude aussi et d&#xe9;licieuse, et ensuite plus loin, beaucoup plus loin dans le temps, je l&apos;ai regard&#xe9; dormir, quand je pense qu&apos;&#xe0; de nombreuses reprises, j&apos;aurais pu lui briser la nuque entre mes cuisses.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je le caressais il dormait, cherchait ma compagnie. Je le caressais en me disant : &#xe7;a, ce sont ses doigts. Epais, longs, et forts. J&apos;aimais ses doigts dans ma fente autrefois. Dans les nerfs de mon cœur, moins. Apr&#xe8;s tout je suis encore jeune, encore tr&#xe8;s jeune, j&apos;ai le temps de voir venir. J&apos;ai le temps de voir passer. On a le temps de voir mourir et repasser. D&apos;autres frappes et d&apos;autres cam&#xe9;ras avides peuvent arriver. Demain, apr&#xe8;s-demain. On verra bien. S&apos;il y a un apr&#xe8;s-demain. Tu n&apos;en doutes pas, n&apos;en doute pas une seconde. Il dort comme un b&#xe9;b&#xe9;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;&#xe9;tais plut&#xf4;t bien et heureuse d&apos;&#xea;tre seule &#xe0; ce jour de l&apos;an et j&apos;en &#xe9;tais presque g&#xea;n&#xe9;e. J&apos;ai profit&#xe9; des victuailles et j&apos;ai bien dormi ensuite. J&apos;ai fait des r&#xea;ves. J&apos;&#xe9;tais sur le Titanic, il faisait nuit et le Titanic coulait. Je tombais &#xe0; l&apos;eau avec des centaines d&apos;autres personnes. Des alligators arrivaient pour nous d&#xe9;vorer mais j&apos;&#xe9;tais confiante, pas du tout terroris&#xe9;e. Je donnais un coup de poing dans la m&#xe2;choire d&apos;un alligator et ensuite je remontais sur une barque. Je voyais ensuite l&apos;immense Titanic couler pour de bon. Nous cherchions notre chemin sur l&apos;eau en pleine nuit. Les gens pleuraient leurs morts. Ceux qui avaient surv&#xe9;cu avec moi dans la barque. Le ciel petit &#xe0; petit s&apos;illuminaient d&apos;&#xe9;toiles. Des &#xe9;toiles merveilleuses. Celui qui ramait disait : ce n&apos;est pas normal. Elles apparaissent seulement comme &#xe7;a ? Maintenant ? Ne sont-elles pas en retard ? Il me regardait. Nous arrivions sur la terre ferme. Dans le r&#xea;ve, une ellipse ultra-rapide de plusieurs mois m&apos;indiquait que j&apos;&#xe9;tais retourn&#xe9;e &#xe0; l&apos;universit&#xe9;. L&apos;un de mes profs &#xe9;tait mon oncle. Nous nous entendions bien. Notre pass&#xe9; n&apos;influen&#xe7;ait en rien nos relations actuelles. J&apos;avais rendez-vous avec lui dans un caf&#xe9; mais c&apos;&#xe9;tait devenu une sorte de restaurant. Il me disait que notre relation devait rester secr&#xe8;te. Je lui disais : elle l&apos;est. Le serveur venait nous apporter des p&#xe2;tisseries d&#xe9;licieuses et je me r&#xe9;galais. Encore et encore, c&apos;&#xe9;tait vraiment un bonheur que de go&#xfb;ter &#xe0; toutes sortes de p&#xe2;tisseries plus belles les unes que les autres. &lt;br /&gt;Mon oncle me disait ensuite qu&apos;il devait partir pendant plusieurs mois, pour d&#xe9;couvrir des temples en Afrique. Des temples de la plus haute importance. Je lui disais : &amp;quot;mais ce qu&apos;on fait ensemble, &#xe7;a ne t&apos;enl&#xe8;ve pas le droit de d&#xe9;couvrir de nouvelles choses ?&amp;quot; Et lui de me r&#xe9;pondre : &amp;quot;non&amp;quot;. Nous nous enlacions de mani&#xe8;re tr&#xe8;s tendre. Pas du tout sexuelle et passionn&#xe9;e, tr&#xe8;s pos&#xe9;e, tr&#xe8;s tendre, tr&#xe8;s lente, tr&#xe8;s attentionn&#xe9;e. On se touchait &#xe0; peine. Il partait. &lt;br /&gt;Je me r&#xe9;veillais dans mon appartement. Je voyais mon r&#xe9;veil qui projette l&apos;heure sur le plafond, je le d&#xe9;teste ce r&#xe9;veil d&apos;ailleurs. L&apos;heure &#xe9;tait 23 H 43. Dans le noir je traversais le salon et j&apos;allais boire de l&apos;eau dans la cuisine. Mon portable sur la table s&apos;illuminait. C&apos;&#xe9;tait Denis. Je ne d&#xe9;crochais pas. Et l&#xe0; ouvrais les yeux pour me r&#xe9;veiller vraiment. &lt;br /&gt;Quinze minutes plus tard, Denis m&apos;appelait. Je voyais mon portable avec son nom dessus. J&apos;avais envie de ne pas d&#xe9;crocher. Comme je l&apos;avais fait dans le r&#xea;ve, je l&apos;avais ignor&#xe9; son appel. J&apos;ai d&#xe9;croch&#xe9;. &lt;br /&gt;- Bonjour et bonne ann&#xe9;e ma puce, je voulais te r&#xe9;veiller pour t&apos;embrasser. Je souriais tristement, je voyais mon reflet dans le miroir de la grande armoire.&lt;br /&gt;- Bonjour Denis, et bonne ann&#xe9;e (ma voix sonnait artificielle). Comment s&apos;est pass&#xe9; ton jour de l&apos;an ?&lt;br /&gt;- Bien, j&apos;&#xe9;tais avec BIP et TRUC et MACHIN, et mon fils. Est-ce que je peux passer aujourd&apos;hui &#xe0; l&apos;heure du th&#xe9; ? J&apos;apporterai des p&#xe2;tisseries. J&apos;en profite parce que dans deux jours c&apos;est la reprise du travail.&lt;br /&gt;- Euh... Oui. (j&apos;ignorais qu&apos;on allait faire l&apos;amour &#xe0; son arriv&#xe9;e, les p&#xe2;tisseries dans le r&#xea;ve, c&apos;&#xe9;tait mon sexe dans sa bouche et le sien dans la mienne). Viens vers seize heures, &#xe7;a te va ?&lt;br /&gt;- Ok d&apos;accord... Je suis encore en peignoir, je traine. &lt;br /&gt;- Et moi je suis allong&#xe9;e au lit, avec mon MP3 sur les oreilles.&lt;br /&gt;- Tu &#xe9;coutes quoi ?&lt;br /&gt;J&apos;ai cliqu&#xe9; sur mon t&#xe9;l&#xe9;phone et le message de Valentin est apparu sans le vouloir, j&apos;ai relu vite fait &amp;quot; et que les meilleures choses t&apos;arrivent&amp;quot;. Avec mon reflet dans le miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/gUyuEyVb6KU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;81&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/03/63/19730/34329672.jpg&quot; width=&quot;413&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 04 Jan 2009 16:26:00 GMT</pubDate></item><item><title>Run</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/12/26/11870250.