<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>ANGELINE et les R&#xe9;cits de la Maison des Morts</title><link>http://angeline.canalblog.com/</link><description>litt&#xe9;rature blues</description><language>fr</language><lastBuildDate>Thu, 24 Jul 2008 10:33:00 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>L&apos;Agonie d&apos;une Amoureuse</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/07/24/9654313.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/07/24/9654313.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9654313/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2008/07/24/9654313.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;394&quot; alt=&quot;owl_eyes&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/48/66/19730/28224001.jpg&quot; width=&quot;595&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&amp;quot;Il semble que quelqu&apos;un ait convoqu&#xe9; l&apos;espoir&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Carla Bruni &lt;em&gt;L&apos;amoureuse&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&amp;quot;Fais ce que tu veux sera le tout de la Loi. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;L’on me demande souvent pourquoi je commence mon courrier de la sorte. Peu importe que j’&#xe9;crive &#xe0; ma dame ou &#xe0; mon boucher, je d&#xe9;bute toujours par ces onze mots. Pourquoi ? Comment pourrais-je autrement d&#xe9;buter ? Quelle autre salutation pourrait &#xea;tre plus chaleureuse ? Vois, fr&#xe8;re, nous sommes libres ! R&#xe9;jouis-toi avec moi, sœur, il n’est aucune loi par-del&#xe0; Fais ce que tu veux !&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;Aleister Crowley&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La semaine je suis son soleil. Comme il le dit : tu es mon soleil, et dire que je me levais tous les matins avant de te conna&#xee;tre. Comment je faisais ? Le temps ne tasse pas les choses, il les d&#xe9;cuple et les d&#xe9;tend, &#xe7;a fait des vides et des trous. De la terre &#xe0; la lune. Quand je prends mon rendez-vous avec cet homme, il me dit avec son ton paternaliste des choses, des choses que je ne comprends pas. Un peu comme vous lorsque vous veniez ici je vous disais des choses, des choses que vous ne compreniez pas. Il tente de comprendre. Avec son ton paternaliste. Ses yeux gris. Il fait soixante ans au moins. Je fais sans &#xe2;ge, tout au plus. Je devrais m&apos;en r&#xe9;jouir mais je ne peux pas. Je suis son soleil tant mieux. Il va repartir d&apos;urgence aux Etats-Unis bient&#xf4;t, je sais que je vais tenir cette fois sans geindre &#xe0; tout va, toute seule dans cette grande ville, mais je vais la quitter cette grande ville et partir &#xe0; la campagne avec Emilie, Sofia et Rachida (pas Dati, s&apos;il vous pla&#xee;t). Nous irons &#xe0; la campagne, on fera des choses idiotes j&apos;imagine, je ne sais pas encore ce que nous allons faire. Peu importe ce que nous ferons. Loin de la ville, loin de l&apos;homme, loin de la France lui, et moi loin des Etats-Unis. D&apos;Am&#xe9;rique. Il ne faut pas confondre, les Etats-Unis. Qui sont une chose, il m&apos;avait dit. Et les Etats-Unis d&apos;Am&#xe9;rique, qui en sont une autre. C&apos;est tr&#xe8;s perturbant de se dire que votre m&#xe8;re a eu un enfant avant les autres, avec un autre homme que votre p&#xe8;re, votre p&#xe8;re c&apos;est tout ce qu&apos;il vous reste sur cette terre. Pas besoin de mentir en ne le disant pas. Je le dis, je l&apos;avoue, j&apos;ai coup&#xe9; le cordon avec ma m&#xe8;re, (mieux valait avant l&apos;heure de la tombe) j&apos;ai gard&#xe9; celui avec mon p&#xe8;re, la seule chose de bien qui me reste sur cette terre et de plus en plus, c&apos;est l&apos;heure de devenir sa m&#xe8;re &#xe0; mon p&#xe8;re. Certains comprennent ce que je suis en train de dire, ceux qui ont les fen&#xea;tres ouvertes naturellement j&apos;imagine. Comme j&apos;ai toujours eu les fen&#xea;tres ouvertes, m&#xea;me si &#xe7;a ne se voyait pas. Je suis son soleil sexuel aussi parce qu&apos;il va partir et qu&apos;il a besoin de faire un peu ce qu&apos;il n&apos;aura pas (normalement) l&#xe0;-bas. Il&amp;nbsp; ne s&apos;autoriserait pas un &#xe9;cart sans importance. Je l&apos;avais encourag&#xe9; &#xe0; le faire, cela lui avait fait mal, comme si je ne l&apos;aimais pas assez pour &#xea;tre jalouse, malade de jalousie. A l&apos;&#xe9;poque &#xe7;a m&apos;occupait pas mal l&apos;esprit. L&apos;&#xe9;ventualit&#xe9; d&apos;une rencontre est toujours possible. Un d&#xe9;rapement, personne n&apos;est &#xe0; l&apos;abri. Personne. Pas m&#xea;me moi (surtout moi il faudrait dire). Est-ce que ce serait seulement un d&#xe9;rapement ? Plut&#xf4;t une fichue r&#xe9;v&#xe9;lation m&#xea;me, on risque la r&#xe9;v&#xe9;lation, c&apos;est moins grave qu&apos;un d&#xe9;rapement, et on a tout &#xe0; y gagner. Tout. Il me regarde, pendant mes rendez-vous, il m&apos;&#xe9;coute parler de Valentin, j&apos;ai du mal de me dire que c&apos;est mon fr&#xe8;re, j&apos;ai du mal tout court de me dire qu&apos;on a partag&#xe9; la m&#xea;me couche originelle pendant neuf mois, neuf mois d&apos;amour je n&apos;y crois pas, neuf mois d&apos;amour mais seulement lorsqu&apos;on aura assez de recul, lorsqu&apos;on sera mort et enterr&#xe9; et loin de la Terre, on pourra peut-&#xea;tre pr&#xe9;tendre y comprendre quelque chose. Etre loin de la Terre c&apos;est peut-&#xea;tre la seule chose qui me fait intens&#xe9;ment r&#xea;ver aujourd&apos;hui. Ses yeux gris avaient trop &#xe0; me dire, ils &#xe9;coutaient, captaient, recevaient. C&apos;est tout un art d&apos;&#xe9;couter et d&apos;abandonner son v&#xea;tement qui prot&#xe8;ge. J&apos;ai pens&#xe9; &#xe0; lui en sortant de &lt;em&gt;Wall E&lt;/em&gt;, j&apos;&#xe9;tais all&#xe9;e le voir avec Rachida, qui est une alg&#xe9;rienne sympa. Elle avait ador&#xe9; le film, comme moi, et nous sommes all&#xe9;es manger une cr&#xe8;me glac&#xe9;e avec des fruits dedans, il faisait trop chaud, trop trop chaud. Un scarab&#xe9;e s&apos;est pos&#xe9; sur mon bras. Je l&apos;ai pris d&#xe9;licatement et je lui ai redonn&#xe9; sa libert&#xe9;. Le coeur en compote. Elle avait fait une tresse de ses cheveux &#xe9;pais, son regard noir et la beaut&#xe9; de ses yeux me transcendaient, j&apos;&#xe9;tais heureuse d&apos;avoir un corps comme le sien &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; du mien. Il d&#xe9;gageait de bonnes ondes. Denis parfois ne d&#xe9;gage pas de bonnes ondes, mais seulement l&apos;odeur des trois whiskys qu&apos;il a bu en trop et qui me forcent &#xe0; prendre le volant, et &#xe0; imaginer parfois, dans mon esprit malade, ce que cela donnerait si dans un coup de volant malheureux je nous pr&#xe9;cipitais &#xe0; toute allure contre un mur. Valentin, sa femme, ses enfants, ne rentreraient pas avant septembre, d&#xe9;but septembre, j&apos;ai parl&#xe9; &#xe0; Rachida de ma crainte d&apos;&#xea;tre encore toute seule, pendant qu&apos;il serait aux Etats-Unis, encore. C&apos;est l&#xe0; qu&apos;elle a propos&#xe9; ce voyage entre copines, tu verras, elles sont sympas, on fera des sorties, on ira en bo&#xee;te, et puis comme toi tu ne bois pas, tu pourras nous y conduire... Allez viens, tu seras bien mieux que toute seule. Bien s&#xfb;r. Mais seule, je le suis d&#xe9;j&#xe0;. Je le suis depuis toujours, et je le serai toujours, je n&apos;ai pas pu &#xe9;voluer autrement que seule, je serais morte si je n&apos;avais pas &#xe9;t&#xe9; seule et emmur&#xe9;e en moi-m&#xea;me. Morte, compl&#xe8;tement crev&#xe9;e, comme ce pneu que j&apos;ai eu toutes les peines du monde &#xe0; changer, alors que la nuit tombait, sur le bord d&apos;une autoroute. J&apos;avais la crainte qu&apos;une voiture s&apos;arr&#xea;te et que des hommes, affubl&#xe9;s des yeux de mon oncle, n&apos;interviennent. Mais personne ne s&apos;est arr&#xea;t&#xe9;, ils avaient bien trop peur de tomber sur un malade qui aurait fait semblant de changer son pneu, et ils avaient aussi leurs vies &#xe0; poursuivre, tout au bout de la route. Tout au bout. C&apos;&#xe9;tait le 12 et l&apos;&#xe9;t&#xe9; ne me prenait plus la t&#xea;te ni le coeur, et je ne cherchais plus &#xe0; le montrer aux autres pour qu&apos;ils jouent le r&#xf4;le de mon oncle, que je puisse une derni&#xe8;re fois lui tenir t&#xea;te enfin, enfin pour int&#xe9;grer la chose au plus profond de moi. Revivre les choses je ne pouvais plus, je n&apos;avais plus le besoin de le faire dans cette grande ville o&#xf9; tous les hommes avaient potientiellement le visage de mon oncle dans la poche, &#xe0; peine camoufl&#xe9; par l&apos;arrogance citadine propre &#xe0; ce type de Babylone. Valentin m&apos;avait dit : tu pourrais venir avec nous non ? Je ne lui avais pas parl&#xe9; de l&apos;absence de Denis. J&apos;ai dit non, cela m&apos;a fait mal d&apos;ailleurs. Je ne voulais pas m&apos;immiscer dans sa vie, j&apos;avais remarqu&#xe9; l&apos;autre jour le regard de sa femme. Comme si j&apos;&#xe9;tais une m&#xe9;chante qui &#xe9;tait venue lui voler son mari, alors que j&apos;&#xe9;tais juste sa soeur, sa petite soeur en plus, sa petite soeur inconnue, on n&apos;allait pas coucher ensemble que je sache. Hey Baby A Lone, hey pendant qu&apos;il sera aux Etats-Unis, en &#xe9;coutant la musique immonde de Diana Krall, Hey Baby Doll qu&apos;est-ce que tu iras faire &#xe0; la campagne, avec des filles citadines avec potientiellement le masque de ton oncle dans leurs poches ? J&apos;ai v&#xe9;rifi&#xe9;, elles n&apos;ont pas les moyens de me tuer, je suis morte tellement de fois comme je l&apos;ai &#xe9;crit ici il y a tr&#xe8;s longtemps, je suis d&#xe9;j&#xe0; morte que la prochaine mort ne sera qu&apos;une de plus, &#xe0; ajouter &#xe0; mon collier de dents, celui que j&apos;ai fait quand je t&apos;ai fracass&#xe9; le cr&#xe2;ne &#xe0; coups de marteau et que j&apos;ai ramass&#xe9; ce qui pouvait &#xea;tre sauv&#xe9; de cette bouillie de chair et de d&apos;os. Tu parles d&apos;une &#xe9;poque violente ! &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;aube. Il me caresse lentement le bras, je lui tourne le dos. Je fais semblant de dormir. Je fais souvent semblant de dormir. Je ne sais pas pourquoi je fais semblant de dormir. Je pourrais ouvrir les yeux tout de suite, me r&#xe9;veiller vraiment, une bonne fois pour toutes. Comme ces gens qui se r&#xe9;veillent tout de suite et qui foncent partout en ville, qui vivent &#xe0; cent &#xe0; l&apos;heure, qui font du roller et se baignent dans les fontaines. Il me caresse le bras. Il s&apos;approche. Sa chaleur est une prison. Il m&apos;embrasse la nuque. Je sens sa nostalgie. Il va repartir, mais &#xe7;a se passe mieux, peut-&#xea;tre qu&apos;il n&apos;aime pas mon attitude, bien plus conciliante. J&apos;&#xe9;vite les drames maintenant. L&apos;aube il me caresse le bras, il descend sur ma hanche, je suis allong&#xe9;e sur le c&#xf4;t&#xe9; gauche, le c&#xf4;t&#xe9; qui &#xe9;crase le coeur, ma maman me disait de ne pas dormir comme &#xe7;a, maintenant c&apos;est elle qui repose dans une bo&#xee;te. Son premier fils est mari&#xe9;, il a une femme et il va en vacances en famille, il aime &#xe7;a la famille, c&apos;est un homme qui a un physique typique de ces hommes qui deviennent des hommes quand ils deviennent p&#xe8;res. Denis n&apos;est pas un homme comme &#xe7;a, dans sa chair existe une autre dimension. Il devient homme &#xe0; travers la femme qu&apos;il prend. Il y a des hommes comme &#xe7;a, et comme &#xe7;a aussi. Comme &#xe7;a.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J&apos;ai vu qu&apos;il aimait que j&apos;&#xe9;vite le drame. Avant j&apos;avais besoin de lui tout le temps, d&#xe9;pendante certainement. J&apos;ai toujours eu besoin de d&#xe9;pendance, jusqu&apos;&#xe0; aujourd&apos;hui. C&apos;est idiot quand on y pense. Mais c&apos;est ainsi. Comme vous j&apos;imagine, vous aimeriez dormir un peu plus. Lorsque je fais semblant ce n&apos;est pas pour dormir plus. C&apos;est pour &#xe9;viter de recevoir sa nostalgie au fond de moi. D&#xe9;j&#xe0; parti mais encore l&#xe0;. C&apos;est un peu compliqu&#xe9;, la quatri&#xe8;me dimension d&#xe9;pass&#xe9;e. Il sait que je fais semblant, il l&apos;a remarqu&#xe9;. Mais respecte mon besoin de solitude &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de lui. Et c&apos;est aussi pour &#xe7;a que je ne lui dis pas que j&apos;ai des rendez-vous ailleurs, et que dans ces rendez-vous, les hommes ont les yeux gris, et &#xe9;coutent tranquillement mon coeur et sa difficult&#xe9; &#xe0; se d&#xe9;verser. Qu&apos;il est loin le temps de l&apos;innocence. J&apos;ai besoin de sentir le bout de ses doigts, ses ongles blancs et j&apos;ai besoin de me dire, encore une fois, que tout ira bien. Je pense que tout ira bien. Si seulement il pouvait tomber sur une autre r&#xe9;v&#xe9;lation que moi, cela me permettrait d&apos;&#xea;tre malheureuse &#xe0; nouveau. J&apos;ai la nostalgie des drames, des malheurs, ce n&apos;est pas comme si je les inventais, j&apos;ai v&#xe9;cu avec pendant longtemps. On ne dit pas adieu comme &#xe7;a facilement. On essaie parfois d&apos;y reprendre go&#xfb;t. Mais quoi de mieux qu&apos;une cr&#xe8;me glac&#xe9;e apr&#xe8;s un grand film au cin&#xe9;ma, et une jeune femme attentive et &#xe0; l&apos;&#xe9;coute qui para&#xee;t sympathique ? &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il fait chaud. Contre lui ou pas. Apr&#xe8;s la cr&#xe8;me glac&#xe9;e, je suis all&#xe9;e le retrouver, il &#xe9;tait avec des coll&#xe8;gues, une quinzaine, dehors ils &#xe9;taient tous &#xe0; des tables de caf&#xe9;, cela m&apos;a fait peur. Il a dit : voil&#xe0; je vous pr&#xe9;sente Angeline, ma femme. Je l&apos;ai regard&#xe9; avec des yeux ronds. On entendait la musique de Camille, &amp;quot;Money Note&amp;quot;, &amp;quot;il me manque le mark et le franc, il me manque Marc et Franck&amp;quot;. Christophe &#xe9;tait l&#xe0;, alors je lui ai fait la bise et j&apos;ai dit bonjour aux autres. Kathy, leur correspondante &#xe0; New York &#xe9;tait l&#xe0;. Elle me regardait, elle m&apos;a serr&#xe9; la main comme un homme, elle a failli me la casser. C&apos;&#xe9;tait elle la correspondante. Christophe plus tard me dira qu&apos;il ne s&apos;agit pas de la m&#xea;me qu&apos;il y a quelques mois. Mais qu&apos;elle &#xe9;tait aussi lesbienne que la pr&#xe9;c&#xe9;dente. Cela l&apos;amusait Christophe, de tomber encore sur une correspondante lesbienne, je lui ai dit : tu es d&#xe9;&#xe7;u ? Il avait un peu trop bu. Il n&apos;a rien r&#xe9;pondu l&#xe0;-dessus, il a dit : elle a vot&#xe9; pour Barack Obama et elle revotera pour lui. Denis a pris ma main pour la mettre sur sa cuisse et la tenir. J&apos;avais chaud. Kathy effectivement avait pos&#xe9; sur moi un regard sans &#xe9;quivoque, et je connaissais bien ce regard. Mon oncle avait pos&#xe9; le m&#xea;me &#xe0; l&apos;adolescence, sur mon corps qui se transformait. Aujourd&apos;hui, &#xe7;a ne me faisait plus rien. Beaucoup d&apos;hommes avaient pos&#xe9; le m&#xea;me regard que Kathy, et ils avaient pay&#xe9; ensuite pour ne plus le poser, ce regard, sur mon corps. C&apos;&#xe9;tait si loin et si proche en m&#xea;me temps. Les corps interchangeables, une cr&#xe8;me glac&#xe9;e apr&#xe8;s un grand film au cin&#xe9;ma, ma main dans celle de Denis, sur sa cuisse, cuisse que j&apos;ai embrass&#xe9;e et l&#xe9;ch&#xe9;e de nombreuses fois, et en plus on d&#xe9;monte de plus en plus vite la tour Eiffel... &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Qu&apos;il est proche, en effet, le temps de la violence.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;embed name=&quot;myflashfetish&quot; pluginspage=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; src=&quot;http://assets.myflashfetish.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; width=&quot;220&quot; height=&quot;128&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; quality=&quot;high&quot; wmode=&quot;transparent&quot; flashvars=&quot;myid=11157176&amp;amp;path=2008/07/23&amp;amp;mycolor=444444&amp;amp;mycolor2=FFFFFF&amp;amp;mycolor3=93c0e3&amp;amp;autoplay=false&amp;amp;rand=0&amp;amp;f=4&amp;amp;vol=100&amp;amp;pat=0&amp;amp;grad=false&quot; border=&quot;0&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;392&quot; alt=&quot;pgem110&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/34/76/19730/28223978.jpg&quot; width=&quot;588&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;63&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/08/87/19730/28222169.jpg&quot; width=&quot;245&quot; border=&quot;0&quot; /&gt; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 23 Jul 2008 22:34:00 GMT</pubDate></item><item><title>Sur le pas de la porte</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/29/9748871.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/29/9748871.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9748871/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/29/9748871.html</guid><description>&lt;p class=&quot;ExternalClass&quot; id=&quot;MessageBodyText&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;574&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/74/32/19730/27331552.jpg&quot; alt=&quot;image_special_offers&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;ExternalClass&quot; id=&quot;MessageBodyText&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;J&apos;ai re&#xe7;u &#xe7;a :&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;ExternalClass&quot; id=&quot;MessageBodyText&quot;&gt;Bonjour Angeline,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre 