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/12/26/11870250.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11870250/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2008/12/26/11870250.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;meta http-equiv=&quot;Content-Type&quot; content=&quot;text/html; charset=utf-8&quot; /&gt;&lt;meta name=&quot;ProgId&quot; content=&quot;Word.Document&quot; /&gt;&lt;meta name=&quot;Generator&quot; content=&quot;Microsoft Word 10&quot; /&gt;&lt;meta name=&quot;Originator&quot; content=&quot;Microsoft Word 10&quot; /&gt;&lt;link rel=&quot;File-List&quot; href=&quot;file:///C:%5CUsers%5Csamuel%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtml1%5C01%5Cclip_filelist.xml&quot; /&gt;&lt;style&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;img height=&quot;305&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;450&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/93/66/19730/34011591_p.jpg&quot; alt=&quot;1&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font class=&quot;txtC40 B14&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=chacun&quot; class=&quot;txtC40 B14&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&lt;font class=&quot;txtC40 B14&quot;&gt;Chacun rec&#xe8;le en lui une for&#xea;t vierge, une &#xe9;tendue de neige o&#xf9; nul oiseau n&apos;a laiss&#xe9; son empreinte.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Virginia Woolf,&lt;em&gt; De la Maladie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;Texte non relu.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;meta content=&quot;text/html; charset=utf-8&quot; http-equiv=&quot;Content-Type&quot; /&gt;&lt;meta content=&quot;Word.Document&quot; name=&quot;ProgId&quot; /&gt;&lt;meta content=&quot;Microsoft Word 10&quot; name=&quot;Generator&quot; /&gt;&lt;meta content=&quot;Microsoft Word 10&quot; name=&quot;Originator&quot; /&gt;&lt;link href=&quot;file:///C:%5CUsers%5Csamuel%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtml1%5C01%5Cclip_filelist.xml&quot; rel=&quot;File-List&quot; /&gt;&lt;style&gt;
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&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;Il est venu me dire qu&apos;il pense &#xe0;
moi, que parfois, mon silence l&apos;inqui&#xe8;te, parfois lui est douloureux... Mais
c&apos;est ainsi. Les chemins se tracent loin des hommes, loin des souvenirs. Loin
de ce qu&apos;ils en pensent tous. Il te manque. Il te manque beaucoup. Trop proches
des femmes, et des m&#xe9;moires inutiles. Nous ne sommes que des vers. Vous
trouviez que vous aviez un nom nouveau, et bien pas du tout, c&apos;&#xe9;tait une
erreur. Fondamentale. C&apos;&#xe9;tait une illusion, une de plus, un nouveau nom, depuis
le temps qu&apos;on essaie de changer de nom, pourquoi pas changer de sexe en plus,
pourquoi pas de costume. Changeons les costumes qui grattent au col, et nos
fa&#xe7;ons de faire Marl&#xe8;ne Dietrich, tout va bien Madame la Marquise, tout va tr&#xe8;s
bien. Tout ne va pas si mal que &#xe7;a. Les politiques sociales sont l&#xe0;. Tant&#xf4;t
l&apos;inqui&#xe9;tude, tant&#xf4;t la douleur, tant&#xf4;t l&apos;amour, tant&#xf4;t le soufre, mais c&apos;est
ainsi. Les chemins se tracent loin des agitations des hommes qui d&#xe9;tiennent les
meilleurs r&#xf4;les. A quoi pensiez-vous avant d&apos;entreprendre un changement de nom
? Un pr&#xe9;nom autre. Un silence autre. Ce silence est une source de chaleur. Tel
un soleil. Il fait vivre mes fleurs. Ouvre mon ventre, tu comprendras, oublie
tes souvenirs, ils n’&#xe9;taient l&#xe0; que pour te retenir de toute fa&#xe7;on. Telle une
ligne continue, comme votre naissance, votre m&#xe8;re vous portait en se disant :
les yeux d&apos;un ange. C&apos;est un ange. Votre m&#xe8;re est morte. Pour toujours. Elle
&#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; morte, quelque part, avant votre naissance. Et pas la peine de
crever l&apos;&#xe9;cran de la r&#xe9;alit&#xe9;, pour s&apos;apercevoir de ce fait. C&apos;est irr&#xe9;m&#xe9;diable.
Ce le f&#xfb;t. Vous avez beau caresser le corps de cet homme, votre m&#xe8;re est
d&#xe9;finitivement morte, et vous avez beau acheter des fruits au supermarch&#xe9;,
penser &#xe0; ce vague &#xe0; l&apos;&#xe2;me de ceux qui ne sont pas fait pour porter des
costumes, qui grattent sous les bras. Ajustement injuste, je vois. Elle est
morte. Non ce n’est pas juste. Non, ce n’est pas juste. Ce n’est pas que ce n’est
pas juste, c’est juste que c’est… ainsi. Il y aurait une autre fa&#xe7;on de vouloir
plus de justice, pour vous-m&#xea;me, ce cœur en grippe. Vous faites trop souvent
votre Marl&#xe8;ne Dietrich, et tout ne va pas bien Madame la Marquise, non tout ne
va pas bien. Tout ne va pas bien en dehors de votre milieu social Madame la
Marquise, vous ne me dites pas que vous pensez &#xe0; moi, que parfois, mon silence
vous inqui&#xe8;te, et que parfois, il m’est douloureux. Mais je voudrais lui dire
qu’il ne doit pas &#xea;tre inquiet pour moi. Qu’en d&#xe9;pit de l’horreur, des
t&#xe9;n&#xe8;bres, qui ne viennent pas de moi, parce que&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt; moi &#xe7;a va, je vais bien. Je crois. J’ai des fleurs &#xe0; l’int&#xe9;rieur, qui br&#xfb;lent
mais ne se d&#xe9;truisent pas. Je ne sais pas si c’est juste. Je n’en suis pas
certaine. Je me trompais souvent, vous vous en souveniez. Je me comportais
comme une adolescente. Un d&#xe9;mon, alors que je n’&#xe9;tais pas un d&#xe9;mon, pas plus un
ange. Amoureuse d’un homme de mon sang. Ce n’&#xe9;tait pas un ange, seulement aux
yeux de sa maman. C’&#xe9;tait un d&#xe9;mon, avec le cœur d’un homme. Fort comme un
lion, d&#xe9;termin&#xe9; comme une b&#xea;te assoiff&#xe9;e de sang, une b&#xea;te &#xe0; plusieurs t&#xea;tes.
Dans les livres &#xe7;a existe. C’est mieux de regarder tomber la neige seule. Par
la fen&#xea;tre, avec un th&#xe9; aux m&#xfb;res sauvages. Loin des souvenirs du couple, loin des
hommes qui se tracent seuls. Il me manque. Il me manque beaucoup. Mais je me
sens libre &#xe0; nouveau. Libre d’ouvrir une narine en appuyant sur l’autre. J’entends
de l’eau couler quelque part et je me sens bien, c’est une source qui vient de
na&#xee;tre. Ouvre mon ventre pour voir si la couleur est la bonne, si l’odeur te
pla&#xee;t. Loin de tes chemins. Nos chemins ont pris des virages abrupts. Tu ne
trouves pas ? Mes mains ont &#xe9;t&#xe9; emprisonn&#xe9;es dans le rythme de la
Capitale, en lettres majuscules, non tout n’est pas si injuste, non bien s&#xfb;r
seulement la petite partie qui se trouve de ton c&#xf4;t&#xe9; dans le miroir. Surtout ne
nous retournons pas, on ne sait jamais, il pourrait r&#xe9;appara&#xee;tre. Avec son
rasoir. M’embrasser dans le cou, et me dire que je sens bon, qu’il adore mon
odeur, on aime pas les odeurs de tout le monde, j’ai eu souvent du mal avec les
odeurs de certains blancs, ainsi que certains arabes, ainsi que certains roux,
et bien s&#xfb;r, certains noirs. J’ai toujours eu du mal. Et on ne va pas changer
de costume comme &#xe7;a, en moins de deux, c’est pas comme cela que &#xe7;a se fait, la
peur de le voir surgir c’est une peur d&#xe9;raisonnable, en m&#xea;me temps, j’ignore ce
que &#xe7;a fait que de ne pas avoir peur. Voil&#xe0; le chemin, loin des hommes, ou trop
proche, malheureusement, que je peux faire, j’ai toujours eu peur et loin des
souvenirs des hommes, j’ai toujours eu du mal. Et le pire c’est que les autres,
beaucoup d’autres sont trop occup&#xe9;s avec leur propre peur pour s’attarder sur
la mienne. Et je n’ai pas envie de crever l’&#xe9;cran de la r&#xe9;alit&#xe9; pour te donner
mon cadeau. Non. Madame la Marquise en deviendrait marteau, tout n’irait plus
tr&#xe8;s bien, elle essaierait des choses qu’il vaut mieux se contenter d’imaginer.
Elle est dangereuse. Les personnes dangereuses sont &#xe0; &#xe9;viter, dans la mesure du
possible. Je sais tout &#xe0; fait de quoi je cause, je l’ai &#xe9;t&#xe9;, dangereuse.
Dangereuse comme la mort, &#xe9;crase les insectes verts dans ton jardin, &#xe7;a sent le
rance &#xe0; mort, c’est une odeur qui te fait pleurer et qui te d&#xe9;go&#xfb;te le nez, et
tu n’as pas envie d’avaler. Ces insectes bourr&#xe9;s de prot&#xe9;ines. A la prochaine Saint-Valentin,
peut-&#xea;tre reviendra-t-il. Me dire &#xab; c’est bon maintenant, je peux revenir ? &#xbb;.
J’en avais marre. Mon cœur est jeune mais tr&#xe8;s vieux &#xe0; l’int&#xe9;rieur, il faut que
je fasse attention. J’ai toujours voulu mourir jeune, mais je n’ai jamais voulu
revenir &#xe0; la vie juste apr&#xe8;s, c’est dommage. Nous aurions pu faire les chemins
avec les hommes. Et leurs souvenirs auraient pu &#xea;tre plus beaux. Ou moins
moches. Et leurs prochains souvenirs pourraient s’av&#xe9;rer amusants et drolatiques
si toi et moi œuvrions pour une cause. Pas notre chemin, m&#xea;me si j’avance en
mon nom propre (mais quel est-il r&#xe9;ellement ?). Dangereuse, c’est Serpent
qui ne se mord pas la queue pour faire joli, dangereuse comme ces femmes qui te
tournent autour, &#xea;tre seule a des avantages, surtout quand on l’a voulu. C’est
vraiment tr&#xe8;s agr&#xe9;able un grand appartement pour un seul corps. On peut essayer
des costumes. On peut tra&#xee;ner nue dans les pi&#xe8;ces. On peut faire semblant d’&#xea;tre
morte dans le canap&#xe9;. On peut laisser libre court &#xe0; nos hyst&#xe9;ries, et on peut
se sentir malheureuse comme les pierres, et on peut manger &#xe0; l’heure qu’on le
souhaite, on ne doit rien &#xe0; personne, et ensuite on peut dire aux autres :
&#xab; c’est trop bien d’&#xea;tre seule, toute seule &#xbb;. Tu sais, je suis
seule, mais lui aussi il pense &#xe0; moi. Il n’en revenait pas de f&#xea;ter No&#xeb;l chez
son ex-femme et son nouveau mari, avec leur fils. Son fils m’aime bien. Je ne l’aime
plus ce gamin. Autour je ne sais pas, il y a des grands jardins, son ex-femme n’a
pas &#xe9;pous&#xe9; n’importe qui. Mais moi je ne suis pas n’importe quoi. Je dis juste
n’importe quoi. Tu crois ? Il est seul lui aussi apr&#xe8;s tout. Il pense &#xe0;
moi lui aussi, comme toi. Loin des chemins des hommes. Qu’est-ce que c’est,
finalement, le chemin des hommes ? Des hommes qui dominent d’autres
hommes, et qui sont eux-m&#xea;mes domin&#xe9;s par leurs propres solitudes et hyst&#xe9;ries
en tous genres. On aurait pu avoir des visages moins moches. Blonds aux yeux
bleus, &#xe7;’aurait &#xe9;t&#xe9; parfait, je ne sais pas, en apparence, c’est mieux. On
dirait. C’est mieux que les visages des chats gris, j’adore les petites t&#xea;tes
de ces animaux, je disais zanimaux quand j’&#xe9;tais enfant. Aujourd’hui je suis
dans un grand appartement et j’&#xe9;tais heureuse, seule, et lui non, il m’a
t&#xe9;l&#xe9;phon&#xe9;. On se parle mieux au t&#xe9;l&#xe9;phone. Moi je ne supportais plus sa crise
de la quarantaine. Je ne supportais plus trop et moi je suis encore toute
jeune, j’ai de la chance, la ligne continue n’est pas termin&#xe9;e. Pas encore.