soci&#xe9;t&#xe9;, DidrisBooks, se lance dans une nouvelle activit&#xe9;: le rachat de 
blogs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous propose de vous racheter votre blog.&amp;nbsp; Pour vous, rien de 
chang&#xe9; si ce n&apos;est l&apos;engagement de poster ce qui vous pla&#xee;t et comme cela vous 
pla&#xee;t &lt;strong&gt;avec un minimum de 2 posts par semaine&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En quoi cela 
consiste exactement?&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Nous vous versons &lt;u&gt;imm&#xe9;diatement &lt;/u&gt;une somme dont le montant reste &#xe0; 
convenir entre vous et nous.&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;En contrepartie, le contenu de votre blog depuis sa cr&#xe9;ation et pendant tout 
la dur&#xe9;e du contrat qui nous lie avec vous est prot&#xe9;g&#xe9;: &lt;u&gt;vous pouvez le 
publier &lt;/u&gt;sous forme de livre papier ou livre &#xe9;lectronique &lt;u&gt;uniquement selon 
nos conditions&lt;/u&gt; (un peu comme un &#xe9;crivain qui aurait sign&#xe9; un contrat avec la 
maison d&apos;&#xe9;dition X ou Y).&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;Nous obtenons le droit de placer, en marge de votre blog, des &lt;u&gt;annonces 
publicitaires de notre choix&lt;/u&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Si ce partenariat vous int&#xe9;resse, 
veuillez nous le faire savoir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans l&apos;attente, salutations 
distingu&#xe9;es.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;-- &lt;br /&gt;Joe Rafferti&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;---------------------------------------------------------------&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;Si jamais tu ne regardes pas la v&#xe9;rit&#xe9; en face, apprend au moins que ta place entre ses bras n&apos;est pas vol&#xe9;e. Qu&apos;il existe, bien au-del&#xe0; de sa texture un endroit au fond de lui, o&#xf9; ne circule pas le sang, ni m&#xea;me d&apos;ailleurs les autres fluides. Cet endroit, il ne le conna&#xee;t pas lui-m&#xea;me. L&#xe0;-bas, toutes les choses les plus impalpables de son &#xea;tre peuvent te servir &#xe0; affronter la guerre &#xe9;ternelle qu&apos;est le monde, dans ses plus belles repr&#xe9;sentations, dans ses plus vastes &#xe9;tendues. Les montagnes savent pourquoi le ciel est si attirant. Plus besoin de regarder la v&#xe9;rit&#xe9; en face, plus besoin d&apos;essayer de faire semblant d&apos;avoir la force que tu n&apos;as plus depuis longtemps. Cette force qui provient du soleil et qui rend les hommes si heureux de se lever chaque matin, lorsque b&#xe9;b&#xe9; gazouille et que ch&#xe9;rie se maquille, tout cela pendant que l&apos;ombre guette sur le pas de la porte. Si jamais, par malheur, tu regardais la v&#xe9;rit&#xe9; en face, alors tu verrais que ce n&apos;est qu&apos;une infime parcelle d&apos;une v&#xe9;rit&#xe9; bien plus grande, tellement plus que tu ne pourrais jamais la consid&#xe9;rer dans toute son ampleur. Il faudrait attendre que tu passes pour cela, comme une courte saison &#xe0; oublier. Et de prendre conscience de cela te donnerait envie de te draper d&apos;une humilit&#xe9; certaine. Ne regarde pas par le trou de la serrure, ne le laisse pas verrouiller les placards &#xe0; cl&#xe9;. Appelle ton fr&#xe8;re Jupiter, qu&apos;il te regarde, sans intervenir te suicider&amp;quot;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;428&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;540&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/93/17/19730/27331573.jpg&quot; alt=&quot;kirkukreturneekids&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img height=&quot;63&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;245&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/78/77/19730/27331591.jpg&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 29 Jun 2008 12:36:00 GMT</pubDate></item><item><title>Rendez-vous qui sait</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/18/9614888.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/18/9614888.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9614888/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/18/9614888.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;253&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;vlcsnap_98211&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/17/24/19730/26933028_p.png&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ffffff&quot;&gt;Note.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous prenons tous les jours rendez-vous avec quelqu&apos;un ou quelque chose. Je mets mes jambes correctement pour qu&apos;il puisse s&apos;apercevoir. Que j&apos;ai le feu. L&#xe0; o&#xf9; ils pensent. Le feu ravage tous les &#xe9;tages, un &#xe0; un. On attend que les pompiers se d&#xe9;cident. A se lever. Ils se meuvent avec difficult&#xe9;. Ce n&apos;est pas de leur faute. Des appels, des cris, des explosions, ils n&apos;en ont jamais assez. Comme moi, m&#xea;me si un jour, c&apos;est vrai, j&apos;en ai eu quand m&#xea;me assez. C&apos;&#xe9;tait juste que je ne voulais pas le savoir ni l&apos;entendre. Que j&apos;en avais assez. C&apos;est une entreprise militaire, dirig&#xe9;e d&apos;une poigne de fer, il met sa main sur ma cuisse. Comme &#xe7;a il craque son allumette, et les &#xe9;tincelles scintillent partout autour de nous. On dirait des esprits de lutins, pour ceux qui s&apos;y reconnaissent et qui aiment. Nous sommes tous b&#xe9;nis comme &#xe7;a, d&apos;une flamm&#xe8;che bleue au dessus de la t&#xea;te. Vivants et b&#xe9;nis, la chair pourrissante peut entra&#xee;ner la formation de gaz qui entra&#xee;nent comme r&#xe9;sultante des feux-follets. Il est fou des cuisses des femmes, moi les cuisses des hommes, &#xe7;a d&#xe9;pend lesquelles. Jamais une cam&#xe9;ra n&apos;entre dans notre chambre, pas d&apos;appareil photo, pas de webcam, tous ces engins du d&#xe9;mon ne sont pas dignes de nous filmer en train de nous caresser. Ou pire. Elles ne sont pas toutes convenables. Nos positions, nos caresses. Nos amours. Mes amours. Ce qui me convient ne convient pas &#xe0; d&apos;autres, j&apos;en ai parfaitement conscience. Mon corps lui convient, j&apos;ai perdu du poids encore, je suis encore plus maigre qu&apos;avant, il m&apos;a dit : c&apos;est bon l&#xe0;, c&apos;est bon. Ensuite il s&apos;est rattrap&#xe9; : mais tu &#xe9;tais d&#xe9;j&#xe0; tr&#xe8;s bien. Je me demande comment Valentin fait l&apos;amour &#xe0; sa femme. D&#xe9;sol&#xe9;e, je ne devrais pas &#xe9;crire &#xe7;a ici. Parler de son fr&#xe8;re en ces termes. Ce n&apos;est pas comme si j&apos;avais grandi avec lui. &lt;font color=&quot;#ffffff&quot;&gt;Tout le mal qui existe &#xe7;a donne le vertige, &#xe7;a devrait &#xea;tre interdit.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Le discernement des choses je l&apos;ai dans son regard mouill&#xe9;. Ses l&#xe8;vres entrouvertes qu&apos;il humidifie lentement, du bout de sa langue. Nous n&apos;irons pas faire un petit tour dans la cave. Pas besoin de vivre en victime/bourreau. C&apos;est un peu hypocrite. Mais il faut faire avec, sur le chemin du plaisir, le bonheur est un mot tronqu&#xe9;. Autant passer sauvagement toute la langue sur les l&#xe8;vres, avec gourmandise, quitte &#xe0; passer pour un assoiff&#xe9;. Un soiffard. Vous voyez. Je l&apos;aime comme &#xe7;a, quand il ne se retient pas. Il se retient longtemps. C&apos;est un plaisir pour lui. Pendant que quelque part, un homme tra&#xee;ne une valise dans laquelle il a d&#xe9;coup&#xe9; en morceaux une femme qu&apos;il connaissait. La t&#xea;te et les jambes s&#xe9;par&#xe9;es du reste, quelle &#xe9;trange caresse. Mais ce n&apos;est pas &#xe7;a qui est le mieux. Ce sont ces grands incendies qui ravagent notre terre chaque ann&#xe9;e, il se retient. Ne pense &#xe0; rien. Ne souhaite rien. Regarde : sur lui il a l&apos;impression, comme beaucoup d&apos;hommes, de perdre une partie de son pouvoir. Un peu comme Darth Vador perdant le c&#xf4;t&#xe9; obscur de sa force lorsque son fils, Luke, lui fait perdre son casque, le mettant &#xe0; nu dans ce qu&apos;il est de plus path&#xe9;tique. Je me mets sur lui, je lui enl&#xe8;ve son casque. Je le d&#xe9;casque. Au lieu de le d&#xe9;ca...f&#xe9;iner. On ne sait jamais. Le discernement, ne pas oublier de bien regarder les choses, ne pas juger avant de bien regarder. Ne pas aller trop vite. R&#xe9;fl&#xe9;chir un peu &#xe0; ce qui est dit, &#xe0; ce qui est exprim&#xe9; avant de sortir son jugement, je ne peux pas, le corps est trop chaud. Les pompiers foncent, sir&#xe8;nes hurlantes. Avec un peu de chance, ils n&apos;&#xe9;craseront plus de petits chiens sur leur chemin. Le laissant l&#xe0;. Sur la route, ensanglant&#xe9;, tous les os du corps cass&#xe9;. Per&#xe7;ant ses poumons qui se remplissent de tous les fluides du corps, tous les fluides, toutes les choses qu&apos;on a dans le sang. Denis aussi se remplit lorsque son œil humide m&apos;apprend la vie. Encore une fois.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle a tout vu, dans leurs fa&#xe7;ons de caresser, les principes de la vie. Les fa&#xe7;ons de se tenir &#xe0; table. Les coudes &#xe0; surveiller, les couverts &#xe0; utiliser, &#xe0; quoi servent les couteaux &#xe0; poisson. Elle &#xe9;tait une fille du peuple fondamentalement, comme ce pauvre chien aux os bris&#xe9;s, ses poumons collaps&#xe9;s. Une fille de servants, une fille d&apos;en bas aurait dit Jean-Pierre. Gr&#xe2;ce &#xe0; sa chaleur, et &#xe0; l&apos;anneau de l&apos;univers, elle a r&#xe9;ussi, &#xe0; enserrer quelqu&apos;un, par le cœur, finalement plus que par le cul, mais l&apos;un n&apos;allait jamais sans l&apos;autre, c&apos;&#xe9;tait particuli&#xe8;rement vrai dans sa relation actuelle, qui &#xe9;tait tr&#xe8;s humide et &#xe9;rotique, tous les jours, toutes les nuits, les apr&#xe8;s-midis. Tout le temps quoi. Par soleil comme par temps de pluie. Elle n&apos;est pas fatigu&#xe9;e, elle a principalement &#xe9;t&#xe9; faite pour &#xe7;a. Elle ne sait pas faire autre chose enti&#xe8;rement finalement. Les pompiers attendent de mourir dans leurs camionnettes, ils ne meurent pas par masse encore. Encore que, &#xe7;a d&#xe9;pend des circonstances. Ils &#xe9;teignent les feux de leurs &#xe9;pouses ou de leurs compagnons lorsqu&apos;ils rentrent noircis par les fum&#xe9;es toxiques. Ils s&apos;endorment ensuite, ils r&#xea;vent de maisons en feu. A &#xe9;teindre. Ce qui est bien dans le m&#xe9;tier de pompier, c&apos;est que c&apos;est un m&#xe9;tier d&apos;avenir. On a toujours besoin d&apos;un bon pompier de temps en temps. Je ne sais pas si cela est vrai aussi pour vous. Cela nous d&#xe9;mange fondamentalement, pour ceux qui savent observer la vie autour d&apos;eux. Et aussi pour ceux qui ne savent pas. Il me retourne parfois violemment. Pour se mettre sur moi. Mais je n&apos;ai pas mal. Violemment c&apos;est la surprise. Cela me surprend encore. Apr&#xe8;s tout ce temps pass&#xe9; ensemble, il arrive toujours &#xe0; me surprendre. A moins que je ne me laisse encore surprendre. Certainement un peu des deux. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;incendie se voyait depuis notre fen&#xea;tre dans le noir de ma chambre. La ville &#xe9;tait sombre et on voyait cette lueur au loin, petite, qui semblait constituer un grand incendie de pr&#xe8;s, en fait. Des fois je m&apos;endors avec des bougies allum&#xe9;es, en esp&#xe9;rant que peut-&#xea;tre, avec un peu de chance, il y aura un accident. Et que je serai br&#xfb;l&#xe9;e vive. Comme ces femmes br&#xfb;l&#xe9;es vives par leurs &#xe9;poux. Une mort atroce, parmi tous les types de morts atroces. Alors Denis me r&#xe9;veille, la derni&#xe8;re fois, fin mai, il m&apos;a m&#xea;me engueul&#xe9;e en rentrant du travail : combien de fois je vais devoir te le dire que c&apos;est stupide de s&apos;endormir avec des bougies allum&#xe9;es ? Et toi, tu n&apos;es pas quelqu&apos;un de stupide pourtant, alors ? Tu vas m&apos;&#xe9;couter cette fois peut-&#xea;tre ? Tu as mang&#xe9; ? Je lui demande. Oui. Mais ne change pas de sujet. Ce matin Christophe t&#xe9;l&#xe9;phonait pour dire sa d&#xe9;ception, face &#xe0; la France et le foot, de hier soir. La d&#xe9;faite. Ils sont d&#xe9;&#xe7;us lorsque leurs r&#xea;ves partent en fum&#xe9;e. Leurs r&#xea;ves de gagner, d&apos;&#xea;tre les meilleurs, quand on sait qu&apos;on ne sera jamais les meilleurs dans la r&#xe9;alit&#xe9;. Comme moi, qui pourtant n&apos;aime pas le foot. Les pompiers renversent-ils des vieux chiens abandonn&#xe9;s lorsqu&apos;ils courent &#xe9;teindre des feux ? L&apos;autre fois avec les bougies allum&#xe9;es, j&apos;ai dit &#xe0; Denis : tu veux qu&apos;on fasse l&apos;amour ? Il d&#xe9;faisait le nœud de sa cravate. Il a sourit. Il a demand&#xe9; : tu as envie ? C&apos;est comme un rendez-vous qu&apos;on prend avec celui ou celle qu&apos;on aime. Peu importe le sexe ou la sexualit&#xe9;. C&apos;est un rendez-vous qui doit marcher quand le reste fonctionne presque, ou pas du tout. Dans la rue, on entend les chats en chaleur miauler et les chiens errants aboyer. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Ils aiment quand on a envie de br&#xfb;ler.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;center&gt;&lt;a title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; class=&quot;abp-objtab-033889080535495353 visible ontop&quot; href=&quot;http://assets.myflashfetish.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 0px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://assets.myflashfetish.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; class=&quot;abp-objtab-033889080535495353 visible ontop&quot; title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 0px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; class=&quot;abp-objtab-033889080535495353 visible ontop&quot; href=&quot;http://assets.myflashfetish.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 0px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://assets.myflashfetish.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; class=&quot;abp-objtab-033889080535495353 visible ontop&quot; title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 0px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;embed width=&quot;220&quot; height=&quot;128&quot; border=&quot;0&quot; align=&quot;9&quot; quality=&quot;high&quot; wmode=&quot;transparent&quot; flashvars=&quot;myid=10337191&amp;amp;path=2008/06/18&amp;amp;mycolor=0x000000&amp;amp;mycolor2=0x0CA6CC&amp;amp;mycolor3=0xE6E6E6&amp;amp;autoplay=false&amp;amp;rand=0&amp;amp;f=3&amp;amp;vol=100&amp;amp;pat=16&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; src=&quot;http://assets.myflashfetish.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; pluginspage=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; name=&quot;myflashfetish&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/center&gt;&lt;p&gt;&lt;img width=&quot;0&quot; height=&quot;0&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://counters.gigya.com/wildfire/CIMP/bT*xJmx*PTEyMTM3NjY5Mjc*OTEmcHQ9MTIxMzc2NjkyOTg1NiZwPTE4MDMxJmQ9Jm49Jmc9MQ==.jpg&quot; style=&quot;visibility: hidden; width: 0px; height: 0px;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;272&quot; height=&quot;540&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/22/92/19730/26932366.jpg&quot; alt=&quot;ana_mendieta_on_giving_life_1975&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;245&quot; height=&quot;63&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/04/37/19730/26932371.jpg&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 18 Jun 2008 06:57:00 GMT</pubDate></item><item><title>Gunkanjima, l&apos;&#xee;le navire de guerre</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/17/9578638.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/17/9578638.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9578638/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/17/9578638.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;614&quot; height=&quot;503&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;11&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/95/47/19730/26890954.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Paul n&apos;est plus le m&#xea;me. Il n&apos;a plus le m&#xea;me regard. D&apos;ailleurs ses yeux &#xe9;taient rouges. Difficile de le reconna&#xee;tre. Il m&apos;avait tant irrit&#xe9; auparavant. Et l&#xe0; c&apos;&#xe9;tait un pantin allong&#xe9;, perdu, entre les attentions que tentaient de lui prodiguer ses amis de travail, Denis et Christophe, et sa femme. Avec son allure hautaine et le trouble qu&apos;elle ne parvenait pas &#xe0; dissimuler et que je voyais, elle semblait malgr&#xe9; tout boulevers&#xe9;e. Cette ambivalence &#xe9;tait &#xe9;trange parce que j&apos;ai failli penser qu&apos;elle semblait soulag&#xe9;e, elle aussi, par quelque chose d&apos;incompr&#xe9;hensible pour moi. Ce trouble caus&#xe9; par l&apos;accident de son mari ne l&apos;&#xe9;tait qu&apos;en partie, car il &#xe9;tait visible qu&apos;il datait depuis bien plus longtemps. Heureusement que Paul n&apos;&#xe9;tait pas avec une prostitu&#xe9;e lors de l&apos;accident. Heureusement qu&apos;il ne se trouvait pas avec sa ma&#xee;tresse. Je sais qu&apos;il en a encore une, je crois que c&apos;est encore la m&#xea;me qu&apos;&#xe0; l&apos;&#xe9;poque. Il en avait parl&#xe9; &#xe0; Denis qui &#xe0; son tour m&apos;en avait parl&#xe9;. Il lui avait dit : &amp;quot;j&apos;ai des probl&#xe8;mes avec elle, elle veut me voir plus souvent.