Elle peut se terminer demain, je ne dis pas, je ne me vante de rien. Mais j’ai
de la chance. J’ai toujours eu de la chance dans ma vie. Une chance &#xe9;norme.
Comme beaucoup de ces hommes, aux chemins cahoteux, il m’est arriv&#xe9; de me
sentir prot&#xe9;g&#xe9;e par des forces sup&#xe9;rieures. Nous aimons tout ce qui nous est sup&#xe9;rieur,
c’est rassurant quelque part, d’avoir des hi&#xe9;rarchies. Les enfants adorent. Ils
comptent, du meilleur au moins bon. C’est pour &#xe7;a que je n’ai pas eu d’enfants
encore, parce qu’ils adorent l’ordre, ce qu’ils savent moins c’est que leur
d&#xe9;sir ne provoque que du d&#xe9;sordre. Au final. L’ordre est une invention de l’esprit,
une m&#xe9;prise. Denis adore l’ordre sous son d&#xe9;sordre apparent. Pas &#xe9;tonnant qu’il
soit dans cet &#xe9;tat l&#xe0;. Remise en question de lui-m&#xea;me, de nous. Nous avions un &#xab; nous &#xbb;
avant. Il est toujours d’actualit&#xe9;, mais ce n’est plus pareil. J’ai perdu de
vue son int&#xe9;r&#xea;t, son go&#xfb;t. C’est vrai, de puis la bombe atomique, ce n’est plus
pareil. Ces chemins ont chang&#xe9; de trajectoire. Tu devrais t’inqui&#xe9;ter de cela.
Regarde mieux. C’est toujours mieux par t&#xe9;l&#xe9;phone. M&#xea;me s’il faut payer, non c’est
vrai c’est illimit&#xe9;. Les amis m’ont tous envoy&#xe9;s leurs vœux par sms, sauf
certains, dont un ami musulman qui f&#xea;te No&#xeb;l parce que pour lui c’est important
J&#xe9;sus Christ. Alors que moi si je l’avais en face de moi, il se pourrait bien
que je lui mette deux gifles, voire plus, comme Bj&#xf6;rk a fait avec certaines
journalistes, en leur tirant les cheveux violemment, en tirant sur leurs v&#xea;tements.
Comme elle, je n’ai pas eu &#xe0; changer de nom, m&#xea;me si j’ai oubli&#xe9; comment je m’appelais
avant. Je crois que je dois avoir une m&#xe9;moire s&#xe9;lective. Comment c’&#xe9;tait avant
d&#xe9;j&#xe0; ? J’ai bien peur d’avancer &#xe0; reculons, les yeux band&#xe9;s vers un futur
qui de plus en plus me met mon pass&#xe9; &#xe0; la figure, et je ne veux plus de &#xe7;a.
Je l’ai d&#xe9;j&#xe0; trop vu ce futur-l&#xe0; et il n’a rien de gai, je ne peux pas le
regarder &#xe0; nouveau. Je ne veux pas non plus reprendre de ces champignons
hallucinog&#xe8;nes d&#xe9;licieux qui m’ont bien aid&#xe9;s lorsque je suis arriv&#xe9;e ici &#xe0;
Paris. Je ne peux pas. Mon cœur r&#xe9;serve le meilleur de ses lettres &#xe0; des autres
buts, funestes j’ai le sentiment, heureusement je ne le mets plus ici. Oui,
loin des hommes, loin de leurs autoroutes, de leurs chantiers, de leurs chemins
&#xe0; peine emprunt&#xe9;s, loin de leurs escales, loin de leurs gares, loin de leurs
regards. Qui ne me dit rien qui vaille, Marquise, rien du tout. J’avais le
num&#xe9;ro de R. sous les yeux, Marquise et j’ai failli lui passer un coup de fil,
pour lui demander pardon de mon ing&#xe9;rence, de mon ind&#xe9;licatesse, de l’avoir
repouss&#xe9; si vilement. Je voulais qu’il m’&#xe9;coute, et j’avais envie de m’excuser,
non pas parce que je me sentais fautive, mais parce que j’avais envie de le
faire tomber dans un pi&#xe8;ge, mon pi&#xe8;ge. Il conna&#xee;t mon putain de nom, et cette
personne n’est pas n’importe qui. Avec lui, je me suis enfonc&#xe9;e dans des
mar&#xe9;cages douteux. Et pour la premi&#xe8;re fois, sans vraiment ressentir de honte. Cette
honte de bonne sœur vous savez, par Dieu elles se sentent &#xe9;pi&#xe9;es m&#xea;me quand
elles font la plonge. Ce qui est absurde quand on y pense, ou alors Dieu est
sadique, voire un connard patent&#xe9;. Bref. Robert j’avais son num&#xe9;ro sous le nez,
encore. Je ne sais plus comment, parfois Dieu vous cligne de l’œil, &#xe0; vous,
quand vous &#xe9;crivez, de lui mettre votre stylo dedans, pour y d&#xe9;verser toute
votre encre, le bateau est trop lourd pour ce genre de costume. On s’en fiche
du reste, on s’en fiche de ceux qui cousent leurs paupi&#xe8;res. Et bien je n’ai
pas c&#xe9;d&#xe9;, je n’ai pas appel&#xe9;. Robert est avec les hommes. Loin de moi, loin de
mon miroir. De quel c&#xf4;t&#xe9; il faut regarder ? Dans le Nord, j’y &#xe9;tais
tellement malheureuse mais le pire c’&#xe9;tait ici, &#xe0; Paris, j’y suis tellement
malheureuse, finalement. Mais je supporte tellement bien ce mal-&#xea;tre, je n’avais
plus de force depuis longtemps, et pourtant j’ai tout encaiss&#xe9;, comme quoi il n’y
a rien qu’on puisse vivre qui ne peut &#xea;tre support&#xe9;, m&#xea;me le plus atroce, m&#xea;me
le plus &#xe9;trange. Et j’ai tu&#xe9; le Gr&#xe9;gor Samsa, alors je peux le dire, le plus
atroce, le plus &#xe9;trange, le redire. Et tu &#xe9;tais encore il y a peu le seul qui vaille qu&apos;on l&apos;attise, qu&apos;on ne l&apos;&#xe9;teigne pas, tu me maintenais en vie, depuis ces derni&#xe8;res ann&#xe9;es, je le pensais, tu &#xe9;tais ma meilleure id&#xe9;e, l&apos;inesp&#xe9;r&#xe9;e, tu &#xe9;tais celui qui me faisait jouir, dans le bon sens du terme, de la vie. Et je le pense toujours mais j&apos;avais tout de m&#xea;me, ici, dans Lut&#xe8;ce, besoin d&apos;un peu d&apos;air, avant d&apos;&#xe9;touffer sous les boules de feu de ta rancœur, que tu auras forc&#xe9;ment &#xe0; mon &#xe9;gard, t&#xf4;t ou tard. Tu te dis : &amp;quot;non, moi jamais je ne pourrai te d&#xe9;tester&amp;quot;. Mais d&#xe9;trompe-toi. Tu le pourras et tu le feras. Tu le feras, crois-moi, je le sais. Je ne peux pas te dire comment je le sais. Je sais beaucoup de choses. Tu