&amp;quot; Elle aurait tr&#xe8;s bien pu le sucer dans la voiture, ce qui aurait provoqu&#xe9; l&apos;accident, il aurait fonc&#xe9; dans l&apos;arbre. Je suppose que les m&#xe9;decins ont pens&#xe9; plut&#xf4;t &#xe0; une tentative de suicide. Paul souriait trop pour que &#xe7;a soit honn&#xea;te. Il a dit : &amp;quot;j&apos;ai juste perdu le contr&#xf4;le de mon v&#xe9;hicule&amp;quot;. Bien s&#xfb;r, bien s&#xfb;r, on va te croire. Ces derniers temps il &#xe9;tait plus renferm&#xe9; m&apos;a dit Denis. Dans leur milieu les d&#xe9;pressions explosent soudainement, les gens prennent tellement sur eux que &#xe7;a n&apos;est pas visible tout de suite. Sauf seulement pour ceux qui savent sentir et ressentir les autres. J&apos;avais de toute fa&#xe7;on toujours pens&#xe9; que son sourire &#xe9;tait faux. Crisp&#xe9;. Forc&#xe9;. Et puis je m&apos;&#xe9;tais ravis&#xe9;e : qui je suis, moi, pour penser, de mani&#xe8;re aussi lapidaire, qu&apos;untel est comme &#xe7;a, qu&apos;un autre est comme ci ? N&apos;emp&#xea;che restait le sentiment d&apos;avoir affaire &#xe0; un clown bien content de l&apos;&#xea;tre. C&apos;&#xe9;tait comme &#xe7;a, Paul, que je le voyais. Quand je pense que j&apos;ai fait un r&#xea;ve &#xe9;rotique dans lequel nous baisions comme des chiens. Il me faisait piti&#xe9; &#xe0; pr&#xe9;sent et j&apos;avais de la peine pour lui. De la compassion, plus exactement, de la bonne et saine compassion, pas de la piti&#xe9;. Ce qui me fait piti&#xe9; c&apos;est autre chose, c&apos;est un vaste sujet que je ne peux &#xe9;voquer ici. Je n&apos;ai plus envie de me contenter de mes frustrations. J&apos;ai eu besoin d&apos;en parler &#xe0; Valentin. De Paul. J&apos;ai eu envie de dire &#xe0; Paul : tu sais, ton accident ce n&apos;est rien. Mon p&#xe8;re un jour de mai a re&#xe7;u une lettre pour ma m&#xe8;re en provenance d&apos;un homme qui pr&#xe9;tendait &#xea;tre le fils de cette derni&#xe8;re. Son premier fils, son ill&#xe9;gitime, qu&apos;elle a eu de quelqu&apos;un d&apos;autre. Et il a voyag&#xe9;, comme elle, il n&apos;est pas rest&#xe9; dans son pays d&apos;origine. Tu imagines ? Et en plus, il habite dans la m&#xea;me grande ville que moi &#xe0; pr&#xe9;sent. C&apos;est peut-&#xea;tre une preuve suppl&#xe9;mentaire que Dieu existe. Combien il y avait de chances pour qu&apos;il nous retrouve ? Pour qu&apos;elle laisse son identit&#xe9; en l&apos;abandonnant ? Toutes ces correspondances, ces &#xe9;chos qui se r&#xe9;pondent, des ann&#xe9;es plus tard. Ton accident peut-&#xea;tre que tu devais passer par l&#xe0;, Paul. Je le regardais et je me disais &#xe7;a : oui, peut-&#xea;tre qu&apos;il s&apos;agissait tout autant du hasard que du destin. D&apos;ailleurs peut-&#xea;tre que les deux ne faisaient qu&apos;un un jour ou l&apos;autre dans la vie d&apos;une personne. &lt;br /&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour moi, Denis te donnait son attention par piti&#xe9; et non par compassion. Denis ne conna&#xee;t que tr&#xe8;s peu cette derni&#xe8;re. M&#xea;me si on pourrait le croire lorsqu&apos;on le conna&#xee;t assez. C&apos;est un homme dur &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur, il faut apprendre &#xe0; le faire fondre. Je n&apos;ai pas eu &#xe0; apprendre, au contraire, les choses se sont faites seules. Ma m&#xe8;re connaissait la compassion et la piti&#xe9; et savait faire la diff&#xe9;rence. Malgr&#xe9; tout pour elle les deux &#xe9;taient &#xe0; m&#xe9;priser. Elle avait pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; laisser tomber la vie, c&apos;&#xe9;tait comme &#xe7;a que je prenais son d&#xe9;c&#xe8;s. Des mois et des mois passent apr&#xe8;s le d&#xe9;part des gens qu&apos;on aimait, et on se rend compte qu&apos;on r&#xe9;ussit &#xe0; &#xea;tre l&#xe0; quand m&#xea;me, avec leur absence. C&apos;est sid&#xe9;rant par moments. A l&apos;&#xe9;poque je la d&#xe9;testais tellement, j&apos;avais tant de ressentiment. Voir la femme de Paul &#xe0; la fois inqui&#xe8;te, nerveuse et ailleurs, cela m&apos;a donn&#xe9; envie de reconsid&#xe9;rer la chose, en effet quand on d&#xe9;teste ses parents, on d&#xe9;teste une partie de soi, c&apos;est ind&#xe9;niable. C&apos;est l&#xe9;gitime. Le ciel change tout le temps de forme et de couleur, les parents restent au bout d&apos;un moment, comme une image fixe, accroch&#xe9;e sur les murs de la m&#xe9;moire comme les photos de famille sur ceux d&apos;une maison. Paul avait de la chance d&apos;avoir cette femme-l&#xe0;. Malgr&#xe9; sa froideur, son air pinc&#xe9;. Et ses angoisses dans la poitrine qui &#xe9;manait d&apos;elle si fort que cela m&apos;indisposait, j&apos;ai &#xe9;t&#xe9; oblig&#xe9;e de feindre et de mentir sur une envie d&apos;uriner. Pour me r&#xe9;fugier aux toilettes. J&apos;ai ferm&#xe9; la porte. Une porte me s&#xe9;parait d&apos;eux, dans la chambre. J&apos;ai pens&#xe9; que depuis l&apos;accident, la voix de Paul semblait plus aigu&#xeb;. Ce qui m&apos;a fait sourire. 

&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;609&quot; height=&quot;503&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;8&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/85/51/19730/26890964.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je devais faire face &#xe0; &#xe7;a. A cette intrusion blonde. Il est grand, il mesure un m&#xe8;tre quatre-vingt-treize. Il est mari&#xe9;. Il est infographiste. Il a v&#xe9;cu en Normandie. Il a d&#xe9;test&#xe9; cette p&#xe9;riode, il d&#xe9;teste la Normandie, qu&apos;il a qualifi&#xe9; de &amp;quot;trou impossible &#xe0; r&#xe9;cup&#xe9;rer&amp;quot;. Cela m&apos;a fait rire. Je dois faire face au monde et &#xe0; &#xe7;a dans le monde, qui est un vaste programme. A ce grand fr&#xe8;re, encore plus grand que l&apos;autre, encore plus, et je dois faire face &#xe0; sa demande. Plus grand et tr&#xe8;s diff&#xe9;rent. Oh je sais, je pourrais refuser. Je pourrais lui dire que &#xe7;a me trouble et que je ne peux pas. Lorsqu&apos;on se regarde, on cherche. On cherche ce qui, dans le visage de l&apos;autre, pourrait constituer une r&#xe9;ponse, un signe de l&apos;origine. La m&#xe8;re. Notre m&#xe8;re. C&apos;est tellement &#xe9;trange. Le sentiment que j&apos;ai, encore, tr&#xe8;s pr&#xe9;gnant, c&apos;est d&apos;&#xea;tre entr&#xe9;e d&#xe9;finitivement dans la quatri&#xe8;me dimension. La ville a chang&#xe9; autour de moi, et les gens ont chang&#xe9; et dans leurs visages, je cherche mon origine. Avant je cherchais cette derni&#xe8;re dans les queues des hommes et dans leur jouissance. Dans leur sperme. Comme Nicolas je cherche un destin, peut-&#xea;tre. Surtout quand j&apos;embrasse tendrement Denis ou que je le laisse me prendre m&#xea;me sans avoir envie. Quand l&apos;amour se cultive comme une plante verte. Elles aiment la musique douce les plantes vertes. En fait, jamais je ne pourrai refuser l&apos;appel de Valentin. Le trouble n&apos;en serait que plus vif. Plus ardent. Je ne pourrais pas longtemps supporter &#xe7;a. Mon narcissisme dans ma poche, au contraire, &#xe0; la recherche de moi dans le visage de l&apos;autre, j&apos;ai vu que c&apos;&#xe9;tait pareil pour lui. Valentin. Pourquoi s&apos;appelle-t-il comme &#xe7;a ? Pourquoi a-t-il quitt&#xe9; le Portugal ? Presque en m&#xea;me temps que ma m&#xe8;re, lorsqu&apos;elle &#xe9;tait jeune. Valentin vient d&apos;avoir 36 ans, en mars. Deux ans de plus que Thomas. Lorsqu&apos;il s&apos;est pr&#xe9;sent&#xe9;, dans ce caf&#xe9;, il a sourit en me voyant. Nous nous &#xe9;tions envoy&#xe9;s nos photos avant. Il a dit : &amp;quot;bonjour, Angeline c&apos;est &#xe7;a ? Je suis ton fr&#xe8;re... Valentin&amp;quot;. Il m&apos;a fait la bise et j&apos;ai senti que sa peau aurait pu faire l&apos;affaire de la mienne et je m&apos;en suis voulue, ensuite, de cette pens&#xe9;e &lt;em&gt;&#xe9;rotisante&lt;/em&gt;, tout en sachant pertinemment de quelle hyst&#xe9;rie elle venait. Donc il n&apos;y avait pas de mal en fait. Paul a eu son accident plus tard. Je ne savais pas que cela me toucherait autant, au moment o&#xf9; je parlais chaleureusement avec Valentin. Car le contact f&#xfb;t imm&#xe9;diatement chaleureux et dr&#xf4;le. Il &#xe9;tait amusant, et calme. Vif. Int&#xe9;ressant, il rebondissait sur ce que je disais, il regardait les photos de ma m&#xe8;re -notre m&#xe8;re- avec avidit&#xe9;, soif et gourmandise. Valentin &#xe0; priori est tout le contraire de Thomas, qui lui est silencieux mais int&#xe9;rieurement pas calme, pas net, et qui est terne, pas vif, pas lumineux. Il a &#xe9;t&#xe9; tr&#xe8;s &#xe9;mu de voir cette femme sur cette photo, morte depuis un an et demi. Il savait depuis nos coups de fils au t&#xe9;l&#xe9;phone qu&apos;elle &#xe9;tait morte. Il a &#xe9;t&#xe9; tr&#xe8;s d&#xe9;&#xe7;u. Il a demand&#xe9; avec une petite voix subitement : je peux garder les photos ? Oui bien s&#xfb;r, j&apos;en ai fait des copies pour &#xe7;a. Il a dit : c&apos;est du bon papier photo en plus. Je pourrai t&apos;en avoir avec le bureau. J&apos;ai dit : non non c&apos;est pas la peine. C&apos;est normal a-t-il r&#xe9;pondu. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne savais pas ce que je pensais. On se regardait. On se scrutait en fait. Deux visages suspendus dans la toile de la r&#xe9;alit&#xe9;, deux visages lunaires, l&apos;origine &#xe9;tait-elle en lui ? Dans ses yeux bleus ? Comment &#xe9;tait-ce possible ? Je ne savais pas ce que je pensais, mais je savais ce que je ressentais. Je ressentais un soulagement, qui &#xe9;tait la cons&#xe9;quence d&apos;une cause ind&#xe9;finissable. En fait, plus les semaines ont pass&#xe9; et plus j&apos;ai eu le sentiment de pardonner &#xe0; ma m&#xe8;re. Pardonner quoi ? Sa m&#xe9;diocrit&#xe9; ? La mienne ? Aucune id&#xe9;e. Et plus j&apos;incorporais &#xe7;a, plus je me disais que peut-&#xea;tre, &#xe0; mon tour, &#xe0; pr&#xe9;sent, j&apos;&#xe9;tais arm&#xe9;e pour avoir un enfant de Denis, qui reste et restera dans la demande. Cependant, tout cela &#xe9;tait retomb&#xe9; avec l&apos;histoire de son fils, qui jouait au petit con, dixit Denis en col&#xe8;re au t&#xe9;l&#xe9;phone avec son ex-femme. Elle se plaignait qu&apos;il lui parlait mal, et Denis lui disait : &amp;quot;et son beau-p&#xe8;re, il ne le reprend pas quand il te dit quelque chose ? Moi je ne suis pas l&#xe0; tu sais, je vais lui en toucher un mot quand il viendra mais... Quoi ? Non, avec Angeline il se comporte tr&#xe8;s bien. Tr&#xe8;s tr&#xe8;s bien m&#xea;me.&amp;quot; Denis disait &#xe7;a avec une pointe de fiert&#xe9;, histoire de dire : tu as vu, avec ma conjointe, notre fils ne se comporte pas comme avec ton mec. J&apos;avais fait un oui de la t&#xea;te lorsque Denis au t&#xe9;l&#xe9;phone avait dit &#xe0; &#xe7;a &#xe0; son ex-femme. Il m&apos;avait regard&#xe9; en m&#xea;me temps d&apos;un œil illumin&#xe9; de malice. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En m&#xea;me temps, j&apos;entendais, mais je pensais &#xe0; Valentin. A ses yeux dans lequel on aurait pu y mettre l&apos;univers. La r&#xe9;ponse &#xe0; la question impossible &#xe0; dire devait forc&#xe9;ment se trouver en lui quelque part. Avec une telle couleur, un tel regard. Valentin m&apos;apaisait et je sentais qu&apos;il cherchait les m&#xea;mes r&#xe9;ponses, il cherchait surtout comment je voyais ma m&#xe8;re et comment je pouvais lui parler d&apos;elle. Il avait &#xe9;norm&#xe9;ment d&apos;attente envers elle, il s&apos;&#xe9;tait imagin&#xe9; tant de choses. Il &#xe9;tait surpris sur certaines, comme les relations qu&apos;elle avait entretenu pendant quelques ann&#xe9;es avec des T&#xe9;moins de J&#xe9;hovah. Il avait demand&#xe9; : &amp;quot;et sa famille &#xe0; elle, a-t-elle des fr&#xe8;res ou des soeurs ?&amp;quot; Il a vu tout de suite que cela m&apos;a mise mal &#xe0; l&apos;aise, j&apos;ai essay&#xe9; de le cacher. J&apos;ai dit : &amp;quot;elle a eu un fr&#xe8;re&amp;quot;. Mais il est mort aujourd&apos;hui. En fait, il est mort en 2002. D&apos;une crise cardiaque. Je ne me sentais plus moi-m&#xea;me dans mon corps en disant &#xe7;a. Mes yeux se mouillaient. Il a demand&#xe9; : &amp;quot;il &#xe9;tait plus &#xe2;g&#xe9; ou plus jeune qu&apos;elle ? Plus jeune j&apos;ai dit, avant de me reprendre : plus &#xe2;g&#xe9; pardon&amp;quot;. Et puis je me suis rendue compte que je n&apos;&#xe9;tais pas s&#xfb;re. J&apos;avais un trou de m&#xe9;moire, r&#xe9;v&#xe9;lateur. En fait, c&apos;est &#xe9;tonnant j&apos;ai dit en souriant mais je ne m&apos;en souviens plus. J&apos;ai un doute. Je n&apos;&#xe9;tais... pas tr&#xe8;s... Je ne le connaissais pas bien en fait. L&#xe0;, j&apos;ai vu que Valentin avait senti que je venais de lui mentir de mani&#xe8;re &#xe9;hont&#xe9;e. Heureusement pour m&apos;aider, il a chang&#xe9; de sujet.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais ce n&apos;&#xe9;tait pas grave d&apos;&#xea;tre mal &#xe0; l&apos;aise sur cette question, car devant Paul malade, affaibli, r&#xe9;duit &#xe0; l&apos;impuissance, je me sentais peut-&#xea;tre, pour la premi&#xe8;re fois de ma vie, au bord du bon pr&#xe9;cipice. C&apos;&#xe9;tait peut-&#xea;tre le bon, il ne me restait qu&apos;&#xe0; sauter, sans risquer de tomber n&apos;importe o&#xf9;. Int&#xe9;rieurement, le chemin le plus chaotique avait &#xe9;t&#xe9; fait, je n&apos;en &#xe9;tais pas &#xe0; mes premi&#xe8;res heures, j&apos;ai toujours eu conscience de la r&#xe9;alit&#xe9; de l&apos;horreur. La pluie acide d&apos;autrefois s&apos;est arr&#xea;t&#xe9;e, dans les yeux de ce fr&#xe8;re, qui ne peut l&apos;&#xea;tre &#xe0; moiti&#xe9;, j&apos;ai peut-&#xea;tre envisag&#xe9; trouver une r&#xe9;ponse. Peut-&#xea;tre qu&apos;il a &#xe9;t&#xe9; fait uniquement pour mon propre pardon, de mani&#xe8;re &#xe9;go&#xef;ste, peut-&#xea;tre que cet enfant qu&apos;elle avait laiss&#xe9; &#xe0; d&apos;autres avait &#xe9;t&#xe9; fait pour que je puisse la pardonner. En quittant l&apos;h&#xf4;pital, cette pens&#xe9;e tr&#xe8;s narcissique avait un c&#xf4;t&#xe9; des plus rassurant. La chaleur d&apos;un fr&#xe8;re est unique, et j&apos;ai beau ne pas le conna&#xee;tre, j&apos;ai l&apos;impression de reconna&#xee;tre ma m&#xe8;re dans son sourire, dans sa fa&#xe7;on de regarder les choses, les &#xea;tres, les gens. Moi. Dans les yeux de ma m&#xe8;re, j&apos;aurais pu y mettre l&apos;enfer tout entier, et d&apos;ailleurs &#xe0; plusieurs reprises je l&apos;ai fait. Pourtant, la seule fois qu&apos;elle m&apos;a abandonn&#xe9;e c&apos;est &#xe0; l&apos;heure de sa mort. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne devrais pas trop me plaindre. Comme je le faisais auparavant ici, sous couvert de litt&#xe9;rature, sous couvert de ma litt&#xe9;rature, ma litt&#xe9;rature du &amp;quot;tout de suite&amp;quot; comme je l&apos;appelle souvent, avec d&#xe9;lectation et fiert&#xe9; je dois bien le dire. Ici s&apos;allume l&apos;œil de la malice bienveillante. Dans l&apos;œil de mes fr&#xe8;res, il y a de l&apos;amour, et dans celui que je n&apos;ai jamais connu, il y a l&apos;amour d&apos;une m&#xe8;re qui n&apos;a jamais voulu m&apos;abandonner malgr&#xe9; le sentiment contraire que j&apos;ai pu avoir. Elle est all&#xe9;e danser avec les anc&#xea;tres dans les &#xe9;toiles, j&apos;esp&#xe8;re qu&apos;elle appr&#xe9;cie ma mani&#xe8;re de danser ici-bas aujourd&apos;hui. Aujourd&apos;hui, maman, si tu me regardes, tu sais o&#xf9; me trouver. Tu vois m&#xea;me l&apos;&apos;&#xee;le qui ressemble &#xe0; un navire de guerre. Elle ne sera plus jamais habit&#xe9;e par des Hommes. Un jour peut-&#xea;tre.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Paul, bienvenue sur l&apos;&#xee;le de Gunkanjima. Inhabit&#xe9;e depuis 1973, seuls les fant&#xf4;mes l&apos;habitent &#xe0; ce qu&apos;on raconte. Et seuls eux peuvent chercher sans trouver les r&#xe9;ponses dans les visages des autres. Ces r&#xe9;ponses aux questions impossibles &#xe0; formuler. &lt;br /&gt; &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;436&quot; height=&quot;532&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;3&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/02/91/19730/26890979.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;245&quot; height=&quot;63&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/92/95/19730/26815579.jpg&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 17 Jun 2008 14:56:00 GMT</pubDate></item><item><title>Pour la gloire !!!</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/15/9575492.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/15/9575492.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9575492/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2008/06/15/9575492.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;381&quot; height=&quot;476&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Man_Ray___Hemingway&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/58/56/19730/26804031.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&amp;quot;J&apos;ai r&#xea;v&#xe9; d&apos;un monde de soleil dans la fraternit&#xe9; de mes fr&#xe8;res aux yeux bleus&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;L&#xe9;opold S&#xe9;dar Senghor&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;



&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&apos;&#xe9;tait un mauvais t&#xe9;l&#xe9;film italien, Valentin. Un mauvais t&#xe9;l&#xe9;film avec
de mauvais personnages, dans de mauvaises situations, et des
rebondissements improbables. Cela t&apos;avait fait rire. Ma r&#xe9;alit&#xe9; on s&apos;en fichait Valentin, on
s&apos;en fichait parce que nous &#xe9;tions ensemble et que j&apos;&#xe9;tais heureuse.
Pas tout le temps, j&apos;ai dit : parfois. Avec toi, je l&apos;&#xe9;tais de nouveau. Une nouvelle personne peut nous rendre heureux, avant de nous d&#xe9;cevoir un jour forc&#xe9;ment, mais l&apos;amour reste, souvent, l&apos;amour est une chose qui est faite pour rester. Si elle ne reste pas, elle se transf&#xe8;re, elle mute. Valentin tu le regardais avec des yeux ronds, tu n&apos;aimais
pas le voir autour de moi. Autour de toi tu n&apos;aimais pas voir les
ombres et les silhouettes esp&#xe9;rer peut-&#xea;tre un jour, poss&#xe9;der ce corps
qui n&apos;abritait pas une &#xe2;me pure et qui se trouvait &#xea;tre le mien. Nos deux corps, li&#xe9;s et s&#xe9;par&#xe9;s par la m&#xea;me histoire. Combien de m&#xea;mes histoires que la n&#xf4;tre ? Rien n&apos;est original dans la soci&#xe9;t&#xe9; malheureusement. Les
caresses sont tellement diff&#xe9;rentes d&apos;un corps &#xe0; l&apos;autre, les &#xe9;motions,
les refoulements, tout &#xe7;a est tr&#xe8;s diff&#xe9;rent. Et tellement semblable. Comment s&apos;est pass&#xe9; ton
stade phallique, Valentin, voudrais-tu qu&apos;on sorte, de cette question
hyst&#xe9;rique, qui fait du monde un endroit d&#xe9;testablement merveilleux ?
J&apos;avais besoin de toi. De ton cou. T&apos;embrasser dans le cou, dans le r&#xea;ve je l&apos;ai fait, un peu trop
frais ce cou d&apos;ailleurs, au sortir des bains, que nous prenions ensemble Denis et moi, il y avait &#xe7;a dans le r&#xea;ve un peu plus loin. Je me souviens, je sentais sa bite qui fouillait comme un sous-marin, &#xe0; la recherche de mon vagin, mais qui se trompait, essayait d&apos;enfoncer mon anus, pour me souiller aux yeux de... de l&apos;autre-l&#xe0;, de l&apos;autre Personne. Dans la
voiture, j&apos;ai cr&#xfb; mourir, deux jours plus tard. Deux jours avant je
prenais un bain avec lui, et j&apos;avais la sensation que mon corps et le
monde ne faisaient qu&apos;un. Il n&apos;y avait plus de fronti&#xe8;res entre, entre
mon esprit et le monde, entre ma consistance et le monde. Sometimes
avait dit l&apos;anglais au cœur tendre. Paul a d&#xfb; avoir mal dans cet accident, sa BMW a &#xe9;t&#xe9; &#xe9;ventr&#xe9;e, une chance que pas lui. C&apos;&#xe9;tait un tr&#xe8;s mauvais t&#xe9;l&#xe9;film
italien, Valentin. Tu avais m&#xea;me ri. Ton enfant devient grand j&apos;avais dit &#xe0; Denis, il ne te suffit pas ? Il avait un peu honte de son fils les derniers temps, un peu trop honte de lui-m&#xea;me. Honte du pr&#xe9;-adolescent que devenait son fils, un petit connard de merde, avec des questionnements de merde aussi. L&apos;ex-femme de Denis avait parl&#xe9; de masturbation, alors que Denis tentait de lui dire : mais o&#xf9; est le probl&#xe8;me ? O&#xf9; est la question ? Elle devenait folle que son fils se touche. L&apos;autre-l&#xe0;, l&apos;autre Personne n&apos;avait toujours rien &#xe0; dire. On
reconna&#xee;t ses enfants &#xe0; l&apos;h&#xf4;pital avec un peu de chance. On les
reconna&#xee;t parce qu&apos;on y a mis de soi. Sinon c&apos;est pas grave, on en
aimera un autre, pas forc&#xe9;ment, c&apos;est pas automatique, et ce n&apos;est pas tout le temps. Mais cela arrive. Moi j&apos;adore les enfants, mais je crains malheureusement que cela changerait si jamais j&apos;en avais un un jour. Les
m&#xe8;res d&#xe9;testent les enfants qu&apos;elles font pour elles et qui ne
r&#xe9;pondent pas imm&#xe9;diatement &#xe0; leurs d&#xe9;sirs comme elles l&apos;avaient
imagin&#xe9;. Les p&#xe8;res n&apos;ont pas la force de s&#xe9;parer les enfants des m&#xe8;res, eux-m&#xea;mes n&apos;&#xe9;tant pas s&#xe9;par&#xe9;s de leurs m&#xe8;res propres. C&apos;est un cercle vicieux. Devenir parent c&apos;est clairement devenir irresponsable, quoi qu&apos;on en dise. On ouvre les tiroirs et ils sont l&#xe0;, encore. Nos enfants. Ils
sont blancs. Mes enfants, ils n&apos;ont aucun sens, ils ont leur sens. Mes enfants, ils ont des mots, qui forment des phrases, des paragraphes, il y a m&#xea;me des fils conducteurs quand j&apos;ai de la chance. Et quand j&apos;ai de la chance, c&apos;est lisible par quelqu&apos;un d&apos;autre et &#xe7;a parle, c&apos;est &#xe9;vocateur. Le cauchemar d&apos;autrefois se transforme en r&#xea;ve ouvert,
mais juste inqui&#xe9;tant, pas totalement emprisonn&#xe9; dans les t&#xe9;n&#xe8;bres. Je voulais changer, je voulais devenir quelqu&apos;un de meilleur, je lui ai dit : j&apos;ai envie de devenir quelqu&apos;un de meilleur. Il m&apos;a r&#xe9;pondu : tu es d&#xe9;j&#xe0; formidable.
Nous sommes courageux, ici en L&#xe9;gion, nous luttons contre les t&#xe9;n&#xe8;bres
au moins autant que contre la lumi&#xe8;re. On ne se refait qu&apos;en surface
malheureusement, Valentin. Paris, l&apos;Espagne, d&apos;un coup sec, de voiture,
sans vaseline, sans autoroute. Par la pens&#xe9;e Valentin, ta Valentine te
le dira tr&#xe8;s certainement un jour. Dans deux ans jour pour jour. O&#xf9; te
trouvais-tu, Val, il y a deux ans, jour pour jour ? O&#xf9; te trouveras-tu
dans deux ans ? Si tu ne pars pas avant ? J&apos;avais besoin de toutes ces
attentions, de toutes ces caresses. Avec toi, pas besoin de lire entre
les lignes, pas besoin de pr&#xe9;tendre. Pas besoin de fuir. Avec les
autres, si. Tout le temps. Dans le temps, dans l&apos;espace, fuir, aller de
l&apos;avant en r&#xe9;gressant, fuir pour mieux &#xe9;chapper &#xe0; ce qui ne peut que
nous avoir. T&#xf4;t ou tard. C&apos;&#xe9;tait quand m&#xea;me assez idiot de d&#xe9;penser son
&#xe9;nergie dans des choses aussi futiles. Au moins avec toi je savais ce
que j&apos;avais dans la bouche. Non ?&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand Valentin offre une bague &#xe0; Valentine et qu&apos;elle dit oui, le
bonheur pique la nuque comme des petits bouts de verre dans la chair,
lors d&apos;un accident, &#xe0; cause du choc. Paul a failli mourir. Les d&#xe9;bris m&#xe9;talliques, le sang, le verre, l&apos;essence, le feu, les &#xe9;tincelles, tout &#xe7;a s&apos;envole comme des lucioles dans un champ de bl&#xe9;, en &#xe9;t&#xe9;, en pleine nuit. Le corps est malmen&#xe9;, soumis &#xe0; de
tr&#xe8;s grandes forces et pourtant il peut s&apos;en remettre, et souvent m&#xea;me
il arrive &#xe0; survivre. Son esprit change dans son nouveau corps secou&#xe9;. Les cellules sont renouvel&#xe9;es plus vite que pr&#xe9;vu.
La fragilit&#xe9; qui existe est sa principale force. M&#xea;me si &#xe0; la fin du
premier voyage, la nature est avide de nous r&#xe9;cup&#xe9;rer. Surtout en &#xe9;t&#xe9;,
en un peu plus d&apos;une semaine, le squelette est presque enti&#xe8;rement &#xe0;
nu. Ce qui est tout de m&#xea;me fort. On ne peut pas le nier. Valentin, je sais que tu avais du mal avec &#xe7;a. Nous avions rencontr&#xe9; l&apos;Artiste, le Faux Artiste dans une galerie marchande, je te prenais par le bras Valentin, toute heureuse d&apos;avoir rencontr&#xe9; quelqu&apos;un de bien, j&apos;avais ce jour-l&#xe0;, &#xe0; cet instant-l&#xe0;, dans l&apos;instant de la galerie marchande pleine de faux r&#xea;ves et avec de faux artistes qui marchaient avec moi, et beaucoup de morts, le sentiment d&apos;exister, le sentiment d&apos;&#xea;tre importante &#xe0; tes yeux (alors que j&apos;ai su deux jours plus tard que je n&apos;&#xe9;tais rien et que personne n&apos;&#xe9;tait rien, pas m&#xea;me Denis). L&apos;Artiste tenait un parapluie soigneusement ferm&#xe9; &#xe0; la main, et lorsqu&apos;il me vit, ce f&#xfb;t un choc physique, qu&apos;il exprima par l&apos;ouverture de sa bouche, &#xe0; cause de son &#xe9;bahissement, son regard qui changea de saveur, comme s&apos;il venait de se prendre une gifle par surprise, et je ressentis en moi, dans mon corps, et dans mon cœur, l&apos;impression du choc, caus&#xe9; par le fait de se rencontrer dans cet endroit alors que ce n&apos;&#xe9;tait pas pr&#xe9;vu, en tout cas, pas attendu. J&apos;&#xe9;tais enti&#xe8;rement et compl&#xe8;tement mise &#xe0; nue. Par ses yeux, remplis de la nostalgie de nos parties de jambes en l&apos;air sanglantes.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J&apos;ai vite d&#xe9;tourner mon regard. Tu parlais de quelque chose avec g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9;, c&apos;&#xe9;tait amusant et je t&apos;&#xe9;coutais et j&apos;ai vu cet homme l&#xe0;, avec qui quelque chose s&apos;&#xe9;tait pass&#xe9;, qui n&apos;avait pas &#xe9;t&#xe9; plus loin qu&apos;un rapport sentimental masochiste et atrophi&#xe9; et des relations charnelles pour &#xe9;changer nos fluides organiques. C&apos;&#xe9;tait dans l&apos;histoire de mon corps &#xe0; un moment donn&#xe9; dans l&apos;univers, il avait la m&#xea;me histoire, de son point de vue. A un moment donn&#xe9;. Nous aurions pu faire une photographie, Valentin, de ces instants, mais je ne d&#xe9;sirais pas les garder pr&#xe9;cieusement en m&#xe9;moire, j&apos;avais bien d&apos;autres choses &#xe0; garder en premier. Pour qu&apos;une fois arriv&#xe9;e &#xe0; l&apos;heure de mon jugement dernier, je puisse dire &#xe0; l&apos;autre-l&#xe0;, l&apos;autre-Personne : je n&apos;ai pas fait du mieux que j&apos;ai pu : pardonne-moi encore une fois. J&apos;ai d&#xe9;tourn&#xe9; les yeux, oui, et lui est rest&#xe9; plant&#xe9; l&#xe0;, &#xe0; avancer mollement sans savoir s&apos;il devait tenter de me dire bonjour, &#xe0; h&#xe9;siter, &#xe0; me regarder avec un air d&apos;ahuri. J&apos;ai eu piti&#xe9; de lui, j&apos;ai eu mal pour lui, j&apos;ai eu mal pour moi aussi. Je ne vais pas le cacher. Cela me faisait mal. Ce que je tentais d&apos;oublier, ce qui avait &#xe9;t&#xe9; avec lui, en octobre 2006, ressortait comme &#xe7;a, encore une fois, c&apos;&#xe9;tait quelque chose d&apos;&#xe9;trange, quelque chose qui poss&#xe9;dait une saveur particuli&#xe8;re, celle du d&#xe9;go&#xfb;t de soi, du regret, et aussi du sentiment de vertige, de voir tout ce temps qui avait pass&#xe9; depuis et de se rendre compte que la tristesse, la honte et la m&#xe9;lancolie reviennent toujours nous attendre un jour ou l&apos;autre au d&#xe9;tour d&apos;une rue ou m&#xea;me dans une galerie marchande.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Valentin, quel beau gar&#xe7;on tu es. Quel bel homme tu fais. Valentin. Je ne t&apos;ai pas encore imagin&#xe9; nu mais &#xe7;a ne saurait tarder. Tu sais que je suis rest&#xe9;e la m&#xea;me, un peu tar&#xe9;e, un peu tap&#xe9;e, non en fait. Pas du tout. Tu ne connais pas la personne que j&apos;ai &#xe9;t&#xe9; jusqu&apos;&#xe0; maintenant. Jusqu&apos;&#xe0; 2008. Tu ne sais m&#xea;me pas que j&apos;&#xe9;cris. Que j&apos;&#xe9;cris parce que l&apos;univers me dit : toi, l&#xe0; en bas, la meurtri&#xe8;re, tu devras &#xe9;crire, pour te laver une partie de tes mains. Et tu devras faire ce qu&apos;on te dit, comme aimer un homme, contre tes vents et mar&#xe9;es. A ta mort, tu laveras l&apos;autre partie de tes mains, ensuite seulement tu pourras passer en jugement pour discuter un peu. Avec l&apos;autre-l&#xe0;. L&apos;autre Personne tu vois. Un peu malade de la caboche, cette cr&#xe9;ature, caboche, kadosh, boche. C&apos;est pas du travail de pro. Et cette lettre, cette lettre de toi que mon p&#xe8;re a re&#xe7;u, g&#xe9;n&#xe9;reusement il a tenu &#xe0; ce que je la lise alors qu&apos;elle lui &#xe9;tait adress&#xe9;e, il y avait ton nom et ton adresse Valentin, j&apos;ai eu peur, j&apos;ai eu mal, et j&apos;ai eu beaucoup de joie aussi. J&apos;ai pleur&#xe9; aussi, parce que j&apos;&#xe9;tais &#xe0; la fois heureuse et parce que je ne comprenais pas tout. J&apos;ai d&apos;abord pens&#xe9; &#xe0; une erreur, mais les &#xe9;l&#xe9;ments que tu donnais sont sans &#xe9;quivoque. Valentin, c&apos;est &#xe9;trange que tu aies divorc&#xe9; une fois. Mon beau Valentin. Si seulement Denis pouvait comprendre, je pourrais te faire coucher &#xe0; la maison. Peut-&#xea;tre qu&apos;un jour il acceptera le deal. Tu sais qu&apos;il va partir aux Etats-Unis, encore une fois, pendant plus d&apos;un mois, je lui ai demand&#xe9; s&apos;il comptait prendre une amante l&#xe0;-bas, il m&apos;a fait un sourire en guise de r&#xe9;ponse et m&apos;a roul&#xe9; ensuite un patin, dans notre salle de bains, dans laquelle un jour j&apos;ai trouv&#xe9; des p&#xe9;tales de roses &#xe9;parpill&#xe9;s partout. En rentrant un soir de ce travail minable que j&apos;ai abandonn&#xe9; par la suite, parce que le patron me faisait de plus en plus de rentre-dedans, jusqu&apos;&#xe0; me caresser lorsque je passais &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de lui, me pin&#xe7;ant les fesses et les seins. Denis voulait dans l&apos;ordre, lui casser la gueule, et porter plainte, mais j&apos;ai dit : non, je laisse tomber, c&apos;est pas grave. On s&apos;en fiche. Les ombres, oui, Valentin, les ombres, la soci&#xe9;t&#xe9; Valentin, les caresses en soci&#xe9;t&#xe9;, tout ne va pas bien dans ce monde, oui oui, Valentin, tes yeux bleus n&apos;ont rien &#xe0; voir pourtant avec mes yeux noirs, et tes cheveux blonds, Valentin, tes yeux bleus, per&#xe7;ants, comme un chamane, un sorcier, quelque chose dans ce go&#xfb;t-l&#xe0;, dans ce style-l&#xe0;. Que personne ne veut voir, ne veut entendre. Je n&apos;invente pas, je ne peux pas, je n&apos;ai aucune dext&#xe9;rit&#xe9; dans l&apos;invention... Des choses. Deux cœurs en carton ne valent pas un cœur invisible. J&apos;esp&#xe8;re que tu le sauras &#xe0; l&apos;avenir. &lt;br /&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;Artiste a fait quelque chose qu&apos;il ne fallait pas faire, il a dit mon pr&#xe9;nom : Angeline ! Tu t&apos;es retourn&#xe9;. Tu n&apos;aimais pas voir cet homme autour, qui disait mon pr&#xe9;nom. Tu d&#xe9;couvrais que je n&apos;&#xe9;tais pas &#xe0; toi, nouvelle et &#xe0; d&#xe9;couvrir, neuve, dans le secret, &#xe0; d&#xe9;couvrir dans le secret, un inconnu dans la galerie marchande disait mon pr&#xe9;nom. Au milieu des publicit&#xe9; incessantes et d&#xe9;bilitantes sur des parfums et des femmes nues qui vendaient des yaourts pour maigrir alors qu&apos;elles-m&#xea;mes n&apos;en avaient manifestement pas la n&#xe9;cessit&#xe9;. Tu m&apos;as dit : il t&apos;appelle ce type. Je faisais celle qui n&apos;entendait pas. Le type en question s&apos;approchait. Je t&apos;ai vu, tout sourire, tes dents blanches et je me suis dit que dans une autre vie, j&apos;aurais d&#xe9;j&#xe0; couch&#xe9; avec toi depuis longtemps, sans penser aux cons&#xe9;quences. Mais toutes les actions ont des cons&#xe9;quences. En tout cas, &#xe7;a n&apos;aurait pas tu&#xe9; des milliers de personnes de coucher avec toi. Peut-&#xea;tre que la chose nous aurait tu&#xe9; toi et moi, et fait souffrir ta nouvelle compagne, avec qui tu as eu deux enfants, des jumeaux, et mon compagnon, Denis, avec lequel je n&apos;aurais jamais d&apos;enfant. Quelle chance d&apos;avoir un homme qui vous aime et &#xe0; qui on refuse de faire germer en son ventre son patrimoine g&#xe9;n&#xe9;tique. Mais je m&apos;en fichais des cons&#xe9;quences, ce jour-l&#xe0;. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;Artiste est venu me saluer. Il s&apos;est vite pench&#xe9; pour me faire la bise. Que j&apos;ai bien d&#xfb; accepter. J&apos;ai fait un geste terrible, j&apos;ai mis ma main sur son bras, en tapotant. C&apos;est le geste qu&apos;on fait une fois qu&apos;on a bien caress&#xe9; son chien. Pour lui dire : brave b&#xea;te. Pour lui dire : je t&apos;aim&apos;bien. Pour lui dire : tu es en dessous de moi dans le monde. Pour lui montrer toute la condescendance qu&apos;on arrive pas &#xe0; cacher, malgr&#xe9; le fait qu&apos;on soit quelqu&apos;un de bien. Peu importe en fait pour ce dernier point. Les yeux de l&apos;Artiste &#xe9;taient ceux d&apos;un homme bless&#xe9;, perdu dans son art et perdu dans son rapport avec les autres. J&apos;avais toujours pens&#xe9; qu&apos;il aurait &#xe9;t&#xe9; parfait en m&#xe9;decin, tant il &#xe9;tait bourr&#xe9; de n&#xe9;vroses. Beaucoup de m&#xe9;decins, d&apos;infirmi&#xe8;res ou d&apos;infirmiers ne font pas ce travail par hasard : je sais bien de quoi je parle j&apos;ai &#xe9;t&#xe9; infirmi&#xe8;re. C&apos;est si loin, &#xe0; l&apos;approche de l&apos;&#xe9;t&#xe9;. En fait, c&apos;est d&#xe9;j&#xe0; l&apos;&#xe9;t&#xe9;, depuis qu&apos;on a tu&#xe9; le printemps. A-t-on arr&#xea;t&#xe9; le coupable ? Valentin ? Valentin, tu avais compris &#xe0; mon regard. Que j&apos;&#xe9;tais mal &#xe0; l&apos;aise. Oui, j&apos;&#xe9;tais particuli&#xe8;rement mal &#xe0; l&apos;aise. Parce que j&apos;ai d&#xfb; l&#xe2;cher ton bras fort. Tu fait de la musculation, j&apos;adore. J&apos;ai d&#xfb; faire celle qui &#xe9;tait contente de rencontrer l&apos;Artiste. J&apos;&#xe9;tais oblig&#xe9;e, en fait non je ne l&apos;&#xe9;tais pas. Mais j&apos;ai senti que je l&apos;&#xe9;tais, Valentin, parce que tu &#xe9;tais l&#xe0;. Et que tu ne me connaissais pas encore assez bien. Tu n&apos;avais jamais vu mon c&#xf4;t&#xe9; sombre. Je n&apos;ai pas pens&#xe9; que je devais te le montrer. Les choses sont parfois si &#xe9;tranges tu sais. Tellement &#xe9;tranges. Je ne t&apos;avais pas parl&#xe9; de ce r&#xea;ve que j&apos;avais fait avant de te rencontrer : ma m&#xe8;re me montrait un homme avec qui je devais coucher. Un homme blond comme toi. Je l&apos;embrassais ensuite il me su&#xe7;ait la pointe des seins. Parce que &#xe7;a me rend folle &#xe7;a, Denis le savait, il me le faisait souvent lorsqu&apos;il jouissait lui-m&#xea;me en moi. Cela me g&#xea;nait car dans le r&#xea;ve nous faisions l&apos;amour devant ma m&#xe8;re. J&apos;ai compris plus tard la symbolique de la chose. J&apos;ai vite &#xe9;vacu&#xe9; l&apos;Artiste, quand je t&apos;ai pr&#xe9;sent&#xe9;, il est devenu blanc, et nous sommes partis, nous sommes all&#xe9;s voir ce quatri&#xe8;me &lt;em&gt;Indiana Jones&lt;/em&gt;, parce que tu avais vraiment envie de le voir, et que ta nouvelle copine n&apos;aimait pas beaucoup le cin&#xe9;ma. Ta lettre m&apos;avait fait pleurer, tu vois Valentin, c&apos;&#xe9;tait mieux qu&apos;un mauvais t&#xe9;l&#xe9;film italien. J&apos;ai &#xe9;t&#xe9; heureuse en lisant ta lettre, un peu en col&#xe8;re, contre une femme mais heureuse : l&apos;inconnu s&apos;ouvrait devant moi. Et il m&apos;offrait la possibilit&#xe9; de le reconna&#xee;tre et de l&apos;incorporer dans ma propre vie. Cette double-vie j&apos;&#xe9;tais d&apos;accord. J&apos;&#xe9;tais morte &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur, finalement pas tant que cela. Je te regardais pendant ce film d&#xe9;bile, tu souriais &#xe0; certains passages. Je me disais : c&apos;est incroyable comme il me pla&#xee;t. Comme il est beau. J&apos;avais envie de te caresser les cheveux. Derri&#xe8;re nous un homme aux yeux gris comme le fer m&apos;avait regard&#xe9; avec duret&#xe9;, j&apos;ai eu peur. J&apos;&#xe9;tais fier que tu sois si beau. Et que tu sois si blond, si beau et si blond, d&apos;habitude je trouvais les hommes blonds tr&#xe8;s laids, en grande majorit&#xe9;. Pas du tout attir&#xe9;e par ces derniers. Mais l&#xe0;. C&apos;&#xe9;tait un cran au dessus. C&apos;&#xe9;tait inesp&#xe9;r&#xe9;. Et c&apos;&#xe9;tait bien. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;Artiste a vite tourn&#xe9; le dos, pour quelqu&apos;un qui avait envie de me dire bonjour. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En sortant du cin&#xe9;ma, tu m&apos;as raccompagn&#xe9;e en m&#xe9;tro. Tu souhaitais qu&apos;on se revoie la semaine prochaine. Oui. Bien s&#xfb;r, oui, je suis toute &#xe0; toi, bien s&#xfb;r, oui, je suis d&apos;accord, plut&#xf4;t deux fois qu&apos;une. La brune est d&apos;accord. Oui, je t&apos;aime d&#xe9;j&#xe0;, je le sens, enfin je crois. J&apos;ai l&apos;impression. J&apos;ai l&apos;impression que je ne te laisse pas indiff&#xe9;rente, aussi, de ton c&#xf4;t&#xe9;, alors je suis d&apos;accord, encore d&apos;accord, pour un quatri&#xe8;me rendez-vous. Et pas pour la gloire, ou alors si, peut-&#xea;tre, peut-&#xea;tre pour la gloire. Au cas o&#xf9; les choses retomberaient comme un souffl&#xe9;. J&apos;avais encore beaucoup de choses &#xe0; te raconter et &#xe0; te dire. J&apos;avais tr&#xe8;s envie de te parler de ma m&#xe8;re juste avant sa mort. &lt;br /&gt;Je suis rentr&#xe9;e chez moi. Tu devais rentrer toi aussi, tu as repris le m&#xe9;tro, c&apos;est pour &#xe7;a que tu n&apos;es pas mont&#xe9;. Denis faisait la cuisine. Il portait ce t-shirt &#xe0; manches courtes que j&apos;avais achet&#xe9; pour lui alors que j&apos;&#xe9;tais avec toi, mon beau Valentin. Et il avait un vieux jean&apos;s, pieds nus. Il est venu m&apos;embrasser, il pique avec son bouc qu&apos;il soigne tous les matins, ensuite il a dit : tu as faim ? C&apos;est presque pr&#xea;t. Je lisais les e-mails de mon fr&#xe8;re Thomas. Il m&apos;&#xe9;crivait qu&apos;il avait beaucoup de travail en Afrique. Bien s&#xfb;r que j&apos;ai faim j&apos;ai cri&#xe9; depuis le bureau. La pluie laissait place &#xe0; une &#xe9;claircie dehors, pendant que tu &#xe9;tais dans le m&#xe9;tro. J&apos;&#xe9;tais encore dans l&apos;ambiance de cette merveilleuse apr&#xe8;s-midi pluvieuse, mais tr&#xe8;s ensoleill&#xe9;e par tes yeux bleus et ta pr&#xe9;sence physique irradiante, rayonnante, Valentin. Denis remplissait les assiettes, il n&apos;avait pas fait de salade, il avait bien trop faim. Il est entr&#xe9; dans la salle &#xe0; manger en me demandant : &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-Alors, comment s&apos;est pass&#xe9;e ta journ&#xe9;e avec ton fr&#xe8;re ? &lt;br /&gt;j&apos;ai r&#xe9;pondu :&lt;br /&gt;-C&apos;&#xe9;tait vraiment super, il est vraiment super. J&apos;esp&#xe8;re qu&apos;il le restera.&lt;br /&gt;-Il n&apos;y a pas de raisons, a dit Denis en d&#xe9;bouchant le vin. Petit &#xe0; petit vous allez apprendre &#xe0; vous conna&#xee;tre de plus en plus.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&apos;est l&#xe0; que j&apos;ai ressenti une pointe d&apos;inqui&#xe9;tude que j&apos;ai tent&#xe9; de faire dispara&#xee;tre par la suite mais sans succ&#xe8;s. Elle est rest&#xe9;e l&#xe0; jusqu&apos;&#xe0; l&apos;heure de me coucher, o&#xf9; j&apos;ai &#xe9;cout&#xe9; pendant une bonne partie de la nuit la pluie arroser nos volets ferm&#xe9;s. J&apos;ai d&#xfb; m&apos;endormir peu de temps apr&#xe8;s qu&apos;un orage ne commence &#xe0; gronder. &lt;br /&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;546&quot; height=&quot;576&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/58/43/19730/26804078.jpg&quot; alt=&quot;mecca_kaaba&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;245&quot; height=&quot;63&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/32/38/19730/26804072.jpg&quot; alt=&quot;19680883441213&quot; /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;/p&gt;



</description><pubDate>Sun, 15 Jun 2008 07:14:00 GMT</pubDate></item><item><title>En attendant le viol des filles trop sages</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/04/26/8959527.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/04/26/8959527.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8959527/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2008/04/26/8959527.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;640&quot; height=&quot;480&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/91/56/19730/24845131.gif&quot; alt=&quot;Puy_de_dome&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&amp;quot;Il n&apos;y a que le d&#xe9;sert qui gu&#xe9;risse le d&#xe9;sespoir : on peut y pleurer sans crainte de faire d&#xe9;border un fleuve.&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Ahmadou Kourouma &lt;em&gt;En Attendant le vote des b&#xea;tes sauvages&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tu te prends dans les dents ces jours que tu n&apos;as pas senti venir ni passer. Une seule semaine que tu n&apos;as pas eu la force de toucher, d&apos;appr&#xe9;hender correctement. Cela fait des mois que je ne suis plus l&#xe0;. Ni avec l&apos;homme, ni sur Terre. Est-ce que c&apos;est possible de n&apos;&#xea;tre nulle part tout en ayant un corps qui marche et qui respire ? Tu te r&#xe9;veilles de cette nuit o&#xf9; tu as failli le tuer, de tes mains nues. R&#xea;ver d&apos;&#xe9;tranglement n&apos;est jamais anodin. Je ne devrais pas sous-estimer l&apos;&#xe9;tranglement. M&#xea;me dans ce r&#xea;ve, qui avait si bien commenc&#xe9;. Tellement bien commenc&#xe9;. M&#xea;me si la peur &#xe9;tait de mise. Elle me r&#xe9;veillait par intermittence, parce que dans le r&#xea;ve il y avait un homme. Un homme d&#xe9;garni. Il faisait des choses n&#xe9;gatives, dans un bar, cet homme. Il avait une sorte de pouvoir de suggestion sensationnel. Il me disait des choses comme : ton oncle, il va revenir de la tombe un jour, tu vas voir ma belle. Alors la belle, tu sais, ton oncle va sortir de son trou o&#xf9; tu l&apos;as mis, il est mort par ta faute et on l&apos;a mis en Terre, esp&#xe8;ce de petite garce, esp&#xe8;ce de petite salope, regarde ce que tu as fait. Je l&apos;ai fait oui, je l&apos;ai regard&#xe9; d&#xe9;j&#xe0; merci, y revenir d&apos;accord mais pas tout de suite, dans dix ans peut-&#xea;tre, et encore si j&apos;aurai le temps, peut-&#xea;tre qu&apos;&#xe0; l&apos;&#xe9;poque je n&apos;aurai pas le temps, et peut-&#xea;tre que dans dix ans, je serai morte &#xe0; mon tour. Cela vient vite, ce n&apos;est pas nous qui d&#xe9;cidons, c&apos;est le grand poumon qui d&#xe9;cide pour nous. Toujours il a envie de d&#xe9;cider ce satan&#xe9; poumon. Le discours malveillant de cet homme dans mon r&#xea;ve me r&#xe9;veillait et de tout mon corps je tremblais, des pieds &#xe0; la t&#xea;te, de peur, d&apos;effroi, je me mettais en boule dans le lit, ou alors contre le corps bien chaud de Denis. Cela fait longtemps que je n&apos;ai pas &#xe9;crit son pr&#xe9;nom. C&apos;&#xe9;tait peut-&#xea;tre une m&#xe9;thode, un peu maladroite, pour l&apos;effacer de mon univers. J&apos;&#xe9;coutais la derni&#xe8;re piste de la bande originale du documentaire r&#xe9;cent sur le massacre de ces magnifiques poissons que sont les requins. On peut la trouver sur &lt;a href=&quot;http://www.sharkwater.com/soundtrack.htm&quot;&gt;internet&lt;/a&gt;. Victimes de leur mauvaise r&#xe9;putation les requins, la derni&#xe8;re piste me faisait pleurer l&apos;autre jour, je me la repassais en boucle. Mon univers qui s&apos;&#xe9;crit toujours m&#xea;me quand je n&apos;&#xe9;cris pas. La lib&#xe9;ration ne fait pas effet, ne pas &#xe9;crire ne lib&#xe8;re pas au contraire &#xe7;a emprisonne. Cela n&apos;&#xe9;touffe pas, mais &#xe7;a emprisonne davantage. Que si on &#xe9;crivait. En tout cas pour moi. C&apos;est comme &#xe7;a que je vois les choses. Je me mettais en boule en fait, une seule fois je me suis coll&#xe9;e contre lui, sa chaleur me rassurait. La chaleur de son corps. Il dort sur le ventre en ce moment. Et puis contre lui ou en position fœtale je me rendormais &#xe0; nouveau, pour poursuivre malgr&#xe9; moi le m&#xea;me r&#xea;ve, Naomi m&apos;a dit que ce n&apos;&#xe9;tait pas bon signe. Il est fatigu&#xe9;, nerveusement, physiquement. Il prend de longs bains, tant pis pour la couche d&apos;ozone. Il mange des salades. Mon ex-mari lorsqu&apos;il &#xe9;tait ivre riait en disant que la salade, &#xe7;a remplissait les couilles. Cette phrase est apparue dans mon r&#xea;ve, un autre homme, qui n&apos;&#xe9;tait pas mon ex-mari, disait une chose similaire. L&apos;homme d&#xe9;garni essuyait le comptoir du bar en le regardant d&apos;une mani&#xe8;re amus&#xe9;e. Je ne me souviens plus de la phrase exacte qu&apos;il disait mais &#xe7;a se terminait par : &amp;quot;...&#xe7;a remplit les couilles&amp;quot;. C&apos;&#xe9;tait &#xe9;trange. Cela ne remplit pas le cœur d&apos;entendre des choses pareilles dans un r&#xea;ve. Si seulement je pouvais regarder tous les hommes dormir, me glisser discr&#xe8;tement dans leur chambre la nuit, et les observer en train de dormir, les yeux ferm&#xe9;s ou ouverts, ou alors &#xe0; moiti&#xe9; ouvert seulement. Je prendrais des photos de leur visage, pour me faire un souvenir. Ensuite ces photos de visages endormis, d&apos;hommes endormis, je pourrais les mettre sous mon oreiller &#xe0; moi. Il n&apos;y verrait que du feu. Denis. Quel joli pr&#xe9;nom, quel joli visage est plaqu&#xe9; dessus dans ma m&#xe9;moire. Dans mon pr&#xe9;sent. Mon futur c&apos;est Toi. Je pensais qu&apos;il dispara&#xee;trait avec le temps. Peut-&#xea;tre faut-il que je laisse un peu plus de temps au temps pour le laisser faire ce qu&apos;il doit faire, &#xe0; savoir faire dispara&#xee;tre Denis. Je n&apos;ai pas envie de courir apr&#xe8;s sa voiture, comme cet homme apr&#xe8;s la voiture de Kennedy, alors qu&apos;il venait de se faire exploser la t&#xea;te. J&apos;imagine que je n&apos;exploserais pas la t&#xea;te de Denis pour le faire fuir, peut-&#xea;tre son cœur, j&apos;ai toujours pens&#xe9; que la m&#xe9;canique de son cœur avait des c&#xf4;t&#xe9;s gripp&#xe9;s que malheureusement ce n&apos;&#xe9;tait pas &#xe0; moi de r&#xe9;parer. C&apos;est certainement la premi&#xe8;re personne qui ne me prend pas pour s&apos;autor&#xe9;parer Denis, et que je n&apos;ai pas accept&#xe9;e dans ma vie pour &#xea;tre &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; d&apos;une image d&apos;homme m&#xfb;r me ramenant &#xe0; mon oncle. Je n&apos;ai pas tu&#xe9; par sadisme. Il faisait des r&#xea;ves mon oncle lorsqu&apos;il &#xe9;tait en vie, c&apos;est impressionnant toutes les choses que la mort emp&#xea;che de faire. C&apos;est impressionnant surtout lorsqu&apos;on les &#xe9;num&#xe8;re, ou qu&apos;on s&apos;est mis en t&#xea;te de les &#xe9;num&#xe9;rer une par une. Mon p&#xe8;re avait dit &#xe0; table : tu te prends dans les dents les ann&#xe9;es que tu n&apos;as pas senti venir ni passer. Il para&#xee;t qu&apos;on doit tous faire son retour d&apos;&#xe2;ge &#xe0; un moment ou &#xe0; un autre, il para&#xee;t m&#xea;me que ce n&apos;est que &#xe7;a vivre, faire son retour d&apos;&#xe2;ge, de ce geste de la main qui prie, rallier la main gauche (le pass&#xe9;) &#xe0; la main droite (le futur). Retour d&apos;&#xe2;ge. L&apos;&#xe2;ge te rattrape, &#xe0; moins que tu ne l&apos;aies d&#xe9;j&#xe0; rattrap&#xe9;. Son amie d&#xe9;coupait le poulet comme une barbare. Cela me fendait le cœur de voir le cadavre de la volaille fermi&#xe8;re en plus, pr&#xe9;par&#xe9;e par ses soins, se faire d&#xe9;piauter de la sorte. J&apos;avais couch&#xe9; avec un serveur un jour, un serveur dans les restaurants gastronomiques, d&apos;ailleurs je crois qu&apos;on utilise pas le terme de serveurs, c&apos;est beaucoup trop commun et vulgaire, mais peu m&apos;importe ces usages archa&#xef;ques sur le point de s&apos;&#xe9;teindre. Il m&apos;avait montr&#xe9; au restaurant comment couper la volaille correctement.