n&apos;es pas le seul &#xe0; qui je manque. J&apos;ai beaucoup de silence pour beaucoup de personnes. J&apos;ai tellement de silence pour les autres que cela me fait peur parfois. Et avoir peur moi je connais sur le bout des doigts. Et les autres sont trop occup&#xe9;s avec leurs propres peur &#xe0; piano pour regarder la peur globale, tu la sens ? Non bien s&#xfb;r, parce qu&apos;elle cogite, elle s&apos;agite. Avec tout ce qui existe, le reste, elle n&apos;est pas toujours la plus forte, souvent quand m&#xea;me, je ne sais pas trop en fait. Il faut que je comprenne comment le feu fonctionne. Et j&apos;avais besoin de te mettre avec les hommes, loin de mes chemins. J&apos;ai failli &#xe9;crire chim&#xe8;res. Chemins bien s&#xfb;r. Il fallait que je te mette l&#xe0;. Loin, tr&#xe8;s loin, pas trop loin mais tr&#xe8;s loin en m&#xea;me temps. Pour pouvoir boire un bon th&#xe9; aux m&#xfb;res sauvages. Seule dans un grand espace vide. A penser &#xe0; ces &#xea;tres qui sont tr&#xe8;s contents : &amp;quot;ah oui moi j&apos;adore la solitude&amp;quot;. Et en fait ils pleurent lorsqu&apos;ils se couchent. Et puis un jour ils arr&#xea;tent de pleurer, les pleurs se font silencieux. Le cœur effectivement, s&apos;habitue pour de vrai. Je connaissais un homme, il est mort d&apos;une crise cardiaque un bel apr&#xe8;s-midi d&apos;ao&#xfb;t, il &#xe9;tait mari&#xe9; et il avait beaucoup d&apos;amis et tout le monde pensait que c&apos;&#xe9;tait un homme bien, alors qu&apos;en fait c&apos;&#xe9;tait un homme bourr&#xe9; de d&#xe9;fauts et qui faisait du mal aux autres, &#xe0; certains autres, et bien il avait beaucoup de monde autour de lui, et il &#xe9;tait tr&#xe8;s seul. C&apos;est m&#xea;me &#xe9;tonnant qu&apos;il ne se soit pas donn&#xe9; la mort plus t&#xf4;t, enfin, il ne s&apos;est pas donn&#xe9; la mort, c&apos;est la mort qui s&apos;est donn&#xe9;e &#xe0; lui. Un bel apr&#xe8;s-midi d&apos;ao&#xfb;t. Il y a parfois une justice sur cette plan&#xe8;te, mais malheureusement pour la trouver il faut aller loin, tr&#xe8;s loin, trop loin du chemin des hommes. De leurs autoroutes. De leurs gares. De leurs escales. De leurs points informations quand on est en voiture, sur le chemin des vacances, et qu&apos;on a plein de sang sur les mains, du sang invisible qui p&#xe8;se des tonnes, des tonnes, des tonnes. En ao&#xfb;t, &#xe7;a fait mal, comme des couteaux permanents dans les bras, et comme les r&#xe8;gles le sang il coule, &#xe7;a ne fait pleurer personne, pas le beau monde (Terre) en tout cas. Tout ce sang et cet &#xea;tre en soi, qui rote et qui p&#xe8;te dans ses excr&#xe9;ments, avec ses yeux inject&#xe9;s de sang et sa peau jaune &#xe0; cause de son foie, qui ne fonctionne pas. On ne croirait pas, Denis, avec mon corps, mes seins que tu aimais t&#xe9;ter, et mon sexe que tu aimais bouffer, tu n&apos;imaginais pas &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur de moi cet &#xea;tre-l&#xe0;, et tu n&apos;imaginais pas du tout qu&apos;il &#xe9;tait aussi en toi. Un homme et une femme c&apos;est souvent pour soutenir la pourriture, rien d&apos;autre, pour maintenir les choses telles qu&apos;elles &#xe9;taient. Oui, il faut aller loin des hommes, pour ce bout de justice-l&#xe0;, mais ce n&apos;est pas grave mon amour, car c&apos;est bient&#xf4;t la Saint-Valentin. Tu lui manques &#xe9;norm&#xe9;ment, tu lui t&#xe9;l&#xe9;phones tout le temps, tu lui dis &amp;quot;c&apos;est quand que je reviens &#xe0; la maison ?&amp;quot;, mais ce n&apos;est pas grave mon amour, pour toujours... C&apos;est bient&#xf4;t la Saint-Valentin et, bien s&#xfb;r, le Jour des Morts. &lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;img height=&quot;285&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;380&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/38/75/19730/34011329.jpg&quot; alt=&quot;cadavre_femme_enceinte&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;81&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;413&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/42/02/19730/34011568.jpg&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Fri, 26 Dec 2008 14:27:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les Autres Hommes</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/11/10/11310305.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/11/10/11310305.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11310305/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2008/11/10/11310305.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;310&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;480&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/54/62/19730/32329407.jpg&quot; alt=&quot;libe_Dachau_corps&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il m&apos;a avou&#xe9; son aventure l&#xe0;-bas aux Etats-Unis. C&apos;&#xe9;tait bien avant qu&apos;un noir, un m&#xe9;tisse selon certains, ne se fassent &#xe9;lire. M&#xea;me si c&apos;&#xe9;tait couru d&apos;avance, ont dit ces m&#xea;mes certains, apr&#xe8;s l&apos;&#xe9;lection. Ils ont besoin de tout contr&#xf4;ler. Lui aussi. Son coeur qui ne fonctionne qu&apos;&#xe0; moiti&#xe9;, et peut-&#xea;tre le mien qui ne fonctionne plus depuis trop longtemps. Depuis, il me dit qu&apos;il ne m&#xe9;rite pas mon pardon. Je lui ai dit : je te pardonne. En pouffant de rire presque. Ce n&apos;&#xe9;tait pas vraiment amusant et je n&apos;&#xe9;tais