&amp;nbsp; En plus, son amie&amp;nbsp; &#xe0; mon p&#xe8;re mangeait avec les doigts,&amp;nbsp; et d&#xe9;j&#xe0; les frites moi je supporte que tr&#xe8;s peu. Toute ces graisses sur les doigts, j&apos;ai horreur. Je crois que c&apos;est &#xe0; cause de mon oncle aussi (tout n&apos;est pas sa faute non plus). En effet j&apos;avais horreur d&apos;avoir sa semence sur mes doigts. Avant qu&apos;il ne l&apos;expulse sur moi, j&apos;en connaissais l&apos;existence. Mais j&apos;en avais jamais vue. Ni touch&#xe9;e. C&apos;est diff&#xe9;rent de conna&#xee;tre l&apos;existence de quelque chose et ensuite d&apos;avoir affaire concr&#xe8;tement avec cette m&#xea;me chose. Par exemple, nous savons tous que Mars est rouge et qu&apos;elle fait partie de notre syst&#xe8;me solaire. Nous le savons tous mais pourtant nous n&apos;avons jamais vu Mars clairement, &#xe0; une distance proche, comme un satellite pourrait le faire, ou une sonde. Si &#xe7;a se trouve elle n&apos;est rouge que dans les livres. Si &#xe7;a se trouve. Peut-&#xea;tre bien. Les astronomes ont vu Mars, plus proche, plus proche encore que les non-astronomes, mais les sondes ont vu Mars encore mieux que les astronomes, m&#xea;me si les sondes ne voient rien et ne comprennent rien de ce qu&apos;elles voient vraiment. C&apos;&#xe9;tait pareil pour la graisse. Elle su&#xe7;ait les os. Je n&apos;aimais pas cette femme. Elle ne semblait pas pourtant &#xea;tre aussi d&#xe9;go&#xfb;tante en apparence. Je me disais : dans leur intimit&#xe9;, qu&apos;est-ce que &#xe7;a doit &#xea;tre. Ensuite j&apos;ai compris toute la perversit&#xe9; de cette pens&#xe9;e, avoir une pens&#xe9;e sur la sexualit&#xe9; de mon p&#xe8;re, veuf en plus, avec cette femme qui&amp;nbsp; ne serait jamais rien d&apos;autre qu&apos;un patch, qu&apos;un pansement, qu&apos;un tampon &#xe0; la rigueur. Pour colmater le saignement. Le saignement du deuil. Les os sont partis &#xe0; la poubelle, en fait je voulais les jeter mais elle les a gard&#xe9;, pour les donner &#xe0; ses chiens vous comprenez. Vous me comprenez. Je pense que vous me comprenez si vous avez des enfants. Pour les donner &#xe0; ses chiens. Si vous avez des enfants, vous me comprenez. Ce jour-l&#xe0;, deux T&#xe9;moins de J&#xe9;hovah ont sonn&#xe9; &#xe0; la porte. Mon p&#xe8;re &#xe9;tait aff&#xe9;r&#xe9; &#xe0; la cuisine avec Denis qui pr&#xe9;parait un dessert, un d&#xe9;licieux roul&#xe9; &#xe0; la confiture de fraise, j&apos;ai ouvert. Ils m&apos;ont tendu leurs revues, dont l&apos;une &#xe9;tait un num&#xe9;ro sp&#xe9;cial de &amp;quot;R&#xe9;veillez-vous !&amp;quot; et qui posait cette question pertinente dans laquelle je sentais pourtant un aspect tendancieux : &amp;quot;Pouvez-vous avoir confiance en la Bible ?&amp;quot; A mon avis, avec l&apos;illustration qui montrait un homme qui &#xe9;tudiait la Bible avec s&#xe9;rieux, j&apos;ai pens&#xe9; : &amp;quot;oui&amp;quot;. Je me suis amus&#xe9;e pendant dix minutes &#xe0; jouer les innocentes avec ces deux hommes. Pas mal en plus pour des T&#xe9;moins de J&#xe9;hovah. L&apos;un d&apos;eux avait une splendide moustache. Cela pique pendant le cunnilingus, je lui dis &#xe0; Denis, ta petite barbe de trois jours, le temps fout le camp entre mes dents, elle pique, c&apos;est encore meilleur comme &#xe7;a. Des milliers de petites aiguilles devraient percer ma chair &#xe0; cet endroit, cet endroit que je ne veux pas nommer comme les grandes filles qui r&#xe9;gressent. J&apos;ai donc fait mon innocente spirituelle, et je savais qu&apos;ils se croyaient porteurs d&apos;un message. D&apos;un message qui sauve. La mort aussi nous sauve, il n&apos;y a pas que la vie &#xe9;ternelle. Je pense savoir de quoi je parle. Ensuite je leur ai demand&#xe9; pourquoi la Watchtower Bible and Tract Society s&apos;&#xe9;tait inscrite, en catimini en tant qu&apos;O.N.G. &#xe0; l&apos;O.N.U. dans les ann&#xe9;es 90 alors qu&apos;elle avait proclam&#xe9; pendant des d&#xe9;cennies enti&#xe8;res que cette derni&#xe8;re organisation &#xe9;tait la manifestation du Diable sur Terre. Ils sont devenus blancs comme des linges et leurs sourires sont devenus jaunes. Finalement j&apos;ai &#xe9;court&#xe9; devant les quelques balbutiements qu&apos;ils essayaient de prononcer comme explications, j&apos;ai ferm&#xe9; la porte fi&#xe8;re de moi. Je n&apos;ai jamais aim&#xe9; la manipulation. Jamais. Ou seulement celle de l&apos;homme, et de ceux qui &#xe9;crivent, car justement, il n&apos;y a pas vraiment de manipulation. On ouvre un livre, on s&apos;attend &#xe0; tout sauf &#xe0;... Cette phrase est &#xe0; terminer selon les convenances de chacun. Ensuite j&apos;ai pens&#xe9; &#xe0; ce r&#xea;ve que je n&apos;avais pas encore fait et que pourtant j&apos;avais envie de faire, celui du bar. En fait, il y a plusieurs types de r&#xea;ves, comme vous le savez si bien d&#xe9;j&#xe0;. Voir Denis dans des odeurs de sucre et de confiture, c&apos;&#xe9;tait peut-&#xea;tre &#xe7;a le meilleur de mes r&#xea;ves, le meilleur r&#xea;ve &#xe9;veill&#xe9; que je puisse faire. Son fils l&apos;a appel&#xe9;. L&apos;amie de mon p&#xe8;re me faisait des sourires qui voulaient dire : &amp;quot;ne me rejette pas, essaie de m&apos;aimer un peu&amp;quot;. Mais je lui faisais des sourires ma foi bien hypocrites, c&apos;&#xe9;tait malgr&#xe9; moi et ces sourires voulaient dire : &amp;quot;je trouve dommage que mon p&#xe8;re soit tomb&#xe9; sur toi. Il m&#xe9;rite mieux, beaucoup mieux&amp;quot;. Tous les p&#xe8;res m&#xe9;ritent mieux. En fait j&apos;exag&#xe8;re, non pas tous, certains ne m&#xe9;ritent pas mieux. Au contraire, certains, ce sont leurs femmes qui m&#xe9;ritent mieux. Posez-vous la question : votre conjoint m&#xe9;rite-t-il mieux que vous ? Les femmes ne se lovent pas contre le dos de leur mari par amour : un mauvais r&#xea;ve suffit. Au creux du lit, dans les vagues des draps sur lesquelles je navigue endormie avec fureur, c&apos;est l&#xe0; que la guerre commence, toujours et que tout prend fin, dans la tristesse souvent. Malheureusement. On avait r&#xea;v&#xe9;, comme les mystiques, que c&apos;&#xe9;tait l&#xe0; que l&apos;amour naissait toujours, mais les guerres pour l&apos;amour, c&apos;est comme les pompiers pyromanes, c&apos;est amusant pendant cinq minutes, mais c&apos;est tout. Apr&#xe8;s &#xe7;a lasse et &#xe7;a meurtri, c&apos;est tout l&apos;effet que &#xe7;a fait, &#xe7;a fait saigner en fait. Mais pas du thorax, du nez seulement. Mon corps me lasse. Ma t&#xea;te. Mon corps est un poids que je voudrais mettre de c&#xf4;t&#xe9;, l&apos;espace d&apos;un instant, le temps d&apos;un instant que je puisse m&apos;&#xe9;lever un petit peu. Un petit peu plus haut que Paris. Paris, c&apos;est grand. Mais tu vois Denis, j&apos;ai des projets plus grands que Paris. Je t&apos;assure. Je me mets en boule, je ne suis pas faite de neige, ni de gravillons, je ne peux pas &#xea;tre lanc&#xe9;e contre un visage ou contre un dos. On ne peut pas me donner &#xe0; manger &#xe0; quelqu&apos;un. Comme les truites, je glisse. C&apos;est gluant. C&apos;est comme &#xe7;a. La graisse sur les frites c&apos;est malheureux de conna&#xee;tre l&apos;origine de cette aversion que j&apos;ai pour la graisse animale, la graisse v&#xe9;g&#xe9;tale. Toutes les formes de graisse. Mais moi je suis heureuse de m&apos;en rendre compte, je suis heureuse de ne plus payer un homme pour lui dire ce que je sais d&#xe9;j&#xe0; depuis longtemps, depuis tellement longtemps d&apos;ailleurs. Je vivais encore en Auvergne et on m&apos;avait parl&#xe9; d&apos;une histoire de Dame Blanche, j&apos;&#xe9;tais surprise, je pensais que &#xe7;a n&apos;existait qu&apos;en Lorraine. Denis m&apos;a montr&#xe9; les devis pour l&apos;appartement, dans le m&#xe9;tro j&apos;y pensais : les Dames Blanches qui attendent au bord des routes la nuit. Il ne faut pas les prendre dans sa voiture. Il ne faut pas les regarder. Nous&amp;nbsp; y sommes all&#xe9;s faire le minimum. Les anciens propri&#xe9;taires avaient laiss&#xe9; beaucoup de choses. En jetant j&apos;ai failli pleurer, parce qu&apos;il &#xe9;tait dans mon dos &#xe0; nettoyer des trucs, Christophe son ami n&apos;allait pas tarder, il allait l&apos;aider &#xe0; porter cette vieille gazini&#xe8;re en bas que les anciens propri&#xe9;taires avaient laiss&#xe9; l&#xe0; pour une raison myst&#xe9;rieuse. Elle datait au moins des ann&#xe9;es 80, comment avait-elle atterri ici ? J&apos;avais envie de pleurer mais je n&apos;ai jamais demand&#xe9; de spectateurs pour &#xe7;a, au contraire, j&apos;ai toujours cherch&#xe9; &#xe0; m&apos;enfermer quelque part pour le faire, comme les oiseaux se cachent pour mourir, l&apos;Angeline se cache pour pleurer. Oui je sais, c&apos;est path&#xe9;tique. Cela m&apos;importe peu, ce n&apos;est pas de pleurs que je parle, si vous &#xe9;coutiez un minimum vous auriez la d&#xe9;licatesse de reconna&#xee;tre que votre attention est plus port&#xe9; sur vos propres battements, votre poitrine vous fascine, dommage un jour vous n&apos;aurez plus de poitrine, elle sera infest&#xe9;e de bact&#xe9;ries, de larves, dommage dommage, &#xe7;a finira par arriver. Dommage dommage. Vous verriez alors que ce n&apos;est pas de pleurs, le texte n&apos;&#xe9;voque pas les larmes, tomb&#xe9;es de mes yeux en Bretagne, car il avait touch&#xe9; mes mains un peu trop vite, un peu trop brutalement. Ils sont brutaux les singes lorsqu&apos;ils n&apos;ont pas ce qu&apos;ils veulent. Je ne sais pas si vous avez remarqu&#xe9;. Ce n&apos;&#xe9;tait pas &#xe9;crit sur le front de cette Vierge au bord de la route que je ne voulais pas de spectateurs. C&apos;&#xe9;tait p&#xe9;nible de marcher sous ce soleil de plomb. On n&apos;avait m&#xea;me pas besoin d&apos;uriner tellement on suait par tous les pores de la peau. Ma m&#xe8;re me tendait des lingettes, les m&#xe8;res connaissent. Leurs enfants, leurs nourrissons r&#xea;vent lorsqu&apos;ils dorment. Ils font des cauchemars, comme les grands. Ils ont besoin de beaucoup dormir les nourrissons, comme les d&#xe9;pressifs d&apos;ailleurs, comme les morts d&apos;ailleurs, comme moi d&apos;ailleurs. Je fais de longues siestes, c&apos;est bien la premi&#xe8;re fois que &#xe7;a m&apos;arrive. Cette ann&#xe9;e &#xe7;a m&apos;arrive. C&apos;est peut-&#xea;tre l&apos;heure de la retraite. Mon corps aux objets trouv&#xe9;s, je l&apos;aurais fait expr&#xe8;s, je l&apos;aurais perdu. Il ne faut pas souhaiter quitter son corps, qu&apos;il soit dans un coin comme &#xe7;a. On ne sait jamais qui pourrait &#xe9;couter. Denis n&apos;y pense pas, lui, c&apos;est devis devis devis r&#xe9;alit&#xe9; devis travail r&#xe9;alit&#xe9; devis devis devis baise devis peinture travail baise devis banque argent concret monnaie amertume joie baise devis amertume concret paresse travail salades moi. L&apos;&#xe9;criture pour lui c&apos;est les devis, et ses papiers et ses dossiers et ses coups de t&#xe9;l&#xe9;phone, il est oblig&#xe9; de gueuler comme un d&#xe9;rat&#xe9; des fois, j&apos;entends &#xe0; l&apos;autre bout de l&apos;appartement qui est grand pourtant, l&apos;ancien appartement que nous habiterons encore pendant quelques temps, fort heureusement, je l&apos;entends remettre &#xe0; sa place une personne &#xe0; l&apos;autre bout de fil. Je n&apos;aimerais pas &#xea;tre elle, je d&#xe9;testerais &#xea;tre cette personne et me faire engueuler par Denis. Il est si doux et si bon lorsque nous faisons l&apos;amour. Il n&apos;a jamais gueul&#xe9; si fort apr&#xe8;s moi. Sauf une fois, lorsque je lui avais avou&#xe9; que je l&apos;avais tromp&#xe9; et qu&apos;il avait d&#xe9;rap&#xe9; en r&#xe9;ponses pour me frapper. Plus jamais &#xe7;a j&apos;avais dit. J&apos;ai eu de la chance qu&apos;il ne me quitte pas, j&apos;ai eu de la chance que cette phase-l&#xe0;, de manque de confiance, il puisse la surmonter, il aurait pu ne pas la surmonter, je me serais retrouv&#xe9;e quelque part, &#xe0; faire la pute, comme ici, encore une fois. S&apos;il &#xe9;tait parti, je n&apos;aurais peut-&#xea;tre pas eu envie de pleurer &#xe0; Paris, dans ce nouvel appartement que je d&#xe9;teste avant m&#xea;me de le voir transform&#xe9;, transform&#xe9; par les peintures, et les nouveaux sols et les plafonds et tout &#xe7;a, et tous les objets qu&apos;on mettra dedans, dont on n&apos;aura pas besoin. Les gens qui ont trop de choses je m&apos;en m&#xe9;fie, les gens qui n&apos;ont pas assez de choses aussi je m&apos;en m&#xe9;fie. Christophe est finalement arriv&#xe9; et j&apos;ai retenu mon envie de pleurer car je sais tr&#xe8;s bien retenir le d&#xe9;sespoir, car, pour &#xea;tre honn&#xea;te, ce n&apos;&#xe9;tait pas un b&#xea;te vague-&#xe0;-l&apos;&#xe2;me mais bien un d&#xe9;sespoir, un d&#xe9;sespoir que je croyais &#xe9;teint. Mais quelque chose en moi est &#xe9;teint depuis des ann&#xe9;es, et le d&#xe9;sespoir est bien allum&#xe9; lui par contre, donc en m&#xea;me temps, je suis pas tr&#xe8;s bien plac&#xe9;e, contrairement aux apparences, pour dire ce qui est vrai ou ce qui est faux autour de moi. Moi la premi&#xe8;re je suis &#xe9;teinte, quelque chose en moi. Et devant lui, devant eux, je fais semblant, comme je le fais depuis longtemps. J&apos;ai un si joli sourire dit Denis. Et des yeux noirs rieurs, deux petites billes de t&#xe9;n&#xe8;bres chaleureuses. Je fais celle qui &#xe9;coute et qui lui fait un grand sourire (si joli donc). Celle qui jouit m&#xea;me lorsque &#xe7;a ne vient pas (et avec le d&#xe9;sespoir &#xe7;a vient de moins en moins). Naomi m&apos;a dit qu&apos;elle faisait parfois la m&#xea;me chose. Elle avait &#xe9;galement des p&#xe9;riodes o&#xf9; son fr&#xe8;re revenait, comme mon oncle et ensuite &#xe7;a s&apos;&#xe9;vanouissait dans le temps, dans une saison, pour laisser place &#xe0; la l&#xe9;g&#xe8;ret&#xe9;, au bonheur de la trotteuse, comme j&apos;aime l&apos;appeler. Les libellules connaissent. Et puis le cauchemar revenait, les souvenirs sans cesse. Il para&#xee;t que beaucoup de personnes arrivent &#xe0; g&#xe9;rer cela. Il para&#xee;t que d&apos;autres n&apos;y parviennent jamais. J&apos;aimerais n&apos;&#xea;tre ni l&apos;une ni l&apos;autre. Si on me donnait le choix. Donne- moi le poumon. Donne-moi le choix ensuite de faire sortir ce qui est entr&#xe9;. Si Mars &#xe9;tait rouge, et nous dans une navette en train de l&apos;observer d&apos;un hublot, prise dans son orbite, alors notre fa&#xe7;on de la voir changerait fondamentalement de la fa&#xe7;on dont nous la voyons aujourd&apos;hui.