pas exactement amus&#xe9;e par son aveu. C&apos;&#xe9;tait juste qu&apos;il croyait me faire un aveu. Mais j&apos;avais fait des r&#xea;ves qui ne trompaient pas, bien avant qu&apos;il ne me le dise, et peut-&#xea;tre m&#xea;me bien avant qu&apos;il ne le fasse. Il dit &amp;quot;tromper&amp;quot;. Il dit &amp;quot;une erreur&amp;quot;. Il dit &amp;quot;j&apos;ai eu tort&amp;quot;. C&apos;est mon coeur qui est mort. Il se trompe, c&apos;&#xe9;tait une v&#xe9;rification, juste une v&#xe9;rification et moi je n&apos;avais que &#xe7;a au fond de moi : l&apos;envie qu&apos;il d&#xe9;gage. Si je suis honn&#xea;te. Je suis au moins autant responsable que lui, si ce n&apos;est plus. C&apos;est difficile d&apos;&#xea;tre honn&#xea;te avec soi-m&#xea;me. Si nous l&apos;&#xe9;tions tous, nous ne passerions pas &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de nos vies. Ou notre temps sur internet lorsqu&apos;on a pas le temps. Le temps d&apos;une aventure. C&apos;est triste &#xe0; dire mais j&apos;ai failli pouffer de rire. Je souriais. Je l&apos;ai dit, d&#xe9;j&#xe0;. Il se r&#xe9;p&#xe8;te aussi. C&apos;est une belle farce du temps o&#xf9; depuis quelques jours, quelques semaines, quelques mois, je suis &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur de moi, dans une sorte de forteresse. Que personne ne pourra prendre. Personne. C&apos;est pour &#xe7;a que je le laisse me caresser encore et il ne comprend pas. Il penserait que je lui ferais une sc&#xe8;ne, comme ces femmes hyst&#xe9;riques qui pensent que les mecs qu&apos;elles aiment et qu&apos;elles baisent sont &#xe0; elles. Et bien non. Leurs queues ne nous appartiennent pas. Et que Dieu m&apos;en pr&#xe9;serve, Sarah. &lt;br /&gt;Je n&apos;irais pas dire du mal de ton homme, je regarde d&apos;abord le mien, il fait sa crise de la quarantaine. Il a toujours &#xe9;t&#xe9; en crise. Je pense qu&apos;il pense souvent au suicide, je pense qu&apos;il ne se l&apos;avouera jamais &#xe0; lui-m&#xea;me. Lorsqu&apos;il me prend, je sens tout son corps tendu vers cette pulsion de mort, cette id&#xe9;e de mourir, qui recouvre tous les &#xea;tres un jour ou l&apos;autre. De mani&#xe8;re pragmatique ou non. Je ressens &#xe7;a &#xe0; Paris. J&apos;ai envie de retourner dans ma campagne parfois, comme &#xe0; l&apos;&#xe9;poque o&#xf9; j&apos;ai commenc&#xe9; ce blog. J&apos;&#xe9;tais en fuite. Je fuyais les autres et les bombes, je passais entre les gouttes de pluie qui ressemblaient &#xe0; des gouttes de plomb fondu. Je faisais de mon mieux pour tenir, ce que je ne supportais pas. Je le supportais tout de m&#xea;me. J&apos;ai toujours eu en moi un r&#xe9;sidu de force &#xe9;ternelle, comme le plutonium. Je suppose que c&apos;est ce qu&apos;Adam et Eve ont perdu du temps jadis. Ces connards auraient mieux fait de ne pas fr&#xe9;tiller de la langue, jamais. &lt;br /&gt;Il me touche dans le lit. Il me demande la permission. Je me suis mise sur lui, et je l&apos;ai embrass&#xe9;. C&apos;&#xe9;tait un baiser entier, compl&#xe8;tement offert. Sa langue qui p&#xe9;n&#xe9;trait ma bouche, la mienne aussi. Il &#xe9;tait surpris. Je voyais bien. Il m&apos;embrassait les yeux ouverts. Les gens qui embrassent avec les yeux ouverts ont l&apos;air con. Et parfois, ils ont la chanson qui vont avec. C&apos;est une chose que je trouve, personnellement, ridicule. Adam embrassait-il Eve avec les yeux ouverts ? Comme un abruti ? Combien d&apos;abrutis font la m&#xea;me chose &#xe0; l&apos;heure o&#xf9; j&apos;&#xe9;cris ces paroles ? Il m&apos;a repouss&#xe9;e un peu en me disant : &amp;quot;attends, je me sens pas bien&amp;quot;. Pauvre petit. Ils se sentent pas bien, ils ont quarante ans pass&#xe9;s, ils se sentent pas bien, on peut se sentir mal pass&#xe9; la crise de la quarantaine. J&apos;attends mon tour. J&apos;attends mon tour et toi aussi, tu attends ton tour. Il m&apos;a dit : &amp;quot;pourquoi tu n &apos;es pas en col&#xe8;re apr&#xe8;s moi, pourquoi tu m&apos;embrasses comme &#xe7;a, qu&apos;est-ce que... &#xe7;a veut dire, je comprends pas&amp;quot;. J&apos;ai dit : &amp;quot;je t&apos;ai pardonn&#xe9;. Peut-&#xea;tre que tu aurais aim&#xe9; que je pleure pour ta petite aventure et que je te fasse une crise toutes les cinq minutes ? Mais non. Je ne suis pas comme &#xe7;a.&amp;quot;. Lui : non, c&apos;est juste que tu ne sembles pas en souffrir. C&apos;est &#xe9;trange. &amp;quot;Non je n&apos;en souffre pas&amp;quot; j&apos;ai dit. &lt;br /&gt;- Comment &#xe7;a tu n&apos;en souffres pas ?&lt;br /&gt;- Je le savais. Je le ressentais.&lt;br /&gt;- Tu le ressentais. Tu ressentais que je te trompais.&lt;br /&gt;- Mais peut-&#xea;tre que tu ne me trompais pas r&#xe9;llement. Peut-&#xea;tre que tu avais besoin de sexe, juste. Et tu ne dois plus y retourner aux Etats-Unis pour l&apos;instant. Je ne pense pas avoir des raisons de m&apos;inqui&#xe9;ter. &lt;br /&gt;Il &#xe9;tait perdu. Il &#xe9;tait en dessous de moi. Il me regardait, inquiet et je savais ce qu&apos;il me disait. Je me trompais certainement, mais je savais les petites pens&#xe9;es, les petits mots qui jaillissaient dans son esprit comme des &#xe9;tincelles. C&apos;&#xe9;tait beau &#xe0; voir, tout ce doute, toute cette peur, toute cette appr&#xe9;hension de demain dans ses yeux. Parce que j&apos;avais envie de lui dire : &amp;quot;tu ne devrais pas avoir peur de demain&amp;quot;. J&apos;ai dit &#xe0; la place :&amp;quot;Maintenant, embrasse-moi. S&apos;il te pla&#xee;t&amp;quot;.