&amp;nbsp; Des photographies, des lumi&#xe8;res dans le ciel. Les astronomes voient plus encore, ils ont de la chance. Et s&apos;il y avait des miroirs sur Mars ? Les cauchemars qui me r&#xe9;veillent et qui me font peur je les d&#xe9;teste. Plus encore aujourd&apos;hui que dans mon enfance. L&apos;appartement de Paris sera termin&#xe9; d&#xe9;but juin. Je ne me l&#xe8;ve plus la nuit lorsqu&apos;un cauchemar me r&#xe9;veille. Dans mon r&#xea;ve je recevais des appels anonymes, j&apos;&#xe9;tais angoiss&#xe9;e. Denis me regardait avec fureur, il pensait qu&apos;il s&apos;agissait d&apos;un de mes amants. Dans le r&#xea;ve, il pensait que je le trompais encore, avec beaucoup d&apos;hommes, beaucoup. En ouvrant les yeux, j&apos;avais du mal &#xe0; discerner la r&#xe9;alit&#xe9; de la r&#xea;verie, j&apos;&#xe9;tais perdue dans un brouillard tr&#xe8;s blanc, et j&apos;ai pens&#xe9; que toutes ces choses qui &#xe9;taient r&#xea;v&#xe9;es &#xe9;taient vraies. D&apos;une certaine mani&#xe8;re, elles le sont, vraies. Tout ce qui est r&#xea;v&#xe9; chaque nuit est r&#xe9;el et s&apos;est produit. Quelle tristesse ces gens qui se r&#xe9;veillent et qui ne se souviennent jamais de leurs r&#xea;ves. Cela me ferait mal. Je pr&#xe9;f&#xe8;re m &apos;en souvenir finalement, m&#xea;me s&apos;ils sont terribles. Au moins c&apos;est de la mati&#xe8;re, de la vraie. On ne peut pas vivre que des choses fausses continuellement, dormir c&apos;est peut-&#xea;tre m&#xea;me une des choses les plus vraies que nous sommes capables de r&#xe9;aliser. C&apos;est une chose que tout le monde partage. Aussi bien Ben Laden que Bush, que moi et la copine de mon p&#xe8;re, que les enfants et les poulets encore vivants. Je ne devrais pas angoisser pour quelque chose d&apos;aussi authentique, en fait. C&apos;est tellement authentique que cela nous d&#xe9;passe. Tellement c&apos;est pragmatique dans le fond. Je vais continuer comme &#xe7;a en esp&#xe9;rant ne pas craquer. J&apos;ai bien fait &#xe7;a jusqu&apos;&#xe0; maintenant, pourquoi &#xe7;a changerait ? Pourquoi je ne pourrais pas tenir ? Je vais continuer &#xe0; faire comme si, oui, c&apos;est une bonne id&#xe9;e je pense. A sourire et &#xe0; faire semblant que la vie est une chose merveilleuse comme le pr&#xe9;tendent les po&#xe8;tes qui &#xe9;crivent tous pourtant pour mieux la quitter. S&apos;en s&#xe9;parer. La plupart des m&#xe9;decins se battent pour la vie, eux. &lt;em&gt;Certains&lt;/em&gt; &#xe9;crivains c&#xe9;l&#xe8;brent la mort. Bien malgr&#xe9; eux. On les prend pour des gamines qui couchent tendrement leurs &#xe9;tats d&apos;&#xe2;mes, avant on les prenait de force par derri&#xe8;re dans le con. Qu&apos;est-ce que tu veux faire, cher poumon, si ton paradis est inique ? Si tout le monde ne peut y entrer d&apos;office. Si les efforts &#xe0; faire ne remettent rien en cause. On se couche comme on fait son lit, disait l&apos;ogre, Denis lui c&apos;est devis devis travail baise, il regarde sa montre, il regarde son journal, son dernier roman entam&#xe9;, du Dan Brown, du Patricia Cornwell, qu&apos;est-ce que je peux y faire ? Rien donc je ne dis rien. C&apos;est m&#xea;me moi qui lui ai achet&#xe9; (&#xe0; sa demande, j&apos;ach&#xe8;te jamais les livres au hasard pour quelqu&apos;un, les livres &#xe7;a se trouve ou &#xe7;a arrive par accident mais c&apos;est soi-m&#xea;me qui provoquons tout &#xe7;a). Il y a quelques jours il faisait beau et pendant un court instant j&apos;ai eu envie de vivre lorsque j&apos;ai regard&#xe9; des photos, c&apos;&#xe9;tait Naomi, qui, sur la table de ce caf&#xe9; parisien duquel Denis me t&#xe9;l&#xe9;phonait souvent &#xe0; l&apos;&#xe9;poque lorsque je vivais encore dans l&apos;Allier, m&apos;a donc montr&#xe9; ces photos de l&apos;endroit qui lui &#xe9;tait cher, puisque c&apos;&#xe9;tait l&#xe0;-bas qu&apos;elle &#xe9;tait n&#xe9;e et avait grandi : le Puy-de-D&#xf4;me. Et de toutes ces photos, l&apos;une se d&#xe9;tachait tr&#xe8;s clairement, car on la voyait souriante, &#xe0; l&apos;adolescence. Son sourire montrant toutes ses belles dents, le soleil la frappait de plein fouet, on pouvait le voir sur la photo, elle avait &#xe9;t&#xe9; prise en &#xe9;t&#xe9;. C&apos;&#xe9;tait un &#xe9;t&#xe9; pass&#xe9; au Puy-de-D&#xf4;me, parmi beaucoup d&apos;autres. En voyant cette photo, j&apos;ai &#xe9;ternu&#xe9; sur le c&#xf4;t&#xe9;. Ensuite j&apos;ai sorti mon mouchoir en m&apos;excusant. J&apos;ai dit : c&apos;est le pollen, je suis allergique. J&apos;ai fait un grand sourire, les gens aiment les grands sourires, la plupart des &#xea;tres humains aiment &#xe7;a oui. Ensuite je lui ai demand&#xe9;e : c&apos;est comment le Puy-de-D&#xf4;me en hiver ?&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;/p&gt;&lt;center&gt;&lt;p style=&quot;visibility: visible;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;a title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; class=&quot;abp-objtab-04836188138717128 visible ontop&quot; href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 13px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; class=&quot;abp-objtab-04836188138717128 visible ontop&quot; title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 13px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; class=&quot;abp-objtab-03004016666206387 visible ontop&quot; href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 12px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; class=&quot;abp-objtab-03004016666206387 visible ontop&quot; title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 12px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;embed width=&quot;220&quot; height=&quot;128&quot; border=&quot;0&quot; align=&quot;middle&quot; src=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; quality=&quot;high&quot; wmode=&quot;transparent&quot; flashvars=&quot;myid=9391977&amp;amp;path=2008/04/26&amp;amp;mycolor=0x000000&amp;amp;mycolor2=0x4F495C&amp;amp;mycolor3=0x956BFF&amp;amp;autoplay=false&amp;amp;rand=0&amp;amp;f=3&amp;amp;vol=100&amp;amp;pat=16&quot; name=&quot;myflashfetish&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; pluginspage=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;br /&gt; &lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;500&quot; height=&quot;375&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/68/17/19730/24845182.jpg&quot; alt=&quot;487584590_e8a54b5e6c&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;469&quot; height=&quot;82&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/69/01/19730/24845190.jpg&quot; alt=&quot;19680883441212&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 26 Apr 2008 08:02:00 GMT</pubDate></item><item><title>Des travaux et des hommes</title><dc:creator>Angeline</dc:creator><link>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/04/20/8834384.html</link><comments>http://angeline.canalblog.com/archives/2008/04/20/8834384.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://angeline.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8834384/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://angeline.canalblog.com/archives/2008/04/20/8834384.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;360&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Streetwall2&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/57/65/19730/24615210.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;I Always be by your side&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;-Ce texte n&apos;a pas &#xe9;t&#xe9; relu ni corrig&#xe9;-&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Parfois, toi et moi, nous nous retrouvons dans un appartement dont les r&#xe9;novations sont &#xe0; faire. Dans les t&#xe9;n&#xe8;bres nous nous embrassons, pas seulement parce que la lumi&#xe8;re nous fait d&#xe9;faut. Nous nous aimons parce que nous savons mettre en commun nos deux cœurs, comme deux amoureux qui se caresseraient de concert, loin du p&#xe9;trole du monde, loin de tout l&apos;or du monde. Nous nous retrouvons comme des voleurs dans cet appartement vide. Nous avons montr&#xe9; l&apos;&#xe9;tat de l&apos;endroit &#xe0; ces hommes, d&apos;allure forte mais &#xe0; l&apos;air retard&#xe9;. Mentalement, L&#xe9;vi n&apos;avait pas les aptitudes pour r&#xe9;ussir l&#xe0; o&#xf9; la plupart des Juifs r&#xe9;ussissaient. Comme des voleurs, nous nous sommes aim&#xe9;s dans ce vide, sur une couverture. Un peu de semence a coul&#xe9; sur le sol de l&apos;appartement, une goutte par terre comme de l&apos;eau b&#xe9;nite sur le front des enfants qui une fois pass&#xe9;s de vie &#xe0; tr&#xe9;pas, iront au ciel, au paradis, &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de J&#xe9;sus Christ et de ses deux autres visages. Une goutte de sperme, pour baptiser avant la vie quotidienne, qu&apos;on aura, que nous aurons, qu&apos;on va avoir, peut-&#xea;tre. Peut-&#xea;tre. Un accident peut arriver bien avant, j&apos;ai envie de mourir tous les matins quand je me l&#xe8;ve d&#xe9;sormais, depuis trois mois. Non, nous embrasser dans les t&#xe9;n&#xe8;bres ne faisait pas de nous des &#xea;tres d&#xe9;moniaques. La d&#xe9;licatesse ne se lit pas sur le visage de tous les hommes, mais il ne faut jamais juger un livre sur sa couverture. Nous avons vu de vieilles tantes ensemble, elles se tenaient par le bras, elles &#xe9;taient juste ce qu&apos;il fallait d&apos;eff&#xe9;min&#xe9; pour ne pas passer inaper&#xe7;ues. Le type de pens&#xe9;e qui me traversait l&apos;esprit &#xe0; l&apos;&#xe9;poque o&#xf9; je mettais mon cul &#xe0; contribution, c&apos;&#xe9;tait : &amp;quot;vous pensez que vous &#xea;tes les seuls &#xe0; vous enfiler par derri&#xe8;re&amp;quot;. Les vagues s&apos;&#xe9;crasaient avec rage sur les rochers, le sable n&apos;&#xe9;tait pas agr&#xe9;able &#xe0; toucher et il &#xe9;tait froid. L&apos;appartement n&apos;avait pas de sable lorsque nous y sommes entr&#xe9;s la premi&#xe8;re fois. Les travaux &#xe0; faire, l&apos;&#xe9;lectricit&#xe9;, la tuyauterie, la mienne il s&apos;en charge, sur une couverture. Une couverture, comme avec des amis, de bons amis, une belle journ&#xe9;e, un pique-nique, un roman de gare, oui c&apos;est &#xe7;a, un roman de gare qu&apos;on lirait tous ensemble. Il y a des romans de gare qui ne sont fait que pour s&apos;envoler dans le firmament, tu les entends mais tu ne les toucheras jamais, mon oncle m&apos;entendait mais ne me touchait jamais, n&apos;y arrivait jamais, je me suis tu&#xe9;e toute seule. C&apos;est ce que j&apos;ai compris cette ann&#xe9;e, l&#xe0;, maintenant, tout de suite, aujourd&apos;hui. Aujourd&apos;hui qu&apos;on a les yeux pleins d&apos;&#xe9;toiles et de t&#xe9;n&#xe8;bres et que Paris impose son rythme &#xe0; celle qui jadis croyait pouvoir lui r&#xe9;sister. Depuis tant d&apos;ann&#xe9;es que les pens&#xe9;es s&apos;entrechoquent, avec plus ou moins d&apos;&#xe9;loquence, depuis tant d&apos;ann&#xe9;es qu&apos;on regarde &#xe0; l&apos;horizon en se disant qu&apos;apr&#xe8;s il y a la vie &#xe9;ternelle, qu&apos;elle soit froide comme le sable de la plage, ce jour-l&#xe0;, pass&#xe9;, n&apos;est pas tr&#xe8;s important. On continue de regarder, la vie &#xe9;ternelle est froide mais la vie mortelle l&apos;est d&apos;autant plus. C&apos;est son corps chaud d&apos;homme que je tiens contre moi, que je sois une femme contre lui n&apos;importe plus : l&apos;important c&apos;est le feu qui embrase toutes les choses invisibles autour de nous. C&apos;est volatile et c&apos;est dans l&apos;air, et c&apos;est partout lorsqu&apos;on se donne les moyens d&apos;&#xe9;couter et d&apos;entendre, heureusement les arabes ne peuvent pas comprendre cela. Comme les juifs d&apos;ailleurs, ou les tantes. Des hommes sont entr&#xe9;s dans l&apos;appartement, l&apos;un d&apos;eux, d&apos;origine arabe, se tenait l&#xe0; o&#xf9; j&apos;avais fait l&apos;amour avec le corps de l&apos;homme qui lui expliquait que : il fallait refaire &#xe7;a et &#xe7;a, et la peinture et &#xe7;a, et &#xe7;a et &#xe7;a et &#xe7;a et encore &#xe7;a, et puis &#xe7;a, et on veut &#xe7;a, et la chemin&#xe9;e &#xe7;a, et et &#xe7;a, et encore &#xe7;a, pourquoi pas comme &#xe7;a, non ch&#xe9;rie qu&apos;est-ce que tu en penses ? Qu&apos;est-ce que tu imagines ? Moi j&apos;imagine rien. Les gens qui me lisent sur le blog pourraient venir te le dire. Moi j&apos;en pense rien du tout, je n&apos;ai pas de pens&#xe9;e pr&#xe9;cise &#xe0; ce sujet, tu fais ce que tu veux, &#xe7;a sera chez toi, non euh, chez nous, mais de chez moi je n&apos;en ai jamais r&#xe9;ellement eu, je ne me suis jamais sentie chez moi nulle part, je ne vois pas pourquoi &#xe7;a changerait &#xe0; pr&#xe9;sent, je ne vois pas quelle &#xe9;tincelle pourrait faire changer cette tendance, &#xe0; de ne pas &#xea;tre d&apos;ici. J&apos;ai lutt&#xe9; contre des chim&#xe8;res. Jusqu&apos;&#xe0; pr&#xe9;sent. Je suis forc&#xe9;e de me rendre compte. L&apos;amour ne suffit pas &#xe0; vous faire sourire par temps de pluie. L&apos;amour encombre plus qu&apos;autre chose, la toxicit&#xe9; de l&apos;amour devrait &#xea;tre &#xe9;tablie scientifiquement. Je ne plaisante pas. Tous les amours du monde ne sont pas branques, tous les amours de petites filles du monde, tous les Juifs, tous les Arabes, tous les hommes qui s&apos;attachent &#xe0; d&apos;autres hommes, toutes les femmes qui tombent amoureuses d&apos;autres femmes, tous les enjeux de pouvoir, l&apos;horizon &#xe9;tait devant toi, pas &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de toi, pas derri&#xe8;re toi. L&apos;horizon se trouve toujours devant toi, comme une folle j&apos;ai cherch&#xe9; mon futur en remontant le pass&#xe9;, ce n&apos;est pas comme &#xe7;a que le temps marche, ce n&apos;est pas &#xe0; l&apos;envers que la Terre tourne. Cet Arabe se tenait l&#xe0;, l&#xe0; o&#xf9; j&apos;avais eu du plaisir (un peu) et j&apos;ai compris plus tard qu&apos;il n&apos;&#xe9;tait pas arabe malgr&#xe9; son air, son allure, mais Indien d&apos;origine et avec des origines anglaises. Nous nous sommes aim&#xe9;s, oui, mon amour &#xe0; cet endroit pr&#xe9;cis o&#xf9; l&apos;indien des Indes s&apos;est tenu juste apr&#xe8;s, quelques heures apr&#xe8;s, le sperme a coul&#xe9;, comme parfois la salive lorsqu&apos;on dort trop lourdement, cela m&apos;est arriv&#xe9; la nuit derni&#xe8;re, toi tu ronflais &#xe0; peine, ce m&#xe9;dicament il marche, il fonctionne, &#xe0; l&apos;endroit cette fois. L&apos;Indien des Indes avait une chemise Lacoste, mais une vieille, un peu d&#xe9;lav&#xe9;e, c&apos;&#xe9;tait moche et il me regardait &#xe0; peine, j&apos;aurais peut-&#xea;tre d&#xfb; mettre un voile sur la t&#xea;te, pour pas l&apos;emb&#xea;ter, peut-&#xea;tre qu&apos;il &#xe9;tait l&apos;un de ces musulmans qui se prennent pour des aryens et qui ont des r&#xe8;gles bien pr&#xe9;cises, peut-&#xea;tre que j&apos;aurais d&#xfb; porter une perruque, peut-&#xea;tre que cacher ses cheveux pour une femme c&apos;est comme lui raser le minou : c&apos;est moche. L&apos;angoisse &#xe9;tait l&#xe0;, face &#xe0; eux tous dans l&apos;appartement, j&apos;&#xe9;tais la seule femme je me sentais en position de faiblesse. Mais ce n&apos;&#xe9;tait pas la question. La question c&apos;&#xe9;tait : &#xe7;a et &#xe7;a et puis &#xe7;a et encore &#xe7;a. Parfois, nous sommes ensemble, mon amour et je te regarde comme je regarde derri&#xe8;re moi. Ce n&apos;est pas du sel qui appara&#xee;t dans mes mains, je ne me transforme ni en sel ni en sucre, je ne suis pas faite de chair, j&apos;ai l&apos;impression, car toute la question est dans le sang, dans la chair, je n&apos;ai de cesse de le dire, on a beau s&apos;enfuir, des mains un peu trop invisibles, un peu trop malintentionn&#xe9;es, vous rattrapent et vous remettent l&#xe0; o&#xf9; elles veulent que vous soyez, bien s&#xfb;r vous y consentez, &#xe0; force, &#xe0; force de lutter, &#xe0; force bien s&#xfb;r, on se fatigue, un peu de fatigue s&apos;ajoute &#xe0; un peu de fatigue et &#xe7;a ne s&apos;arr&#xea;te pas et le cycle est en place, et comme la lune avec les mar&#xe9;es, il para&#xee;t, comme V&#xe9;nus et la Femme...Tu &#xe9;tais beau, expliquant tes diktats, peinture, &#xe9;lectricit&#xe9;, prises, devis, derviches.