&lt;br /&gt;Alors il s&apos;est redress&#xe9; et il m&apos;a pris par les &#xe9;paules, il a commenc&#xe9; &#xe0; me d&#xe9;shabiller et je sentais ses mains sur mes seins et sa bouche devenait de plus en plus chaude et de plus en plus meilleure, comme au tout d&#xe9;but, quand on a commenc&#xe9; &#xe0; se rencontrer &#xe0; l&apos;&#xe9;poque o&#xf9; je vivais &#xe0; la campagne et o&#xf9; je me voyais d&#xe9;terrer les ossements de mon oncle. Ce qui me fait peur aujourd&apos;hui, c&apos;est que j&apos;y pensais s&#xe9;rieusement. Et que j&apos;aurais &#xe9;t&#xe9; capable de le faire. Nous sommes capables de tout. De jour comme de nuit.&lt;br /&gt;Pour lui, j&apos;&#xe9;tais revenue ici &#xe0; Paris et c&apos;&#xe9;tait un signe. Que lui parvienne &#xe0; me faire revenir. Et que je tienne. C&apos;&#xe9;tait certainement un signe. J&apos;&#xe9;tais contente. Jacqueline aussi c&apos;&#xe9;tait un signe, m&#xea;me si parfois, elle avait le regard un peu malsain, elle aurait aim&#xe9; que je lui parle de ma vie sexuelle un peu plus, juste pour revivre la sienne par procuration. Mais je ne lui en voulais pas &#xe0; cette vieille femme. &lt;br /&gt;Je me suis assise sur son p&#xe9;nis que je connaissais bien. L&apos;odeur, le go&#xfb;t, l&apos;&#xe9;motion que cela me faisait de l&apos;avoir en moi. C&apos;&#xe9;tait comme de l&apos;avoir pour la premi&#xe8;re fois. Il m&apos;exasp&#xe9;rait ces derni&#xe8;res semaines. A me baiser comme un sauvage sans que je r&#xe9;ussisse &#xe0; ressentir quoi que ce soit. Et l&#xe0;, il &#xe9;tait doux, affectueux, il retenait ses larmes, il retenait tout, son sperme aussi. Il m&apos;embrassait. Ses mains sur mes seins. Et je me disais sans cesse : je suis &#xe0; Paris, je suis encore &#xe0; Paris. Et je le fais, je fais l&apos;amour, et je le fais dans la bonne direction, avec celui que j&apos;ai choisi, celui que j&apos;ai choisi et qui me veut, m&#xea;me s&apos;il avait besoin de sexe aux Etats-Unis. Je le regardais culpabiliser, en me faisant l&apos;amour, il &#xe9;tait en moi, il &#xe9;tait captur&#xe9; et mon vagin n&apos;&#xe9;tait pas aussi ouvert que d&apos;habitude, je voyais bien l&apos;effet que &#xe7;a lui faisait. L&apos;intensit&#xe9; ne faisait que monter en puissance. Il me regardait comme un enfant qui avait faut&#xe9;. Un enfant qui se serait cr&#xfb; mauvais alors qu&apos;il n&apos;aurait fait que torturer des fourmis. &lt;br /&gt;Il aimait, de plus en plus et tout se faisait de plus en plus calmement et il pleurait enfin, et ses larmes l&apos;emp&#xea;chaient de parler. Il &#xe9;tait beau. Je l&apos;avais trouv&#xe9; moche pendant cinq ou six mois et l&#xe0; il &#xe9;tait beau, &#xe0; nouveau et jouir avec lui c&apos;&#xe9;tait redevenu bien, et beau aussi, cela aussi &#xe9;tait beau, comme lui, et c&apos;&#xe9;tait devenu mon chemin, enfin, je retournais sur des rails qui n&apos;&#xe9;taient pas sabot&#xe9;es. C&apos;&#xe9;tait bon. Et il &#xe9;tait chaud en moi et chaque moment, chaque seconde se vivait pleinement. C&apos;&#xe9;tait comme prendre ces maudits champignons hallucinatoires l&apos;hiver dernier, mais en puissance dix. Et puis il est venu une premi&#xe8;re fois. Et moi j&apos;ai joui presque au m&#xea;me moment, c&apos;&#xe9;tait rare. Quelque chose dans l&apos;invisible avait &#xe9;clat&#xe9; au niveau de mon sexe et de ma t&#xea;te en m&#xea;me temps, et j&apos;ai d&#xfb; avoir l&apos;air moche, j&apos;ai ouvert les yeux vers le plafond, grands ouverts, et je les ai referm&#xe9;s et ensuite je l&apos;ai vu pareil, les yeux ferm&#xe9;s, la bouche ouverte et je l&apos;ai embrass&#xe9;e. Sa bouche si d&#xe9;sirable. Et c&apos;&#xe9;tait bon. C&apos;&#xe9;tait beau. Oui, cela pouvait &#xea;tre beau, cela arrivait parfois dans une vie. &lt;br /&gt;Il m&apos;a dit qu&apos;il m&apos;aimait et qu&apos;il avait peur que je m&apos;en fiche. De ses erreurs. Je lui ai dit que je savais de quoi il avait peur. Il m&apos;a dit que j&apos;&#xe9;tais une fille extraordinaire, avec toute cette merde que je trainais dans ma valise. Que j&apos;&#xe9;tais quelqu&apos;un d&apos;immense. Ce genre de compliments je l&apos;avais d&#xe9;j&#xe0; entendu, et je l&apos;avais toujours pris pour de la flotte. Ils me rendaient encore plus seule. Encore plus loin. Encore plus diff&#xe9;rente. Alors que la diff&#xe9;rence, &#xe7;a n&apos;est que le destin, modulable &#xe0; l&apos;infini. Comme Mars ne ressemble pas &#xe0; la Terre et comme Mercure a des propri&#xe9;t&#xe9;s uniques dans notre syst&#xe8;me solaire. Ce n&apos;est pas compliqu&#xe9; &#xe0; comprendre. Il avait peur, mais il avait toujours eu peur et moi j&apos;avais fuit la peur, en &#xe9;tant une louve solitaire, blanche peut-&#xea;tre, mais aux pattes sales, de boue glac&#xe9;e certainement. Je lui ai dit qu&apos;il ne m&apos;appartenait pas. Il a dit : &amp;quot;je croyais que toi comme moi on croyait &#xe0; la fid&#xe9;lit&#xe9;&amp;quot;. J&apos;ai r&#xe9;pondu : &amp;quot;y croire n&apos;emp&#xea;che pas de se tromper&amp;quot;. Bien s&#xfb;r et il me caressait les fesses et les jambes. Et le corps. Ce corps &#xe9;tait l&#xe0;, je le sentais bien, c&apos;&#xe9;tait le mien. Le sien &#xe9;tait l&#xe0; contre moi, je l&apos;avais toujours senti. Je le sentais encore mieux maintenant qu&apos;il m&apos;avait dit ce qu&apos;il avait sur le coeur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai pens&#xe9; : &amp;quot;peut-&#xea;tre faut-il que je lui dise&amp;quot;. Mes r&#xe9;sidus de fausse couche personnelle. Ce truc avec Robert. Ce truc d&#xe9;bile. Faut &#xea;tre d&#xe9;bile pour parisianiser son esprit de la sorte. Et pour inventer des mots qui n&apos;existent pas vraiment. Etre humain, c&apos;est prendre le risque de virer de l&apos;intelligence &#xe0; la d&#xe9;bilit&#xe9; sans cesse, je le caressais aussi. Sa queue &#xe9;tait &#xe0; moiti&#xe9; dure. Je caressais ses testicules, lourdes et imposantes, et bien rattach&#xe9;es dans un scrotum &#xe9;pais, pas du tout tombantes, c&apos;&#xe9;tait moche les couilles tombantes, je m&apos;en souvenais vaguement. Celles de Robert n&apos;&#xe9;taient pas tombantes mais son p&#xe9;nis &#xe9;tait biscornu et j&apos;y avais pens&#xe9; quand Denis m&apos;avait fait le plus beau des sourires. Son visage marqu&#xe9; par les traits de la culpabilit&#xe9;. Je lui ai demand&#xe9; s&apos;il avait envie d&apos;autres femmes et il m&apos;a dit : &amp;quot;j&apos;ai fait &#xe7;a parce que j&apos;&#xe9;tais alcoolis&#xe9;, je me cherche pas d&apos;excuse. Mais non, je n&apos;ai pas envie d&apos;autres femmes&amp;quot;. Je lui ai demand&#xe9; comment elle &#xe9;tait. Il trouvait &#xe7;a inappropri&#xe9;. Il trouvait que j&apos;exag&#xe9;rais. Il pensait que je voulais le torturer. Je lui ai dit : non, ce n&apos;est pas &#xe7;a. C&apos;est pas du tout &#xe7;a, c&apos;est une question de curiosit&#xe9;. Est-elle si d&#xe9;plac&#xe9;e que &#xe7;a ? Non bien s&#xfb;r. Si j&apos;avais fait la m&#xea;me chose, tu n&apos;aurais pas eu envie de savoir comment aurait &#xe9;t&#xe9; l&apos;autre homme ? Il a r&#xe9;pondu : &amp;quot;j&apos;aurais eu envie de les tuer juste, les autres hommes&amp;quot;. Ne se rendant pas compte qu&apos;il avait ajout&#xe9; un pluriel &#xe0; mon singulier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai compris qu&apos;il n&apos;&#xe9;tait donc pas dispos&#xe9; &#xe0; entendre mes escapades avec Robert. Et le fait de n&apos;avoir rien fait avec ce dernier n&apos;aurait rien arrang&#xe9; au contraire. Au fond de Denis il y avait un petit Diable, qui lui disait que j&apos;&#xe9;tais si extraordinaire que je ne serais jamais &#xe0; lui enti&#xe8;rement. Denis a besoin d&apos;avoir des choses, de toucher les choses, d&apos;&#xea;tre le ma&#xee;tre de certaines choses. Je ne voyais plus mon avenir avec lui mais qu&apos;importait l&apos;avenir, je ne l&apos;avais jamais vu avec personne, et surtout pas ici. Je ne pouvais pas. Je ne le sentais pas. Je n&apos;&#xe9;tais pas faite pour &#xe7;a. J&apos;&#xe9;tais faite pour autre chose. Un autre homme certainement pas. Les autres hommes ne savent pas, comme Denis, de quoi il en retourne. On touche l&apos;univers avec un cerveau d&#xe9;glingu&#xe9;. Et des &#xe9;motions artificielles. On touche le coeur de la source. Faire des exp&#xe9;riences sur des ph&#xe9;nom&#xe8;nes paranormaux risque d&apos;attirer &#xe0; vous les vrais r&#xe9;sultats paranormaux &#xe0; un moment ou &#xe0; un autre. Son corps d&apos;homme &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de moi, on &#xe9;tait l&#xe0;, mais &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; en m&#xea;me temps, toujours finalement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;320&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;432&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/41/91/19730/32329687.jpg&quot; alt=&quot;Neck_small&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais j&apos;&#xe9;tais bien. Alors je lui ai dit : et si on arr&#xea;tait de parler. Je parlais trop autrefois. J&apos;avais besoin de me battre contre quelque chose. Contre des oreilles si vous voulez. Les oreilles sales n&apos;entendent que la salet&#xe9; qu&apos;elles ont d&#xe9;j&#xe0; dans les conduits qui m&#xe8;nent aux tympans. Les oreilles propres font l&apos;effort de se demander comment &#xe7;a se fait que son corps si chaud contre moi, bien que cela m&apos;est difficile &#xe0; supporter, me fasse autant de bien. C&apos;est ce qui s&apos;appelle une vraie r&#xe9;v&#xe9;lation, pas comme celles de la bible, qui sont toutes fausses. Et qui cherchent juste &#xe0; faire des esclaves. Lui. Lui vaut toutes les paroles du monde. Toutes les bibles. Son corps, j&apos;y tiens autant que le mien. Quand j&apos;avais soif &#xe0; son puits c&apos;est lui qui m&apos;a donn&#xe9; le premier &#xe0; boire. Alors qu&apos;il ne me connaissait pas. Il ne savait rien de mes pr&#xea;ches. Quand je suis morte la premi&#xe8;re fois, il &#xe9;tait l&#xe0; pour embrasser mes pieds ensanglant&#xe9;s et pleurer sur le monde sans moi avec lui pour le faire tourner. Denis c&apos;est certainement le seul feu qui vaille la peine qu&apos;on l&apos;attise, qu&apos;on ne l&apos;&#xe9;teigne pas, et ce feu se trouve en moi. Le seul. C&apos;est quoi d&#xe9;j&#xe0; le num&#xe9;ro des pompiers ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;embed height=&quot;344&quot; width=&quot;425&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/v/m2XREBNiDZE&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;81&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;413&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/97/18/19730/32329044.jpg&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 10 Nov 2008 20:50:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>