&amp;nbsp; Tous les sentiments du monde, toutes les sensations, &#xea;tre objectif, ce n&apos;est pas souffrir, &#xea;tre objectif c&apos;est se tuer tout de suite, je ne suis donc pas objective, je ne peux pas, je ne peux pas me tuer tout de suite. Je ne veux pas aller de l&apos;autre c&#xf4;t&#xe9; tout de suite, j&apos;ai trop peur que l&apos;enfer ne se poursuive, dans l&apos;appartement lorsque la goutte de ta semence a touch&#xe9; le sol, il y a eu comme une folie dans l&apos;air, quelque chose avait chang&#xe9;, les appartements se rhabillent plus selon par qui les habitent que par la couleur des peintures ou la disposition des meubles. Choses anim&#xe9;es, avez-vous donc une &#xe2;me, tu parles... Anim&#xe9;es, oui, choses anim&#xe9;es, les choses inanim&#xe9;es, nous savons tous ce qu&apos;elles nous font, ce qu&apos;elles nous ont fait, ce qu&apos;elles nous feront, mais les choses anim&#xe9;es, l&#xe0;, on poss&#xe8;de un bagage qui ne permet pas autant que &#xe7;a qu&apos;on puisse la ramener &#xe0; la moindre occasion. Oui, bien s&#xfb;r, il y a de la vie ailleurs dans l&apos;univers, mais en existe-t-il ici, dans votre cuisine lorsque vous pleurez devant l&apos;&#xe9;vier juste apr&#xe8;s la vaisselle, existe-t-il un soup&#xe7;on de vie chez votre voisin qui vous permet de focaliser sur ce que pourrait &#xea;tre sa vie, pour fuir vos propres turpitudes insolubles ? Existe-t-il de la vie dans ses yeux lorsqu&apos;il d&#xe9;charge dans votre con ? Certains hommes ont la vie qui s&apos;efface lorsqu&apos;ils d&#xe9;chargent. Ce qu&apos;ils peuvent. Tous les bagages, dans les t&#xe9;n&#xe8;bres. C&apos;est inestimable, parfois, toi et moi dans l&apos;appartement vide de notre vie quotidienne &#xe0; construire, les hommes &#xe7;a construit parce qu&apos;ils veulent se construire eux-m&#xea;mes et qu&apos;ils ne savent pas trop comment faire. Ils ne croient pas en l&apos;&#xe9;ducation, ils ne croient pas en l&apos;argent, ils ne croient pas en l&apos;&#xe9;galit&#xe9; des plantes vertes et des tomates rouges et lorsqu&apos;ils jouissent, ils ont parfois ce regard bizarre, qui se vide de sa lumi&#xe8;re. Un visage &#xe9;cras&#xe9; dans un accident ferait le m&#xea;me effet. L&apos;impression que ce qui arrive ne devait pas arriver. Ensuite ils dorment, ils r&#xea;vent. Les organismes &#xe0; l&apos;aube de la vie n&apos;&#xe9;taient pas si barbares. Peut-&#xea;tre bien qu&apos;ils ne r&#xe9;novaient pas les vieux appartements parisiens, et qu&apos;ils n&apos;envoyaient pas Papa p&#xe9;ter dans la Lune et Mars, mais leur simplicit&#xe9; &#xe9;vidente au moins ne faisait souffrir personne. Je sais ce que tu vas me dire maintenant, que &#xe7;a ne tient pas. Qu&apos;il faut se battre contre ces vents contraires qui font de la vie un enfer merveilleux. Je sais qu&apos;il faut avoir de la force. Je sais que j&apos;ai de la force. Je nous regarde, je te regarde, et je gagne encore plus de force, encore plus d&apos;amour, m&#xea;me si je ne sais pas o&#xf9; je dois le mettre, dans mon potage en guise de cro&#xfb;tons de pain, ou dans mon sac &#xe0; mains, au cas o&#xf9; j&apos;aurais envie de vomir dans les cocktails o&#xf9; tu m&apos;emm&#xe8;nes, o&#xf9; je vois des &#xea;tres humains vivants encore plus chiants que les gens de ma race, les Morts. Nous n&apos;aurions peut-&#xea;tre pas d&#xfb; nous retrouver. Au Diable le net. Nous n&apos;aurions peut-&#xea;tre pas d&#xfb; nous revoir, nous revoir et nous aimer, &#xe0; nouveau. Diff&#xe9;remment. Autrement. Nous n&apos;aurions pas d&#xfb; vivre cet amour, et y croire. Il y a tellement de choses que nous n&apos;aurions pas d&#xfb; faire ensemble. Nous n&apos;aurions pas d&#xfb; aller voir les perroquets et les crocodiles au zoo, ils &#xe9;taient bien mortels aussi les crocodiles, ils ne bougeaient qu&apos;un œil de temps en temps, ils attendaient les r&#xe9;novations de leur enclos, l&apos;eau ne venait plus. Quelques hommes qui les connaissaient bien les approchaient sans crainte. Des hommes forts, avec des visages aux traits forts (eux aussi), marqu&#xe9;s par la vie, par l&apos;alcool, ou par la solitude ou quelques chagrins d&apos;amour qui font chavirer tout un monde en moins d&apos;une seconde. Les crocodiles se poussaient, je pense qu&apos;il s&apos;agissait de crocodiles et non pas d&apos;alligators comme on le dit abusivement, &#xe0; moins qu&apos;il ne s&apos;agisse du contraire. Les Morts ne sont pas Juifs, ni Arabes, ni Machistes, ni hommes ni femmes, ils sont justes morts et ils n&apos;ont aucune revendication qui ne soit d&#xe9;lirante, impossible ou violente : un peu de paix. Un peu de paix, de paix v&#xe9;ritable pas la petite paix qu&apos;on te donne pour te faire sentir bien, pas celle qui consiste &#xe0; dire : vous &#xea;tes tous libres et &#xe9;gaux en droits et &#xe0; appliquer l&apos;exact oppos&#xe9;, tu vois, pas les miroirs aux alouettes, pas les petits appartements parisiens sans bapt&#xea;me, pour f&#xea;ter la vie qui s&apos;installe, pour f&#xea;ter le vide qui dispara&#xee;t le temps d&apos;un instant. Une goutte de ton sperme, et je te baptise au nom du P&#xe8;re, du Fils et du Saint-Esprit, Amen. Notre appartement ira au paradis lorsqu&apos;il sera d&#xe9;truit par des bulldozers un jour. Un jour, oui, des machines de destruction viendront tout d&#xe9;truire, et notre appartement comme votre maison chaude et rassurante sera d&#xe9;truit, et son esprit et toutes les choses qui ont marqu&#xe9; ses murs iront au ciel, avec nous, nous allons tous au ciel, j&apos;ai un ange dans le pr&#xe9;nom parce qu&apos;on m&apos;a destin&#xe9; bien avant ma naissance le ciel comme premi&#xe8;re demeure une fois morte. Mais au-del&#xe0; de la plaisanterie am&#xe8;re, il y a toi, et &#xe7;a, et &#xe7;a et encore &#xe7;a &#xe0; faire. Il y a toi qui te rel&#xe8;ve, nu, encore bandant, dans le noir. Les t&#xe9;n&#xe8;bres r&#xe9;v&#xe8;lent notre instant de lumi&#xe8;re, nous ne sommes pas les seuls &#xe0; rechercher quelque chose en baisant, mais nous sommes les seuls, si, &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur de nos t&#xea;tes, je veux le croire, nous le sommes &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur de nos t&#xea;tes. J&apos;ai besoin de le croire, tu vas chercher un morceau d&apos;ananas que tu te carres entre les dents, dans le noir, l&apos;appartement est vide, &#xe7;a r&#xe9;sonne lorsqu&apos;on appuie sur un interrupteur. On entend Paris souffler son air naus&#xe9;abond dehors, son poumon est collaps&#xe9; je pense, j&apos;ai envie de te le dire mais ensuite je me retiens. Je me retiens. Comme beaucoup de personnes au m&#xea;me moment un peu partout sur terre, je ressens une envie de mourir terrible le matin lorsque je me r&#xe9;veille et que je m&apos;aper&#xe7;ois que je fais encore partie de cette plan&#xe8;te minable, et qu&apos;il faut encore affronter la douche qui me parait trop loin et trop impossible, sans parler de ta bonne humeur absolument non communicative, qui se trouve elle carr&#xe9;ment &#xe0; l&apos;autre bout de notre galaxie, c&apos;est dire si elle se trouve encore plus loin que la douche.&amp;nbsp; Elle me donne envie de prendre la voiture et de foncer sur le premier arbre que je croise. C&apos;est normal ton bonheur, tu es d&apos;ici toi, ce n&apos;est pas pareil, c&apos;est ton monde, tu t&apos;y sens bien, c&apos;est le plus dur &#xe0; faire, s&apos;y sentir bien. C&apos;est dur avec les gargouilles et les Princes des T&#xe9;n&#xe8;bres comme Rois, ces sales grenouilles vicieuses. Mais tu vois, m&#xea;me dans les t&#xe9;n&#xe8;bres, je suis debout. Encore. Je me l&#xe8;ve, m&#xea;me si c&apos;est trop difficile, voire impossible, je le fais. A reculons mais je le fais. Je me douche. Et j&apos;essaie d&apos;y prendre du plaisir, j&apos;essaie de me dire que j&apos;ai un corps en bonne sant&#xe9;, et franchement esth&#xe9;tique en plus, je ne devrais pas me plaindre. Mais je crois pas que &#xe7;a soit &#xe0; moi de toute fa&#xe7;on. Tu vois, pour toi, par amour pour toi, je passe sur mes &#xe9;motions, sur ces &#xe9;motions qui agressent, au matin, au petit r&#xe9;veil. Je comprends les l&#xe8;ve-tards, ils ne sont pas tous fain&#xe9;ants, c&apos;est juste que l&apos;ext&#xe9;rieur est impossible &#xe0; avaler tous les jours, sauf si on est un Duc, ou un Prince des T&#xe9;n&#xe8;bres qui fait sa petite popote politique. Non, tu n&apos;es pas nu dans les t&#xe9;n&#xe8;bres pour rien, crois-moi. Je n&apos;ai pas envie de vivre le matin, mais je te rassure mon amour, j&apos;ai envie de mourir dans mon sommeil en me couchant le soir, je me le souhaite. C&apos;est &#xe9;trange, la mort, ce n&apos;est pas une chose je souhaite &#xe0; mes pires ennemis, mais &#xe0; moi-m&#xea;me, si. Les hommes construisent, les souris d&#xe9;truisent, les sales vermines, et les hommes forts et costauds on attend d&apos;eux qu&apos;ils s&apos;engagent pour faire la guerre ou pour travailler dans le b&#xe2;timent bien s&#xfb;r. Bien s&#xfb;r, toi, tu es muscl&#xe9; mais c&apos;est juste de la frime personnelle de bobo de droite parisien. Comme on dit. Tout &#xe7;a, c&apos;est loin de moi. Toi, le zoo, les t&#xe9;n&#xe8;bres, l&apos;indien qui ressemblait &#xe0; un arabe, je d&#xe9;teste toutes les races du monde, vraiment, seuls les morts arrivent &#xe0; me toucher, &#xe0; m&apos;&#xe9;mouvoir, ce n&apos;est pas sensuel pourtant, la mort. J&apos;ai pris un morceau de papier cuisine et je l&apos;ai pos&#xe9; sur la tache de sperme. Le papier absorbait et j&apos;ai regard&#xe9; ce que &#xe7;a me faisait. Dans le noir tu mangeais des carr&#xe9;s d&apos;ananas que j&apos;avais au pr&#xe9;alable coup&#xe9;. J&apos;avais transperc&#xe9; la chair de ces ananas avec des piques. Pour ton confort.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plus tard, nous nous sommes couch&#xe9;s et j&apos;ai&amp;nbsp; regard&#xe9; le plafond comme je le fais souvent, pendant de longues minutes. Je volais.&amp;nbsp; J&apos;&#xe9;tais comme en suspension, en moi et en dehors de moi, mais l&#xe0; quand m&#xea;me. A c&#xf4;t&#xe9;, toi, je sentais ton coeur qui se reposait, tout ton organisme se reposait c&apos;&#xe9;tait une chose remarquable &#xe0; regarder. Pas toi : ton organisme j&apos;ai bien pr&#xe9;cis&#xe9;. Ensuite, je me suis tourn&#xe9; sur la droite et je t&apos;ai caress&#xe9; le visage en te disant que je t&apos;aimais. Je t&apos;ai dit : je t&apos;aime et je me suis retourn&#xe9;e dans mon coin, en esp&#xe9;rant que plus personne ne puisse me toucher. En esp&#xe9;rant que je ne me r&#xe9;veillerais pas. En esp&#xe9;rant que ce serait possible. En esp&#xe9;rant que tu n&apos;aies pas envie pendant la nuit de me faire l&apos;amour, chose qui t&apos;arrive relativement assez r&#xe9;guli&#xe8;rement. De me r&#xe9;veiller en pleine p&#xe9;n&#xe9;tration. Pendant que je m&apos;endormais, quelque part sur Terre un crocodile disparaissait dans des eaux noires et boueuses. Pendant quelques instants, seuls ses yeux vides et froids de reptile sont rest&#xe9;s visibles, en surface. Ensuite, il a plong&#xe9; et a compl&#xe8;tement disparu. Comme moi, sous mes couvertures. &lt;br /&gt; &lt;/p&gt;

&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;center&gt;&lt;p style=&quot;visibility: visible;&quot;&gt;&lt;/p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; class=&quot;abp-objtab-07633489371035782 visible ontop&quot; title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 13px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; class=&quot;abp-objtab-07633489371035782 visible ontop&quot; href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 13px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; class=&quot;abp-objtab-07633489371035782 visible ontop&quot; title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 13px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; class=&quot;abp-objtab-07633489371035782 visible ontop&quot; href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 13px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; class=&quot;abp-objtab-07633489371035782 visible ontop&quot; title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 13px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; class=&quot;abp-objtab-07633489371035782 visible ontop&quot; href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 13px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mp3asset.com/swf/mp3/mff-txtzoom.swf&quot; class=&quot;abp-objtab-07633489371035782 visible ontop&quot; title=&quot;Cliquer ici afin qu&apos;Adblock Plus bloque cet objet&quot; style=&quot;left: 365px ! important; top: 13px ! important;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;embed width=&quot;220&quot; height=&quot;128&quot; border=&quot;0&quot; align=&quot;middle&quot; pluginspage=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; type=&quot;applica